“ Chérie Chéron terminait son rondeau au milieu d’un murmure flatteur, — car elle avait la main large avec ses camarades et n’est-ce pas, un service est toujours bon à demander — quand un monsieur coiffé d’un haut de forme incliné sur l’oreille, qui se promenait de long en large sur le plateau derrière les artistes, s’arrêta brusquement et demanda :— Pardon, Chéron ; mais j’ai écrit :Je vends, je vante et j’invente,Menteuse savante ! Or, vous prononcez, et depuis hier seulement, je l’ai remarqué :Je vends, je chante et j’invente ! ”
Chéron
Définition et enjeux
Citations sur “Chéron”
“ Chérie Chéron arriva presque aussitôt, entortillée dans un peignoir flottant, satin rouge et dentelles noires, suivie d’un monsieur en redingote, décoré, à qui elle présenta immédiatement son invité.— Mon ami ! monsieur Fernand, mon camarade du Colorado, dont je t’ai parlé.Puis, à Fernand :— Monsieur Oscar Grindot.Les deux hommes se saluèrent. M. Oscar Grindot tendit la main à Fernand et très aimable :— Enchanté, monsieur ! Je serais le seul être au monde à ne point vous connaître ; mais je vous connais et je vous apprécie infiniment ! ”
“ Clou d’avenir qui pouvait faire aussi pâlir l’étoile de son amie : un clou chasse l’autre, dit le proverbe, qui ne fut jamais si vrai ! Petrus comme homme, Chérie Chéron comme femme, pouvaient être démolis du coup, si ce Fernand prenait tout pour lui, si la direction mettait sur lui seul ses soins de publicité ! ”
Joseph Guyot, Chronique d’une ancienne ville royale Dourdan
“ Aussi Saint-Chéron s’appelle-t-il Saint-Chéron-Montcouronne ou mont-couronné et se distingue-t-il ainsi de ses homonymes de la Beauce, Saint-Chéron-lès-Chartres, Saint-Chéron-du-Chemin, en revendiquant un privilége presque unique dans la région, celui de posséder une montagne. Donnons-nous le plaisir d’admirer ici une de ces échappées de grande et belle nature que nous retrouverons rarement dans notre pérégrination à travers les fertiles vallons du Hurepoix ou les plaines sans limites de la Beauce. Sans doute la nature est belle partout : ceux qui l’aiment le savent bien ”
René Bazin,
Un homme d'oeuvres, Ferdinand-Jacques Hervé-Bazin…
(1891)
“ François Chéron était né en 1764, du mariage de Marin Chéron, planteur en chef des forêts du roi, avec Mlle de Fradde. Il était le second fils d'une famille de quatorze enfants, et frère de Louis-Claude Chéron, qui fut auteur dramatique et député à l'Assemblée Législative. Comme nous l'avons vu, il avait servi la cause royale avec un rare courage, comme conseiller secret de Louis XVI au 10 août, et comme journaliste sous la Restauration. ”
François Chéron,
Mémoires et récits de François Chéron…
(1882)
“ Marin Chéron, le chef de la famille, mourut le 7 avril 1783. A cette époque, il n'avait plus que trois enfants , Louis-Claude, François et Mme Dumas; mais d'un autre fils prédécédé il lui restait un petit-fils, Florent Chéron, de Bellesme , et nous savons que Mme Dumas avait elle-même quatre filles et un fils. La mort avait fauché cette jeune génération, et ces cruelles épreuves, sur lesquelles François garde un respectueux silence, avaient sans doute altéré, avant l'heure, la santé du robuste forestier. ”
Anatole France,
Sur la pierre blanche
“ Morin portait une longue barbe blanche, Chéron et Perceval avaient le visage clair. Leurs cheveux courts et plus encore la franchise de leur regard leur donnaient l'air de jeunes garçons. Mais je ne doutai pas que ce ne fussent des femmes. Perceval me parut assez belle, bien qu'elle ne fût plus très jeune. Je trouvais Chéron tout à fait charmante. Michel me présenta:—Je vous amène le camarade Hippolyte, nommé aussi Dufresne, qui a vécu parmi les métis, dans les provinces noires des États-Unis d'Afrique. Il n'a pu dîner à onze heures. Aussi doit-il avoir faim. ”
François Chéron,
Mémoires et récits de François Chéron…
(1882)
“ « Je reprends la plume, mon cher ami, pour vous dire que Sauvo attend votre article depuis longtemps! Accordez-moi ce témoignage d'amitié. Ce que je redoute le plus, c'est votre silence; le sort de mon édition dépend de vous. Être ou ne pas être, voilà ma situation 1 Totus tuus. PARSEVAL. » Le persévérant auteur dut être heureux quand il lut au Moniteur les deux colonnes que Chéron lui consacra. Franchement, il les avait méritées : il doit être dur d'être académicien, d'occuper l'un des quarante fauteuils, et de solliciter avec tant d'ardeur la protection d'autrui ! ”
