“ Eh bien, Madame, imaginez un homme assez indépendant pour pouvoir entreprendre un pareil voyage, non dans le but de satisfaire ses goûts d’artiste ou sa curiosité de touriste, mais dans l’espoir de rendre peut-être à sa femme et à sa fille un des plus vaillants capitaines dont s’honore la France ! ”
Diseur de bonne aventure
Définition et enjeux
Citations sur “diseur de bonne aventure”
Émile Montégut, Un Roman picaresque en Angleterre…
“ Bien ! nous ne ferons aucun serment à ce sujet ; mais vous-même, vous croyez à l’âme : je vous ai entendu dire que vous croyiez à la bonne aventure, et qu’est-ce que la bonne aventure, sinon la science de l’âme ? ”
“ Chaque jour, chaque heure perdue, sont irréparables ! Allez, madame, croyez-moi ; que votre vie stérile pour le bien ne soit pas du moins stérile pour le plaisir ; imitez vos grand’mères de la Régence, déposez souvent votre manteau de cour, et, moins dignement vêtue, suivez l’inconstance à l’aile légère, le caprice au vol fantasque, alors vous serez ravie, charmée de ce que vous rencontrerez de nouveau, d’imprévu, de piquant, de varié, dans ces pays qu’une fausse dignité vous empêchait de parcourir ! ”
“ « Quand cette lettre vous parviendra, vous serez près de partir pour la grande aventure. Si grande soit-elle, elle n’est pas au-dessus de vos forces morales et physiques. Je ne vous souhaite pas : bonne chance ! Ce vœu est réservé à ceux qui ne comptent que sur elle... » ”
Augustin Challamel, Les amuseurs de la rue (1875)
“ Longtemps encore , la diseuse de bonne aventure , le nécromancien et la somnambule tiendront boutique dans les foires . Mais leur industrie déplorable s' en va décroissant . Un de mes neveux , dernièrement , la caractérisait ainsi : – Elle vit de l' avenir , et l' avenir lui échappe . La diseuse de bonne aventure n' a plus de prestige . Ne la consultez jamais , car sa prétendue science ne vous fera jamais de bien , en admettant qu' elle ne vous fasse jamais de mal . ”
“ Il faut bien le dire, un nombre considérable de personnes, curieuses de voir se lever pour elles un coin du voile qui cache l’avenir, affluait chez la devineresse par une faiblesse puérile et dans un espoir insensé. ”
“ Héloïse par hasard, s’interrompant de lire, leva les yeux sur son mari et fut frappée de l’ineffable expression de sa physionomie. — Jérôme, — lui dit-elle de sa voix gracieuse et vibrante, — vous avez l’air bien heureux. — C’est que nous sommes seuls, — lui répondit Bonaquet en souriant avec mélancolie ; — quand nos pauvres amis sont là, je n’ose, en leur présence, trahir l’ineffable douceur de ce bonheur chaque jour plus profond, de ce bonheur qu’aucun nuage n’a jamais troublé. Ce serait un contraste pénible ble avec leur vie, hélas ! si cruellement éprouvée. ”
Maurice Leblanc,
Les Huit Coups de l’horloge
“ — La meilleure aventure, dit-il, c’est celle qu’on ne prévoit pas. Elle surgit à l’improviste, sans que rien l’ait annoncée et sans que personne même, sauf les initiés, remarque cette occasion d’agir et de se dépenser qui passe à la portée de la main. Il faut la saisir tout de suite. Une seconde d’hésitation et il est trop tard. Un sens spécial nous avertit, un flair de chien de chasse qui démêle la bonne odeur parmi toutes celles qui s’entrecroisent. ”
“ C’est encore un acte de malhonnête homme ; mais bah ! une fois qu’on y est, qu’est-ce que cela fait ? — Vous vous calomniez, monsieur Fauveau, reprit doucement Héloïse. — Jamais vous n’agirez en malhonnête homme ; un cœur loyal comme le vôtre ne change pas ainsi. — Cela vous étonne tant que vous ne pouvez pas le croire, n’est-ce pas, madame ? — reprit Fauveau ; ni moi non plus, je n’aurais pu le croire, et pourtant cela est ! C’est comme si l’on m’avait dit que moi, qui ne buvais que de l’eau rougie, j’en viendrais un jour à tâcher de m’abrutir à force d’eau-de-vie ! ”
