“ L’hiver étant sur sa fin, Agésilas, suivant la promesse faite aux Achéens, prépara, au commencement du printemps, une nouvelle campagne contre les Acarnaniens. Ceux-ci, l’ayant appris, réfléchissent que leurs villes, à cause de leur position au milieu des terres, seront tout aussi bien assiégées par un ennemi qui détruira les blés que par une armée campée autour de leurs murs pour en faire le siége. Ils envoient donc des députés à Lacédémone, et concluent la paix avec les Achéens et une alliance avec les Lacédémoniens. ”
Citations sur “Akhenaton”
Homère,
Iliade
(VIIIe siècle av. J.-C.)
“ Il n’est point permis à Agamemnôn, bien que le plus puissant, d’enlever au Pèléide la vierge que lui ont donnée les fils des Akhaiens, mais tu ne dois point aussi, Pèléide, résister au Roi, car tu n’es point l’égal de ce Porte-sceptre que Zeus a glorifié. Si tu es le plus brave, si une mère divine t’a enfanté, celui-ci est le plus puissant et commande à un plus grand nombre. Atréide, renonce à ta colère, et je supplie Akhilleus de réprimer la sienne, car il est le solide bouclier des Akhaiens dans la guerre mauvaise. ”
“ Il n’avait qu’une more et demie de Lacédémoniens, et, parmi les alliés du pays, les Phocéens seulement et les Orchoméniens, avec les troupes qu’il avait lui-même amenées. Dire qu’il engagea l’action contre une armée bien supérieure en nombre et en courage, ce serait présenter, selon moi, Agésilas comme un insensé, et moi comme un fou, en louant un général qui laisse au hasard les plus graves intérêts ; mais je l’admire pour avoir su se créer une armée aussi forte que celle de l’ennemi, et si bien armée qu’on l’eût dite toute d’airain, toute de pourpre ”
Stéphane Mallarmé,
Les Dieux antiques
“ Revenons au poème : la mort d’Achille ne mit pas fin à la guerre : les Achéens eurent encore à se battre jusqu’à l’accomplissement de la dixième année. Ils prirent alors Ilion et la brûlèrent, et tuèrent Priam et son peuple. Pâris lui-même, percé par les flèches empoisonnées de Philoctète, s’enfuit vers l’Ida, où, lorsqu’il expirait, Œnone lui apparut, belle et aimante comme toujours. Mais quoique cet amour pût le consoler, il ne pouvait guérir d’une blessure faite par les armes d’Héraclès. Le héros mourant donc sur l’Ida, et Œnone sur son bûcher funèbre. ”
“ ODYSSEUS. Femme, je pense, certes, que tu sais la décision de l’armée et le suffrage qui l’a emporté. Je parlerai pourtant. Il a semblé bon aux Akhaiens que ta fille Polyxénè fût égorgée sur le haut tertre du tombeau d’Akhilleus. Ils nous commandent de conduire la jeune vierge, et le fils d’Akhilleus ordonnera le sacrifice et sera le sacrificateur. Sais-tu ce qu’il te reste à faire ? fais-le. Ne te laisse pas arracher de force à ta fille et ne tente pas de lutter contre moi. Connais ta faiblesse et la présence de tes maux. Certes, il est sage de conformer sa pensée à ses maux. ”
“ Certes, ils sont rares les hommes braves, quand les ténèbres sont sur la mer, et que la Ville est battue des flots ! Il y a de braves Phryges, et c’est être audacieux que de braver celui qui méprise nos alliés Mysiens. Antistrophe II. Quel homme akhaien va-t-il tuer sous les tentes, celui-ci qui marche à la façon d’une bête féroce ? Plût aux Dieux qu’il tuât Ménélaos, et qu’il apportât la tête d’Agamemnôn égorgé, remettant aux mains de Héléna ce signe de deuil de l’homme qui a conduit mille nefs contre la patrie et contre la terre des Troiens ! ”
Plutarque,
Vies des hommes illustres
“ Il est étonnant combien ils aimaient cette ordonnance serrée, compacte, et qui paraît si difficile à rompre ; l’habitude de porter leurs armes les leur rendit légères et aisées à manier ; c’était pour eux un grand plaisir de les toucher et revêtir si brillantes et si belles ; aussi désiraient-ils vivement de se trouver sur le champ de bataille, et d’en faire au plus tôt l’essai contre les ennemis. Dans ce temps-là, les Achéens étaient en guerre avec Machanidas, tyran de Lacédémone, lequel, à la tête d’une nombreuse et puissante armée, menaçait tout le Péloponnèse. ”
Homère,
L’Odyssée/Traduction Leconte de Lisle