François Chéron,
Mémoires et récits de François Chéron…
(1882)
“ L'auteur nous raconte comment il prit légitimement, à cette époque, le nom de Chéron des Carrières, tandis que son frère aîné, Louis Claude,. prenait celui de Chéron de la Bruyère, noms qu'ils gardèrent jusqu'à la Révolution. Pour achever le portrait de son père, François nous rapporte deux traits saisissants qui nous font pénétrer au cœur de l'ancien régime, en nous montrant, d'une part, la nature des relations qui s'établissaient entre les supérieurs et les subordonnés, et, d'autre part, les progrès de l'irréligion. Nous n'avons rien de mieux à faire que de lui laisser la parole : a. ”
Mémoire d'un contemporain à un ami (1841)
“ Dès que madame de Bourmont se fut éloignée, Chéron me dit qu'il était fort aise de cette nouvelle , parce qu'il la croyait l'âme du complot qui se tramait pour l'évasion de M. d'Andigné. Quant à moi, je le tenais pour consommé. Il était impossible d'expliquer autrement son air de satisfaction au moment de se séparer de son mari. Sa présence n'étant plus nécessaire à la citadelle, un plus long séjour pouvait la compromettre; elle devait s'éloigner; elle le savait. ”
François Chéron,
Mémoires et récits de François Chéron…
(1882)
“ La même pensée lui inspirait une de ses meilleures chansons, composée pour « un ami, non pas de cœur, mais de société, » riche célibataire, gai et spirituel : Aux festins des riches, des grands, C'est l'ennui qui préside; Mais la gaieté réside Dans les banquets des bonnes gens ! Vieille simplesse, Franche et vive allégresse, Vous fuyez les brillants salons, Mais vous inspirez nos chansons. A vos leçons Dociles, nous devrons Encor des jours prospères, Comme en avaient nos pères ! En écrivant ces couplets, F. Chéron se rendait très bien compte du désœuvrement de sa vie. ”
François Chéron,
Mémoires et récits de François Chéron…
(1882)
“ « Mes enfants, dit-elle à ses fils, Cédez à mes prières Et demeurez toujours unis. Plus d'intérêts contraires : Qu'Amour rende Hymen plus charmant, Qu'Hymen rende Amour plus constant, Et vivez en bons frères ! » Louis-Claude ne se maria qu'après la mort de sa mère, en 1794. Il épousa mademoiselle Beltz, nièce de l'abbé Morellet et cousine de Marmontel. Quelques traits ébauchés par François Chéron et surtout les récits de l'abbé Morellet et les causeries de Sainte-Beuve nous font connaître cette femme distinguée que tous ses contemporains ont appréciée. ”
Marie-Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d’histoire et de géographie Bouillet Chassang (1878)
“ CHÉRON (L. Claude) , né à Paris en 1758, mort en 1807, membre de l'Assemblée législative, puis préfet de la Vienne (1805) , cultiva la littérature avec quelque succès. On a de lui : Caton d'Utique, tragédie imitée d'Addison, le Tartufe de Mœurs, comédie imitée de Sheridan (School for Scandal) , des Poésies fugitives, et une trad. de Tom Jones, 1804. CHÉRONÉE, Cheronea, d'abord Arné, auj. Kapréna, v. de Béotie, au N. O., vers les confins de la Phocide, sur le Céphise, est célèbre par plusieurs victoires: 1° des Béotiens sur les Athéniens, 447 av. J.-C. ”
“ Mme Fiquémont À Bouffignereux (Aisne) enseigne avant la guerre Mlle Chéron. Comme bien d’autres de ses collègues, elle occupe également le poste de secrétaire de mairie. À la fin d’août 1914, les Allemands approchent. Le village est bombardé. La population s’affole ; bientôt ce sera le désarroi ; la panique. Mlle Chéron par ses exhortations, par son exemple, calme les esprits et rend aux habitants le courage. Elle continue d’assurer son service avec son habituelle régularité. ”
Philippe Busoni,
Chefs-d’œuvre poétiques des dames françaises
“ Ses poésies ajoutèrent à sa réputation et la firent recevoir à l’Académie des Ricovrati de Padoue. Mademoiselle Chéron épousa à soixante ans M. Le Hay, ingénieur du roi, qui n’était guère plus jeune qu’elle. Le désir de faire la fortune d’un homme qu’elle estimait depuis long-temps et de se reposer sur lui du soin de ses biens, fut le principal motif de cet établissement. ”
François Chéron,
Mémoires et récits de François Chéron…
(1882)
