“ Parfois on a vu des cachalots frappés à mort rendre, dans les dernières convulsions, des morceaux de bras de poulpes, qu’ils venaient d’avaler, gros comme la cuisse d’un homme. On ne peut guère douter que les abîmes de l’océan ne soient peuplés de grands céphalopodes que nous ne voyons jamais ou presque jamais à la surface. Il n’est pas rare, au contraire, de rencontrer sur l’océan de volumineux fragmens de chairs flasques, avec une peau molle et rouge par places, débris de ces grands poulpes qu’on dirait tranchés par une mâchoire puissante. Ce sont les reliefs de quelque repas de cachalot. ”
Georges Pouchet
Élements biographiques
Georges Pouchet (1833-1894), naturaliste et anatomiste français, s’illustre par ses recherches en anatomie comparée des poissons et des cétacés, ainsi que par ses positions théoriques en faveur du polygénisme, une doctrine racialiste affirmant la pluralité des origines humaines.
Professeur au Muséum national d’histoire naturelle et directeur du laboratoire maritime de Concarneau, il contribua à la création des galeries d’anatomie comparée, laissant une empreinte durable sur l’organisation scientifique de son époque. Son œuvre majeure, De la pluralité des races humaines (1858), témoigne de son approche anthropologique, tandis que ses écrits populaires, comme Le Cachalot, combinent rigueur scientifique et curiosité naturaliste.
Citations de Georges Pouchet
Georges Pouchet,
Visite au Muséum d'histoire naturelle de Rouen…
(1858)
“ C'est un vrai brigand de grand chemin, celui-là ; toujours sur les bords de la mer, il attend que l'Aigle pêcheur, qui est près de lui, les ailes étendues, ait attrapé quelque poisson ; alors il arrive, engage la lutte où sa force lui donne l'avantage, enlève le dîner et va le savourer tranquillement pendant que l'autre, morfondu, retourne pêcher à jeun. Le même penchant, la même soif de sang a fait rapprocher des aigles ce grand oiseau haut sur pattes et qui semble porter derrière son cou des plumes noires, comme un bureaucrate la plume fichée à l'oreille. ”
Georges Pouchet,
Les Rapports de l’instinct et de l’intelligence chez les insectes
“ L’hérédité ne transporte pas seulement d’une génération à l’autre toutes les modifications imaginables de forme, de taille, de coloris; elle s’étend aux facultés cérébrales, transmises sans doute à la faveur de quelque particularité physique de l’organe de l’intelligence. C’est ce qu’on appelle l’esprit de race, qui fait que tel peuple naît fourbe et brave comme le Grec d’Homère, industrieux comme le Chinois, trafiquant comme le Juif, chasseur comme le Peau-Rouge. C’est là, si l’on veut, une sorte d’instinct que l’éducation permet quelquefois de maîtriser, mais ne corrige jamais. ”