“ Joies du ciel ! il reste donc encore quelque fibre saine dans ton âme ulcérée ! Ton retour au vrai, au bien, est donc possible ! Anatole... mon ami... mon frère... du courage ! Abandonne ce monde brillant et futile où tu n’as trouvé que haine et souffrance ! viens habiter ici avec nous, en frère ; viens retremper ton cœur à une source pure, laisse-nous te guérir... tu verras avec quels soins, avec quelle tendre sollicitude, nous fermerons les plaies de ta pauvre âme... — Bon Jérôme, — reprit Anatole profondément attendri, — toujours... toujours le même cœur ! ”
“ Eh ! oui, vous avez trop d’attraits, trop de beauté, trop de grâces pour les enterrer dans une misérable boutique. Allons donc ! madame, cela fait pitié ! Votre véritable place... savez-vous où elle est ? Dans un charmant petit hôtel, avec voiture, loges aux spectacles, diamants, toilettes de duchesse ; avec tout ce qui est digne enfin d’une charmante femme comme vous. Or, ma chère madame Fauveau, cette vie délicieuse, vous l’aurez quand vous le voudrez. ”
“ Non, non ! crois-moi, mère chérie, je n’admets pas qu’il y ait au monde une créature plus heureuse que moi, (quand je ne te vois pas te chagriner sans raison, bien entendu) . Et, aussi vrai que je t’aime et que je te vénère, seul serment que je puisse te faire, je n’ai pas un désir, je ne forme pas un vœu, pas un projet, qui tende à autre chose qu’à concentrer davantage encore, s’il est possible, notre vie entre nous deux. — Chère enfant, je te crois, je te crois ! il n’est pas au monde un cœur meilleur ni plus sincère que le tien. ”
“ Ce soir, chez l’un de mes amis d’enfance, j’ai été témoin d’un de ces rares et charmants exemples d’amour et de fidélité dans le mariage. — Et où avez-vous découvert, monsieur, ces perles conjugales ? — Ce n’est pas, madame, dans l’une de ces familles opulentes qui, pourtant, grâce à leur richesse, ont mille moyens de charmer, de parer, de poétiser une affection pareille, de la ménager, de la prolonger par les distractions mêmes d’une vie de luxe ; non, madame, l’ami dont je vous parle et sa femme vivent dans une extrême médiocrité ”
“ Nous vivons l’une pour l’autre. Grâce à toi le temps passe comme par enchantement. Ma pension de veuve d’un colonel et le placement sur hypothèque d’une centaine de mille francs qui seront un jour ta dot, nous assurent plus que de l’aisance. Aussi, chère enfant, si tu voulais seulement songer à te marier... — Mère chérie, — reprit Clémence en souriant, — jamais nous ne nous entendrons à ce sujet-là. Bien souvent je te l’ai dit, la vie et l’avenir d’une vieille fille ne m’effraient pas du tout. C’est une vie calme et retirée, comme il me la faut. ”
“ Ça n’a rien à en envier aux plus heureux du monde. En suivant machinalement des yeux le pierrot et la pierrette, qui, la contredanse terminée, se dirigeaient vers une des portes du couloir, madame de Beaupertuis les quitta brusquement du regard, et resta saisie d’étonnement à la vue d’un jeune homme qui se tenait debout, à l’embrasure de la porte du balcon, très proche de la stalle où la jeune duchesse était assise. — Je n’ai vu, de ma vie, beauté plus surprenante chez un homme, — se dit Diane de Beaupertuis en contemplant cet inconnu. ”
“ Ma femme a vingt-sept ans, j’en ai trente ; nous touchons à la maturité de l’âge ; nous n’avons pas cédé à un entraînement aveugle, nous avons eu foi à une affection profonde, calme, réfléchie et éprouvée, pendant trois ans, par des relations journalières ; le passé nous garantit de toute déception à venir ; nos goûts sont semblables, nos esprits ont mille points de contact et par une grande conformité de principes et par notre commun amour de l’étude ; enfin, notre position est indépendante. C’est te dire, Anatole, que notre mariage réunit toutes les chances d’un bonheur durable. ”
“ Aussi, haine, vengeance implacable contre ces misérables qui se font un jeu de ce qu’il y a au monde de plus sacré... le repos et l’honneur d’une femme. — Oui, haine et vengeance ! — répéta Fauveau dont la loyale figure se contractait douloureusement, et qui plusieurs fois évita les regards de Maria, de plus en plus surprise et alarmée. — Si la vengeance ne vous rend pas le repos, du moins ça console. Je souffre, mais je ne souffre pas seul. — Et pourquoi souffrirais-tu, Joseph ? — dit Maria contenant difficilement ses larmes. ”