“ Des ingrats! eh! bon Dieu, rien n'est si commun. On ne voit que cela dans le monde. Qu'est-ce après tout que des ingrats? Des oublieux. Voilà tout. On en est quitte à bon marché. Mais nier les bienfaits, ou les empoisonner en niant l'intention; s'en faire une arme pour poignarder son bienfaiteur. voilà ce que j'ai vu, ce que j'ai éprouvé de la part de ceux mêmes à qui j'avais sauvé plus que la vie, en leur sauvant l'honneur. Dites-moi, Chéron, si ces gens-là ne sont pas pires que des ingrats, et si je n'ai pas raison de les appeler des monstres. ”
Pierre-Auguste-Marie Miger, Tableau historique de l'état et des progrès de la littérature française depuis 1789… (1818)
“ Ici M. Shéridan est loin d'être égalé par son copiste : la pièce française est en vers ; mais la prose nerveuse et concise de l'auteur anglais vaut mieux que des vers traînans et vides. Chéron a supprimé, il est vrai, quelques hardiesses; mais il attiédit les effets comiques ; il énerve la vigueur des scènes, il décolore les détails, et tous les bons mots disparaissent; car il n'y a plus de bons mots où il n'y a plus de précision. Cette imitation faible a pourtant réussi ”
Mémoire d'un contemporain à un ami (1841)
“ Chéron me jugeant propre à remplir les vues de M. de Bourmont, me présenta au ministre Fouché, qui m'agréa et m'autorisa à communiquer avec le prisonnier, sur sa demande, en présence du commandant. Me voilà donc en relation presque journalière avec les deux Vendéens; je dînais quelquefois chez eux avec Chéron, ou chez celui-ci avec eux. La table provoque d'ordinaire la confiance, puis l'intimité. ”
François Chéron,
Mémoires et récits de François Chéron…
(1882)
“ Le rôle de censeur de la Galette de France ne causait à Chéron aucun souci : la Galette suivait une voie conforme aux sentiments de son juge. Mais François se préoccupait, avec tous les royalistes, de la marche des événements. La chambre dite introuvable avait été brusquement dissoute par le duc de Richelieu et par M. Decazes, qui redoutaient l'arrivée aux affaires de MM. de Villèle et Corbière. ”
“ La veulerie de nos contemporains va des actes aux gestes.De fait, après la petite ovation accordée à Blanche Mésange, le public redevint froid comme une banquise. Le célèbre équilibriste Tom Jack lança vainement par les airs des bouteilles, des guéridons, des poids de dix kilos et des œufs à la coque. Chérie Chéron, elle-même, égrena dans l’indifférence bruyante et la plus absolue les perles de son répertoire. « Et quand on pense qu’il faut respecter le Public, grogna-t-elle ! Ah ! zut alors ! »On attendait désormais Fernand. ”
Joseph Guyot, Chronique d’une ancienne ville royale Dourdan
“ Ici, nous nous éloignons un peu du cours de l’Orge, et, laissant le chemin de fer s’arrêter au bas du versant et continuer à mi-côte sa route vers Paris, nous nous élevons sur la gauche pour gagner Saint-Chéron. Toutefois, avant de quitter le fond de la vallée, signalons le hameau de Saint-Évroult qui mérite l’attention de l’antiquaire par sa station romaine et son ancien prieuré [14] , et les fiefs de la Petite-Beauce, Mirgaudon, etc. La montée de Saint-Chéron est rapide. À mesure qu’on s’élève, la vue embrasse un panorama justement renommé. ”
Joseph Guyot, Chronique d’une ancienne ville royale Dourdan
“ Donc, le différend de Saint-Chéron et de Clairefontaine porté devant le chapitre de Paris, et soumis à un arbitrage, à peine de quarante livres parisis de dédit, se termine par un compromis, en octobre 1219, et il est convenu que les chanoines de Saint-Chéron prendront la cinquième partie des grandes dîmes des terres anciennement cultivées sur le territoire de Biaurepère de la paroisse Saint-Germain ; mais qu’ils n’auront rien à prétendre sur les terres nouvellement défrichées et la nourriture des animaux. ”
Claire-Elisabeth-Jeanne Gravier de Vergennes Rémusat, Lettres de Mme de Rémusat, 1804-1811… (1881)
“ Ils y vont passer l'hiver, pour leur enfant, qui est dans un triste état1. Nos amis Chéron sont établis, et dans toutes les occupations et les ennuis de l'étiquette de province. Norvins se désole et se recommande à vous. Si vous ne l'assistez pas, il mourra d'une ambition rentrée. Il me vient voir souvent, plutôt par désœuvrement que par goût, et sûrement pas pour mon plaisir. Que vous dirai-je encore? L'abbé Morellet vieillit et dort, Bertrand soupire, madame Lavoisier s'en va en Provence, ma sœur pleure, et ma mère dit du mal des sentiments conjugaux. ”
