René Garraud

Élements biographiques

René Garraud Précis de droit criminel... (1881)

A quel titre, du reste, le coupable, condamné à mort, invoquerait-il le principe de l'inviolabilité de la vie humaine pour éviter la peine de mort ? Ce principe, ne l'a-t-il pas méconnu et violé ? Comment pourrait-il protéger l'assassin contre les rigueurs de la loi, puisqu'il n'a pas protégé la victime contre les coups de l'assassin? « En tuant, dit Kant, vous vous tuez vous-même, » parce que vous déclarez par vos actes que la vie d'un homme n'est pas inviolable à vos yeux.
Source : Gallica

René Garraud Précis de droit criminel... (1885)

Le pouvoir social est organisé pour protéger l'exercice des droits individuels : c'est donc à lui que l'individu doit remettre le soin de sa protection. Mais cette loi de toute société civilisée, absolue quand l'injustice est consommée, ne l'est plus quand elle est imminente. On m'attaque : la force sociale n'est pas présente; même présente, elle est impuissante à me protéger; j'ai le droit incontestable de me protéger moi-même et de repousser la force par la force. La défense sociale a un caractère subsidiaire : elle n'agit pas à l'exclusion, mais à l'appui de la défense individuelle.
Source : Gallica

René Garraud Précis de droit criminel... (1885)

Si le but de la loi pénale est de donner une sanction au droit, en punissant celui qui l'a violé, le but de la procédure pénale est d'assurer la complète manifestation de la vérité judiciaire, en protégeant, par les formalités dont elle entoure la poursuite, l'instruction et le jugement, l'intérêt de l'accusation et l'intérêt de la défense; il ne faut pas qu'un coupable évite le châtiment, mais il ne faut pas non plus qu'un innocent soit condamné, tel est l'objet des lois de forme, en matière pénale.
Source : Gallica

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