“ Beaucoup d'Akhaiens ont été domptés, beaucoup sont vivants. Tu as vu toi-même les choses de la guerre. Deux chefs des Akhaiens cuirassés d'airain ont péri au retour ; un troisième est vivant et retenu au milieu de la mer large. Aias a été dompté sur sa nef aux longs avirons. Poseidaôn le conduisit d'abord vers les grandes roches de Gyras et le sauva de la mer ; et sans doute il eût évité la mort, bien que haï d'Athènè, s'il n'eût dit une parole impie et s'il n'eût commis une action mauvaise. Il dit que, malgré les Dieux, il échapperait aux grands flots de la mer. ”
Xénophon,
Œuvres complètes
(1872)
“ Anaxibius court à la mer, fait le tour de la ville dans un bateau pêcheur, monte à l’acropole, et envoie aussitôt chercher la garnison de Chalcédoine, ne croyant pas avoir assez des hommes qui sont dans l’acropole, pour contenir les Grecs.Les soldats, apercevant Xénophon, se précipitent en foule vers lui et s’écrient : « C’est aujourd’hui, Xénophon, qu’il faut te montrer un homme. Tu as une ville, tu as des trirèmes, tu as de l’argent, tu as des troupes nombreuses. Maintenant donc, si tu veux, suis-nous, et nous te ferons grand. » ”
“ Sur ce point, quelques soldats de l’armée égyptienne se révoltent contre le roi, bientôt leur exemple entraîne tous les autres ; le roi effrayé s’enfuit à Sidon de Phénicie : les Égyptiens divisés élisent deux rois. Agésilas voit bien que, s’il reste neutre, ni l’un ni l’autre de ces rois ne payera les Grecs, ni l’un ni l’autre ne leur donnera de vivres, que celui des deux qui l’emportera, deviendra un ennemi, tandis qu’en s’attachant à l’un d’eux, celui-là du moins, pour prix de ce service, deviendra sans doute son ami. ”
Homère,
Iliade
(VIIIe siècle av. J.-C.)
“ Quelle que soit son ardeur, ses membres sont lourds, la soif et la faim le tourmentent, et ses genoux sont rompus. Mais celui qui a bu et mangé combat tout un jour contre l’ennemi, plein de courage, et ses membres ne sont las que lorsque tous se retirent de la mêlée. Renvoie l’armée et ordonne-lui de préparer le repas. Et le Roi des hommes, Agamemnôn, fera porter ses présents au milieu de l’agora, afin que tous les Akhaiens les voient de leurs yeux ; et tu te réjouiras dans ton cœur. ”
“ Et le roi Agamemnôn, lui répondant, parla ainsi : ― Ne crois point me tromper, quelque brave que tu sois, Akhilleus semblable à un Dieu, car tu ne me séduiras ni ne me persuaderas. Veux-tu, tandis que tu gardes ta part, que je reste assis dans mon indigence, en affranchissant cette jeune fille ? Si les magnanimes Akhaiens satisfont mon cœur par un prix d’une valeur égale, soit. Sinon, je ravirai le tien, ou celui d’Aias, ou celui d’Odysseus ”
“ Et tous les Akhaiens, par des rumeurs favorables, voulaient qu’on respectât le sacrificateur et qu’on reçût le prix splendide ; mais cela ne plut point à l’âme de l’Atréide Agamemnôn, et il le chassa outrageusement, et il lui dit cette parole violente : ― Prends garde, vieillard, que je te rencontre auprès des nefs creuses, soit que tu t’y attardes, soit que tu reviennes, de peur que le sceptre et les bandelettes du Dieu ne te protègent plus. Je n’affranchirai point ta fille. La vieillesse l’atteindra, en ma demeure, dans Argos, loin de sa patrie, tissant la toile et partageant mon lit. ”
Homère,
L’Odyssée/Traduction Leconte de Lisle
“ Toutes les fois que nous, Akhaiens, nous combattions autour de la ville des Troiens, jamais il ne restait dans la foule des guerriers, ni dans la mêlée ; mais il courait en avant, ne le cédant à personne en courage. Et il tua beaucoup de guerriers dans le combat terrible, et je ne pourrais ni les rappeler, ni les nommer tous, tant il en a tué en défendant les Akhaiens. C’est ainsi qu’il tua avec l’airain le héros Tèléphide Eurypylos ; et autour de celui-ci de nombreux Kètéiens furent tués à cause des présents des femmes. ”
H. Fortoul, Revue des Deux Mondes
“ Mais pourquoi Homère leur donne-t-il encore le nom d’Achéens ? Les Achéens étaient-ils un peuple antérieur aux Hellènes, et dont ceux-ci faisaient partie, ou bien, selon une tradition plus généralement reçue, n’étaient-ils, comme les Ioniens, les Éoliens, les Doriens, qu’une portion de la famille d’Hellen ? L’antiquité est à ce sujet pleine de mystère ; elle a laissé le champ libre aux systèmes. ”
