Résumé

Émile-Auguste Bégin Pilatre de Rozier et les aérostats…

Mais un danger était à peine évanoui qu'il en survint un autre : le vent ayant changé, la machine prit la direction du Rhône, où elle faillit s'abîmer. La présence d'esprit de Pilatre le sauva ainsi que ses compagnons. Cependant, après 15 minutes de navigation, la machine ne put éviter une descente trop rapide occasionnée par l'air atmosphérique qui remplaçait incessamment l'air raréfié; la secousse, en arrivant à terre, fut même telle que le prince de Ligne eut à la jambe une forte contusion, et le marquis d'Anglefort une dent cassée. Les spectateurs, vivement émus, croyaient le ballon brisé.
Source : Gallica

Émile-Auguste Bégin Pilatre de Rozier et les aérostats…

S'il est un signe auquel on puisse reconnaître qu'un savant aime les sciences avant les honneurs, c'est le contentement qu'il éprouve au moment où un rival lui enlève la gloire d'une découverte qu'il poursuivait lui-même. Qu'on juge M. de Rozier sur cet indice, on reconnaîtra bien la pureté de l'intérêt qu'il donnait à l'aérostation. Depuis deux mois il attendait à Boulogne un vent favorable pour passer en Angleterre, monté sur son ballon, lorsque M. Blanchard lui enleva l'honneur d'avoir le premier franchi la mer sans y toucher.
Source : Gallica

Émile-Auguste Bégin Pilatre de Rozier et les aérostats…

Ah! s'il était possible au moraliste de connaître la situation de l'âme de tous ces navigateurs, pendant la durée de leurs voyages, comme il l'est au physicien de connaître l'état du baromètre à différentes hauteurs, on ne tarderait sans doute pas à constater que, dans le monde physique comme dans le monde moral, la plupart de ces hommes qui s'élèvent dans une sphère supérieure où ils ont été jetés, n'ont d'autre plaisir à attendre de leur élévation, que celui de monter aux yeux de leurs égaux, et de descendre plus grands au milieu d'eux. M. Pilatre de Rozier nous a dit leur secret.
Source : Gallica

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