Toustain

Définition et enjeux

Yves Gandon Le métier d'homme (1943)

Ils se parlaient peu, mais Germaine n'avait jamais trouvé aussi amical le ciel vibrant de chaleur, posé sur les vagues vertes du vignoble comme une cape frissonnante sur de belles épaules.
Quand la locomotive du tortillard apparut en soufflant au haut de la côte, Albert Toustain se décida à poser une question qui, depuis quelques instants, lui démangeait la langue :
— Vous n'avez encore jamais songé à vous marier, mademoiselle Germaine ?
Elle leva vers lui de grands yeux ingénus, qu'elle baissa vite ; puis elle rougit comme une petite fille.
Source : Gallica

Yves Gandon Le métier d'homme (1943)

Germaine était fort éprise de son mari. Les jours coulaient pour eux, égaux et sans histoire, comme le fleuve au bord de la ville, autour de ses îlots d'or, sous le ciel léger. Au lycée, Albert Toustain jouissait de l'estime et de la sympathie de ses élèves et de ses collègues. Il savait se faire aimer et se faire craindre. Sa femme ne voyait que par lui. Le premier trimestre n'était point encore achevé que, déjà, sa vie de jeune fille lui paraissait très loin, dans un autre univers, à quoi ne la reliaient plus que des
attaches factices.
Source : Gallica

Yves Gandon Le métier d'homme (1943)

Germaine, le visage oint d'une brise légère, sourit à la nuit pleine d'astres. Elle y voyait la fine moustache brune, l'œil gris et qui se posait sur elle avec tant de douceur, la silhouette élancée, bien prise dans la jaquette noire, d'Albert Toustain. C'était le premier jeune homme qui trouvât grâce aux yeux de sa cousine. Celle-ci reprenait :
— D'abord, c'est un garçon bien élevé. Ce n 'est pas de lui qu'une jeune fille pourrait jamais craindre une parole incorrecte. Et puis, c'est un homme intelligent, avec qui on n'a pas le temps de s'ennuyer.
Source : Gallica

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