Lucien Laforge

Lucien Laforge

Résumé

Portrait de Lucien Laforge Lucien Laforge,  Interviews posthumes (1934)

“ Parfois l'horrible accent anglais monte jusqu'à moi avec la puanteur des autos.
— Console-toi, bon géant : il n'y a rien à voir pour l'instant. La vie est suspendue. Le monde entier éprouve le malaise de l'ivrogne qui va vomir.
— Alors, plus de femmes? plus de théâtre? plus de littérature?
— Rien. Les femmes n'ont plus ni cheveux, ni sourcils, ni fesses, ni cœur, ni esprit. Le théâtre a été tué par le music-hall, qui a été tué par le cinéma — qui se tue lui-même par sa bêtise. La littérature est devenue la forme la plus nauséabonde du commerce.
”
Source : Gallica

Portrait de Lucien Laforge Lucien Laforge,  Interviews posthumes (1934)

“ Tu as marché sur la mer.
— En vérité je te le dis, il n'y a pas de miracles. Mais les gens voudraient tant qu'il y en eût ! Il leur en faut à tout prix... et ils se contentent de peu. Si tu fais sortir un lapin d'un chapeau, tu peux aussi bien en faire sortir un poisson ou un pain. Dans l'esprit d'une vieille femme, un rebouteux commence par guérir toutes les maladies — il finit par ressusciter les morts. Et tu peux marcher sur la Mer Morte tant que tu voudras : le miracle serait de t'y noyer.
— Que s'est-il passé au juste, Eloïm, il y a dix-neuf cent trente-trois ans?
”
Source : Gallica

Portrait de Lucien Laforge Lucien Laforge,  Interviews posthumes (1934)

“ Tu n'es pas un homme, non? C'est vrai... c'est un stercoraire à tête de singe.
— Tu es mal intentionnée, Xanthippe, dit enfin le giton.
— Le monstre m'insulte à présent, moi, une honnête femme.
Alors la pocharde, laissant choir ses oripeaux, exhibe comme un défit une croulante nudité. Avide de consolations, elle se jette vainement sur un cipal qui passe, mais l'effort la brise. Elle
croule endormie sur une table et disparaît à l'instant (car chacun sait qu'un fantôme qui s'endort cesse aussitôt d'être visible) .
”
Source : Gallica

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