Wenceslas-Eugène Dick, Une horrible aventure
“ Lors donc que notre héros avait manifesté à haute voix son intention d’avoir une aventure, c’est que tout un plan s’était développé dans sa tête et s’y était installé comme chez lui, bien résolu de n’en point sortir. ”
“ Maudit sois-tu au nom de Diane de Beaupertuis, noble et fière créature dépravée, perdue par toi, et qui est morte par le poison ! Maudit sois-tu au nom de son assassin, homme autrefois inoffensif et sans haine, que la dégradation de sa femme a poussé au meurtre ! Maudit sois-tu au nom de Maria Fauveau, qui n’aura peut-être quitté l’échafaud que pour succomber à un effrayant délire ! Maudit sois-tu, au nom de Joseph, notre ami d’enfance, pauvre cœur tendre et naïf, que le malheur a rendu fou ! Maudit sois-tu au nom de ton enfant tué par sa mère ! ”
“ Ah ! croyez-moi, remerciez-en le ciel, votre bonheur est encore plus grand que vous ne le pensez : vous avez eu sur Anatole la plus étonnante, la plus salutaire influence, car je vous le répète, le cœur humain est un abîme, où l’œil de Dieu seul peut sûrement pénétrer. Je vous le demande, mon ami, après ces paroles du docteur, pouvait-il me rester le moindre doute sur sa sincérité ? Il repoussait avec une noble indignation la calomnie dont il était l’objet, il revenait sur son erreur à votre égard ; je n’ai pas hésité à le croire : il est si doux de croire au bien ! ”
“ Mais la jeune fille, se jetant éperdue au cou de sa mère, la couvrit de larmes et de baisers, en murmurant d’une voix entrecoupée : — Mère chérie, du courage ! — Que dis-tu ? — Oui, du courage, il en faut aussi pour supporter des joies trop vives. — Des joies trop vives ! — reprit madame Duval en étreignant sa fille contre son sein. — Au nom du ciel, explique-toi ! Clémence, se dégageant des bras de sa mère, le visage radieux, les yeux humides, dit à Ducormier avec une expression de bonheur ineffable : — Ah ! Monsieur, soyez béni ; c’est Dieu qui vous a envoyé vers nous ! ”
“ BONAQUET, jusqu’alors pensif, paraît en proie à une vive anxiété. Soudain il lève les yeux au ciel et joint les mains avec ferveur. Oui ; plus j’y pense, plus ce soupçon, se change, pour moi en certitude ! Oui, le crime doit être là ! Maria, je vous en conjure, rassemblez vos souvenirs, écartez tout ce qui peut troubler votre raison, et répondez-moi : Croyez-vous que le secret des désordres de la duchesse ait été assez bien gardé pour que personne ne les ait soupçonnés ? ”
“ Qui pouvait donc, mon Dieu ! s’attendre à cela. Une femme que l’on avait crue jusqu’ici d’un caractère si honorable, d’un commerce si sûr, d’une solidité si éprouvée, d’une vie si irréprochable, d’une piété si exemplaire ! ”
André Theuriet,
Poésie. — La Fille du Tonnelier
“ Où les plantes poussaient à la bonne aventure; L’herbe avait remplacé le sable des sentiers, Des ronces se tordaient aux bras des espaliers, Et quelques rares fleurs y venaient sans culture. Maurice, l’âme émue et le cœur plein d’espoir, Regardait le verger, calme à l’heure du soir. ”
Arthur Conan Doyle,
Le Monde perdu
(1912)
“ Son goût du hasardeux, le sentiment intense qu’il avait du dramatique d’une aventure, et d’autant plus qu’il s’y trouvait plus entièrement mêlé, son ferme propos de toujours considérer le péril comme une forme de sport, comme un jeu implacable contre le destin, avec la mort pour enjeu, faisaient de lui un compagnon admirable aux heures graves. ”
“ Figure-toi une réunion composée de ces illustres roturiers, poètes, peintres, musiciens, penseurs, savants, philosophes, hommes d’État, dont l’Europe entière, dont les deux mondes, vénèrent les noms célèbres et admirent les travaux ; figure-toi un Montmorency, un Créqui, un Luxembourg ou un prince de Lorraine quelconque, n’ayant pour soi que son nom et sa richesse, voulant lui aussi être de ce monde illustre qui n’est pas, qui ne sera jamais le sien ! ”
