Louis-Siffrein-Joseph de Salamon

Élements biographiques

Louis-Siffrein-Joseph de Salamon Mémoires inédits de l'internonce à Paris pendant la Révolution… (1890)

Je le cherchai des yeux dans notre petite prison, sans pouvoir le découvrir. Je me levai pour voir s'il ne serait pas dans une chambre voisine, et je m'aperçus en effet qu'il existait là un petit endroit retiré, qui servait de lieu d'aisances.
L'abbé Sicart était assis sur une pierre, au milieu de cette infection. Il croyait sans doute qu'on allait revenir pour le chercher, et il n'osait pas se tenir au milieu des autres prisonniers. Moi, qui aime le courage dans un homme, je le regardai, je l'avoue, avec mépris, et lui tournai le dos, sans lui adresser la parole.
Source : Gallica

Louis-Siffrein-Joseph de Salamon Mémoires inédits de l'internonce à Paris pendant la Révolution… (1890)

Par contre, j'aperçus dans un coin un prêtre misérablement vêtu et tout malpropre, qui mangeait un morceau de pain sec.
C'est qu'en effet, n'étant pas dans une prison d'État, nous n'avions pas même le repas ordinaire des prisonniers.
Il paraissait un peu honteux de faire un si maigre festin. Je suis porté à m'émouvoir et à m'attendrir dès que je vois un malheureux, quand surtout il ne devrait pas l'être. Je fus touché en ce moment d'une vive compassion. Les prêtres m'inspirent plus de pitié encore que les autres hommes, quand je les vois avec un air misérable.
Source : Gallica

Louis-Siffrein-Joseph de Salamon Mémoires inédits de l'internonce à Paris pendant la Révolution… (1890)

En ce moment le gardien de la prison entra et nous dit : « La nation doit désormais vous nourrir, mais vous êtes venus sans être attendus : il n'y a rien de prêt pour aujourd'hui; il faut donc que vous songiez
vous-mêmes à votre repas; voici un traiteur que je vous amène. «
L'abbé Godard, grand vicaire de Toulouse, et moi, qui paraissions avoir mieux que les autres gardé notre sang-froid, nous nous approchâmes du traiteur et nous lui dimes : « Préparez-nous un repas à quarante sous par tête, d'ici à deux heures. Nous répondons pour ceux qui ne pourront pas payer. »
Source : Gallica

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