Madame de Pontanges

Définition et enjeux

Portrait de Delphine de Girardin Delphine de Girardin Œuvres complètes de Delphine de Girardin

Madame de Pontanges fit arrêter tout cela en apercevant madame d’Auray. Alors on vit descendre de la bizarre calèche une petite fille courte, grosse, commune, ayant de vilains yeux malades, voilés par des paupières rouges et retournées, étalant sur le sable un grand pied plat et sans physionomie, tenant dans ses grands doigts osseux un gros mouchoir de toile à marque rouge, et le tortillant comme une corde par un naïf sentiment d’embarras ; une petite personne hideuse, qui promettait aussi d’être bossue et paraissait trop honnête fille pour ne pas tenir sa promesse.
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Madame de Pontanges revint ; elle s’assit sur un canapé auprès de la femme du sous-préfet.
Lionel, ne disait rien. Il souffrait réellement, il était sincèrement malheureux ; il ne pouvait parler, sa douleur l’étouffait. Madame de Pontanges remarqua cette préoccupation, et, persistant à l’attribuer à l’affaire importante qui avait retenu M. de Marny à Paris, elle cherchait par des prévenances pleines de grâce à le dédommager de ce qu’elle appelait un sacrifice. Or rien n’est plus offensant pour un homme très-amoureux que ces attentions, ces soins visibles ; rien n’atteste plus l’indifférence.
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Madame de Pontanges, toujours faible, était, malgré elle, attendrie de l’émotion qu’il ne pouvait cacher.
— Je voudrais redevenir ce que j’étais ! dit-elle.
— Ô Laurence ! s’écria-t-il avec joie. Et il leva sur elle des regards si remplis d’amour, qu’elle eut peur...
— Votre femme est jolie, dit-elle tout à coup, s’armant d’un souvenir contre sa pensée ; elle aime le monde : voulez-vous qu’elle vienne samedi au bal chez moi ?
Lionel fut révolté de cette proposition ; tant d’indifférence le blessait ; s’il avait lu dans le cœur de Laurence, il lui eût pardonné.
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