“ Aussi voulez-vous que je vous dise ce qui arrive toujours ? — reprit l’inconnu en redevenant moqueur. — Ces amants, s’ils n’ont pas l’heureuse idée de prendre la poste chacun de son côté, lorsqu’ils ont vécu quinze jours, un mois au plus de cette vie extatique, afin d’en emporter du moins le souvenir dans tout son parfum ; ces amants solitaires bientôt s’ennuient à la mort, malgré la lune, le soleil, la montagne, le lac et les grands bois. ”
“ Parce que ce cœur est le meilleur, le plus tendre qui soit au monde. Adieu. Je sais que dans le premier moment d’un pareil chagrin on a besoin d’être seul, et que les plus sincères consolations vous pèsent. ”
“ Ce n’est donc pas de nous qu’il faut s’inquiéter, c’est de toi. — Jérôme... — L’état de ton cœur m’épouvante. — Allons, tu plaisantes. — Tu ne respires que haine, que vengeance ! — Qu’importe, si je t’aime comme autrefois, mon bon Jérôme ? — Non, tu ne peux plus m’aimer comme par le passé. L’on aime avec le cœur, et le tien, autrefois candide et bon, est aujourd’hui noyé de fiel ; quelle place y peut-il rester pour les sentiments tendres ? Anatole, prends garde ! tu es sur une pente fatale ! ”
“ Que voulez-vous, mon prince, ce n’est pas ma faute : madame la duchesse votre fille m’a gâté... — C’est horrible ! s’écria M. de Morsenne en joignant les mains avec effroi ; — quel monstre ! — Aussi, mon prince, ai-je eu l’honneur de vous dire... gare au monstre ! — reprit Ducormier en minaudant et baissant les yeux avec un sourire ingénu et discret ; — mais rassurez-vous, le monstre n’est pas un ogre. Que demande-t-il, après tout ? À entrer dans une bienheureuse carrière qui consiste à mener grande et bonne vie, au milieu de la fine fleur des aristocraties de tous pays ”
“ Je vivais tranquillement, heureusement, avec mes insectes ; ne faisant de mal à personne, ne gênant la liberté de personne, laissant ma femme maîtresse d’elle-même, de ma fortune et de la sienne. Je ne demandais qu’à vivre à ma guise, dans l’isolement et dans l’étude. ”
“ Je comprends maintenant que les hommes s’enflamment grossièrement, à la seule vue d’une jolie femme ; et par ma foi, si j’avais l’honneur d’être une de ces gentilles et effrontées pierrettes qui frétillaient là tout à l’heure, j’irais demander à souper à ce ravissant inconnu. Vraiment, j’aime à le regarder ; cela m’enorgueillit pour notre monde, ordinairement si pauvre en types accomplis. Celui-là du moins représente dignement l’homme de haute race. ”
Eusèbe Girault de Saint-Fargeau, Revue des Romans
“ Enfin, il retrouve une famille, et, lorsque ses vœux sont comblés, il partage l’élan de son vieux ami et se joint à la cause de la liberté américaine. — L’Aventurier est une composition ingénieuse et morale, où le romanesque des aventures est racheté par l’utilité du but, par l’agrément du style et par la vérité des peintures. ”
Louis Boussenard,
Aventures périlleuses de trois français au pays des diamants
(1884)
“ Tu es bel et bien du bois dont on fait les aventuriers, — ce mot étant, bien entendu, pris dans son acception la plus honorable. Car, en fin de compte, ce qui constitue ce tempérament spécial au coureur d'aventures, n'est-ce pas cette faculté de se sacrifier à une chose, à un sentiment, à une idée. ”
Charles Arthur Gauvreau,
Captive et bourreau
(1883)
“ Tu as également de la chance d’avoir le goût des aventures. Tu reviendras riche de connaissances, avec un titre honorable qui te permettra de gagner honorablement ta vie. À vaincre sans périls, on triomphe sans gloire, dit Mélas. ”
Maurice Maeterlinck,
Les sentiers dans la montagne
“ Le jeu est l'aventure sédentaire, abstraite, mesquine, sèche, schématique et sans beauté de ceux qui ne surent point rencontrer ou faire naître les aventures réelles, nécessaires et bienfaisantes de la vie. ”
