Robert Randau

Résumé

Robert Randau Les meneurs d'hommes : roman (1931)

Il te dit : le baïlo a avoué qu'il a incendié la Résidence. Il te dit : le baïlo a avoué qu'il a tiré un coup de fusil sur le commandant et l'inspecteur. Il te dit : le baïlo voulait à cause de ses aveux qu'on le livrât au gouverneur. Il te dit : il est très malade. Il te dit : la Hyène était le courrier du ouali et de Sékou Sorya. Il te dit : il viendra demain au camp.
Je regarde le Karamoko. Il mord dans une noix de kola, la partage entre ses dents, donne une moitié au messager et ricane sous cape.
— Un vrai chef, observe-t-il, n'oublie jamais le mal et le bien.
Source : Gallica

Robert Randau Les meneurs d'hommes : roman (1931)

Elle n'est que dédain pour Jean-Louis. Il est le mari sans lendemain, l'époux qui, jusqu'à la retraite, récriminera contre les déboires de sa carrière et commandera un Cercle de brousse. Elle ignorera toujours par sa faute la volupté de vivre en parade dans un salon trop étroit pour la foule des admirateurs. Il est coupable d'être un mari vulgaire. Elle se plaint chaque jour à moi d'être confinée dans la solitude. Je suis convaincu qu'elle n'éprouve pas le besoin d'une société délicate. Les gens dont elle apprécie la société n'ont que faire d'avoir de l'esprit.
Source : Gallica

Robert Randau Les meneurs d'hommes : roman (1931)

La chose qui est dans le cœur humain est le flux et le reflux du souffle d'Allahou.
Un nuage filiforme de ouate rose s'enroule autour du soleil. L'air fraîchit. Les bœufs meuglent chassés vers les marais par les pâtres. Les sifflements modulés, longs ou brefs, leur enseignent la volonté des hommes. Une fillette nue, dont un cercle de perles jaunes ceint les hanches grasses, apporte à Mody Kalialou une calebasse de lait aigre. Il en aspire quelques gorgées et me la tend; je bois et le karamoko achève de la vider. Les yeux vifs du maoudo clignent en me regardant.
Source : Gallica

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