Charles Péguy,
Œuvres complètes de Charles Péguy
“ Quand nous retournerons en cette froide terre, Ainsi qu’il fut prescrit pour le premier Adam, Reine de Saint-Chéron, Saint-Arnould et Dourdan, Veuillez vous rappeler ce chemin solitaire. ”
François Chéron,
Mémoires et récits de François Chéron…
(1882)
“ Il v avait les cercles philosophiques ou littéraires de M. Suard, de Mme d'Houdetot, et celui de l'abbé Morellet, que tenait sa nièce, Mme Chéron. Là dominaient, à proprement parler, les gens de lettres et les philosophes, continuateurs directs du dernier siècle. Il y avait aussi les salons du monde proprement dit, d'une composition plus variée et plus diverse. Le coup de soleil qui suivit le 18 brumaire s'était fait sentir mieux qu'ailleurs dans ce coin du monde : on aimait, on adoptait avec bonheur tout génie, tout talent nouveau, on en jouissait comme d'un enchanteur ”
“ Mais le pire, c’est que Chérie Chéron, malgré sa promesse formelle de ne se mêler de rien, intervint au contraire, et tyranniquement, sur le point spécial des engagements de femmes. Fernand, pour rehausser la médiocrité de son personnel, médiocrité dont il se rendait parfaitement compte, avait entamé des pourparlers avec Anna Bithaud, la divette des établissements Langlet ”
François Chéron,
Mémoires et récits de François Chéron…
(1882)
“ J'étais le même quand j'étais pauvre, et on ne m'en faisait pas de reproche; je suis un peu plus favorisé par la fortune, et on dit que je suis fier. Non, mon cher Chéron; on me connaît mal, et j'en appelle volontiers là-dessus à mes plus anciens amis. Je ne suis pas bien vieux, mais je connais assez les hommes pour ne m'être point trompé sur ma position. ”
François Chéron,
Mémoires et récits de François Chéron…
(1882)
“ Obligé de prendre la fuite, il ne reparut qu'après le 18 brumaire. Revenu dans la capitale, il y composa avec Picart l'excellente comédie de Duhautcours. Ayant embrassé avec beaucoup d'ardeur la cause de la Restauration, il fut nommé censeur de la Galette de France, puis employé dans différentes occasions par M. de Blacas. Chéron fut pour les premiers volumes un des rédacteurs de la Biographie universelle, et il a écrit, entre autres articles, celui de Crébillon. ”
Henri de Boulainvilliers,
État de la France, dans lequel on voit tout ce qui regarde le gouvernement ecclésiastique…
(1727)
“ Belval, Election de Châlons, à M. Guirapin de Vaurel ci-devant Capitaine aux Gardes l'un des lieutenans de Roi de la Province. Bourlement à la Maison d'Anglure qui portoit autrefois le nom de S. Cheron, comme il paroit par un accord de l'année 1195 entre Marie Comtesse de Champagne, l'Abbé de Pontigny & Engerbrand Seigneur de S. Cheron, cette Maison a pris le nom d'Anglures de la terre qui le porte, située sur l'Aube, le premier qui s'en est servi est Oger I. vivant du tems de S. Louïs, qui prit aussi le nom de Saladin ”
Précis sur la vie, les crimes, l'arrestation et le procès d'Abraham Serain… (1841)
“ J'étais dans la rue des Montées; je portais de la viande. J'ai demandé à Serain à monter dans sa voiture : Il m'a répondu que non. Je ne connaissais pas l'accusé, mais je connaissais Emilie Roulo et Adèle Leroux. Je les ai reconnues. La voilure allait par Saint-Cyr. Alphonse Proust, quinze ans : J'ai vu passer un homme dans sa voiture avec deux enfanta. Nous l'avons appelé : « Eh ! père Chéron !» Il n'a pas répoudn.. Nous le prenions pour le père Chéron. Il avait une blouse bleue, un chapeau noir. La voiture était attelée d'un cheval blanc ”
Ann Radcliffe,
Les Mystères d’Udolphe
“ Emilie retint une larme qui s’échappoit, et feignit de sourire. Madame Chéron s’étendit sur la splendeur de sa maison, sur les sociétés qu’elle recevoit, enfin sur ce qu’elle attendoit d’Emilie, dont la réserve et la timidité passoient aux yeux de la tante pour de l’ignorance et de l’orgueil. Elle en prit occasion de le lui reprocher ; elle n’entendoit rien à guider un esprit qui se défie de ses propres forces, qui, possédant un discernement délicat, et s’imaginant que les autres ont plus de lumières, craint de se livrer à la critique, et cherche un abri dans l’obscurité du silence. ”
