Résumé

M. Sage Trois Siècles de la vie d'une famille d'artisans-paysans (1913)

Il ne se séparait guère de moi : j'étais son aîné, déjà il me voyait homme et fort, travaillant avec lui. Quelle guirlande de beaux rêves le paysan tresse autour de la tête de « son aîné » ! Et, crue et froide réalité, neuf fois sur dix ce dernier devenu homme trouve que le vieux s'éternise indécemment sur la terre, alors qu'une place si tranquille l'attend dessous. Mais ne condamnons pas l'illusion rose, sans laquelle nul n'aurait le courage de vivre la vie jusqu'au bout.
Source : Gallica

M. Sage Trois Siècles de la vie d'une famille d'artisans-paysans (1913)

C'est grâce à ce paysan que notre France est restée forte, malgré des coups qui auraient assommé un autre pays. Mais la médaille a son revers : l'homme piétine sur place, reste fruste, hait le progrès, se nourrit et se soigne mal. Craignant la mutilation de « son bien », inquiet du reste pour sa progéniture, il la limite à l'excès.
Quoi qu'il en soit, pour faire un homme il n'y a que le labourage ou la mer ; l'industrie tue les races. C'est la charrue qui a fait les premiers Romains, les soldats de la Révolution et de l'Empire, les Japonais de Moukden, les Bulgares et les Serbes de 1912.
Source : Gallica

M. Sage Trois Siècles de la vie d'une famille d'artisans-paysans (1913)

En tout cas l'aîné qui avait à « sortir » ses nombreux frères et soeurs était à plaindre, malgré les avantages qu'on lui consentait : il passait sa vie dans les « dûs ». Et cela recommençait à chaque génération. C'est en disputant toujours à quelqu'un ou à quelque chose sa terre si aimée que le paysan est devenu tenace.
Parlons un peu de la petite propriété française, que la Révolution a dégrevée, non créée. Elle a du bon et du mauvais. Elle perpétue la famille : ainsi chez nous seule a duré la branche aînée, la souche.
Source : Gallica

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