“ Insensé Ménélaos, nourrisson de Zeus, d’où te vient cette démence ? Contiens-toi, malgré ta douleur. Cesse de vouloir combattre contre un meilleur guerrier que toi, le Priamide Hektôr, que tous redoutent. Akhilleus, qui est beaucoup plus fort que toi dans la bataille qui illustre les guerriers, craint de le rencontrer. Reste donc assis dans les rangs de tes compagnons, et les Akhaiens exciteront un autre combattant. Bien que le Priamide soit brave et insatiable de guerre, je pense qu’il se reposera volontiers, s’il échappe à ce rude combat. ”
“ Et le grand Télamônien Aias exhortait les Akhaiens:— Ô amis! soyez des hommes. Ayez honte de fuir et faites face au combat. Les braves sont plutôt sauvés que tués, et les lâches seuls n'ont ni gloire, ni salut.Il parla ainsi, et les Akhaiens retinrent ses paroles dans leur esprit, prêts à s'entre-aider; et ils faisaient comme un mur d'airain autour des nefs; et Zeus excitait les Troiens contre eux. Et le brave Ménélaos anima ainsi Antilokhos:— Antilokhos, nul d'entre les Akhaiens n'est plus jeune que toi, ni plus rapide, ni plus brave au combat. ”
Charles Victor Daremberg,
Dictionnaire des antiquités grecques et romaines
(1877)
“ Ce pouvoir aux mains d’hommes tels qu’Aratus et Philopœmen contribua beaucoup à la grandeur de la confédération Achéenne. Après avoir lutté victorieusement sous ces grands hommes contre Sparte, à qui son roi Cléomène avait rendu une partie de son ancienne puissance, puis contre les Macédoniens, tour à tour ses alliés et ses ennemis, la ligue Achéenne fut le dernier soutien de l’indépendance de la Grèce contre Rome. Elle finit par succomber, ruinée par la politique astucieuse du sénat et par les victoires de Métellus. ”
Homère,
Iliade
(VIIIe siècle av. J.-C.)
“ Très-illustre Atréide Agamemnôn, Roi des hommes, si tu veux me faire ces présents, comme cela est juste, ou les garder, tu le peux. Ne songeons maintenant qu’à combattre. Il ne s’agit ni d’éviter le combat, ni de perdre le temps, mais d’accomplir un grand travail. Il faut qu’on revoie Akhilleus aux premiers rangs, enfonçant de sa lance d’airain les phalanges troiennes, et que chacun de vous se souvienne de combattre un ennemi. ”
“ Je lui donnerai tout cela s'il dépose sa colère. Qu'il s'apaise donc. Aidès seul est implacable et indompté, et c'est pourquoi, de tous les dieux, il est le plus haï des hommes. Qu'il me cède comme il est juste, puisque je suis plus puissant et plus âgé que lui.Et le cavalier Gérennien Nestôr lui répondit:— Très illustre Atréide Agamemnôn, roi des hommes, certes, ils ne sont point à mépriser les présents que tu offres au roi Akhilleus. Allons! envoyons promptement des messagers choisis sous la tente du Pèléide Akhilleus. Je les désignerai moi-même, et ils obéiront. ”
Charles Batteux, Chefs-d'oeuvre d'éloquence poétique à l'usage des jeunes orateurs… (1821)
“ D'après l'ordre d'Agamemnon, Iphigénie, pour se soustraire au coup mortel, retournoit dans la Grèce ; mais tout le camp, déjà instruit de la réponse de l'oracle, l'arrête dans sa fuite. Alors Achille, le seul qui puisse encore l'arracher à la mort, vient lui offrir le secours de ses guerriers contre tous les Grecs réunis; et pour engager cette princesse à le suivre, il lui rappelle les serments qui les unissent, et la prie de songer que le bonheur d'Achille est fondé sur ses jours, IPHIGÉNIE, à Achille. Le ciel n'a point aux jours de cette infortunée Attaché le bonheur de votre destinée. ”
“ Ils réfléchissent que c’est une belle occasion de conduire une armée contre eux et de mettre fin à leur insolence. Leurs affaires en Asie sont dans un état prospère, grâce aux victoires d’Agésilas, et en Grèce, ils n’ont point d’autre guerre sur les bras. Les esprits des citoyens étant dans cette disposition, les éphores annoncent aux Lacédémoniens que la guerre est déclarée. Ils envoient Lysandre auprès des Phocéens et lui ordonnent de se rendre à Haliarte [12] avec une armée composée des Phocéens eux-mêmes, d’OEtéens, d’Héracléotes, de Méliens et d’Énianes. ”
Homère,
L’Odyssée/Traduction Leconte de Lisle
“ Et c’est ainsi que les Prétendants te répondent, afin que tu le saches dans ton esprit, et que tous les Akhaiens le sachent aussi. Renvoie ta mère et ordonne-lui de se marier à celui que son père choisira et qui lui plaira à elle-même. Si elle a abusé si longtemps les fils des Akhaiens, c’est qu’elle songe, dans son cœur, à tous les dons que lui a faits Athènè, à sa science des travaux habiles, à son esprit profond, à ses ruses. ”
“ Et, rencontrant l’Atréide Agamemnôn, il reçut de lui le sceptre immortel de ses pères, et, avec ce sceptre, il marcha vers les nefs des Akhaiens revêtus d’airain. Et quand il se trouvait en face d’un Roi ou d’un homme illustre, il l’arrêtait par de douces paroles : ― Malheureux ! Il ne te convient pas de trembler comme un lâche. Reste et arrête les autres. Tu ne sais pas la vraie pensée de l’Atréide. Maintenant il tente les fils des Akhaiens, et bientôt il les punira. ”
“ Agésilas se dirige alors vers la mer avec son armée ; et en même temps la more, descendue des hauteurs, s’empare de la place forte d’Œnoé et de tout ce qu’elle contient. Ce jour-là, tous les soldats se fournissent en abondance de vivres dans les campagnes. Ceux qui s’étaient réfugiés dans le temple de Junon sortent aussi, laissant à Agésilas de décider de leur sort ”
Gorré, Cours d'études historiques. Tome 6 (1842-1849)
“ Cléomène fut défait à Sélasie, et Sparte conquise; la race antique des Héraclides s'éteignit. Aratus mourut en 214 ; et après lui, Philopœmen, le dernier des Grecs, devint chef des Achéens. Hormis donc les Achéens, l'histoire de tous les Grecs va se décolorant de plus en plus, de l'an 323 à 200; et durant ce même espace, la multitude des petits rois, successeurs d'Alexandre, fatigue l'attention ; leur insignifiance éteint la curiosité, et la monotonie de leurs crimes lasse la patience. ”
“ Je suis un des Myrmidones et mon père est Polyktôr. Il est riche et vieux comme toi. Il a sept fils et je suis le septième. Ayant tiré au sort avec eux, je fus désigné pour suivre Akhilleus. J’allais maintenant des nefs dans la plaine. Demain matin les Akhaiens aux sourcils arqués porteront le combat autour de la ville. Ils se plaignent du repos, et les rois des Akhaiens ne peuvent retenir les guerriers avides de combattre. ”
Philostrate de Lemnos, Une galerie antique de soixante-quatre tableaux
“ Achille, j’imagine, est heureux de cette étreinte et de ces larmes. Tels sont les tableaux d’Homère ; voici le sujet traité par le peintre. Antiloque s’étant jeté devant son père, Memnon venu de l’Éthiopie tue le jeune homme et fait reculer les Achéens, glacés d’épouvante comme à la vue d’un monstre ; car avant Memnon, tout ce qu’on rapportait des nègres paraissait fabuleux. Les Achéens s’étant emparés du cadavre, Antiloque est pleuré par les Atrides, par le héros d’Ithaque, par le fils de Tydée, par les deux Ajax. ”
Homère,
Iliade
(VIIIe siècle av. J.-C.)
“ Et ils se tenaient immobiles, attendant que d’autres phalanges Akhaiennes, s’élançant contre les Troiens, commençassent le combat. Et Agamemnôn, les ayant vus, les injuria et leur dit ces paroles ailées : — Ô fils de Pétéos, d’un roi issu de Zeus, et toi, qui es toujours plein de ruses subtiles, pourquoi, saisis de terreur, attendez-vous que d’autres combattent ? Il vous appartenait de courir en avant dans le combat furieux, ainsi que vous assistez les premiers à mes festins, où se réunissent les plus vénérables des Akhaiens. ”
Charles Victor Daremberg,
Dictionnaire des antiquités grecques et romaines
(1877)
“ Pendant les luttes entre les successeurs d’Alexandre, certaines villes d’Achaïe reçurent des garnisons étrangères, d’autres furent soumises à des tyrans 3 [3] . Enfin, en 280, les villes de Patras, de Dymœ, Phare et Triteis profitèrent de la situation fâcheuse où se trouvait Antigone Gonatas, pour se soustraire à sa domination, et former les liens d’une nouvelle ligue Achéenne 4 [4] , à laquelle les autres cités se rattachèrent successivement. Vingt ans après, l’exemple des Étoliens [aetolicum foedus] décida les Achéens à se placer sous les ordres d’un seul stratège [strategos] . ”
