Résumé

Adolphe Lair Des Hautes cours politiques en France et à l'étranger et de la mise en accusation du président de la République et des ministres… (1889)

Non, sans doute, ce n'est que grandir, pour l'accusé comme pour la société, les garanties ordinaires. Ce n'est que rehausser la majesté et l'autorité du tribunal. Si Montesquieu a dit : « Il faut que la délicatesse du juge grandisse avec ses fonctions, » n'est-il pas juste d'ajouter qu'il en est de même de son indépendance et de ses lumières? Ici comme partout, l'égalité n'est pas dans un inflexible niveau. Au contraire, quand l'un des termes de la proportion s'élève, l'autre ne doit-il pas monter en même temps?
Source : Gallica

Adolphe Lair Des Hautes cours politiques en France et à l'étranger et de la mise en accusation du président de la République et des ministres… (1889)

Il semble toutefois résulter du texte de la constitution que l'action civile des parties lésées et les crimes et délits commis par les ministres en dehors de leurs fonctions restent soumis au droit commun.
Ce système diffère essentiellement de ceux qui ont été tour à tour adoptés et pratiqués en France. Il attribue l'accusation au pouvoir politique, le jugement à la Cour suprême du pays. L'action part de l'assemblée qui émane le plus directement de la volonté populaire ; elle aboutit à la justice de droit commun dans son expression la plus haute.
Source : Gallica

Adolphe Lair Des Hautes cours politiques en France et à l'étranger et de la mise en accusation du président de la République et des ministres… (1889)

Quand le jugement des ministres est l'une des principales attributions de la justice politique, cette seule réflexion ne suffit-elle pas à condamner le système?
On prétend, il est vrai, qu'une accusation politique veut des juges politiques. Mais c'est là précisément qu'est, à nos yeux, le sophisme. Sans doute, les Chambres sont les juges naturels de cette responsabilité morale et politique qui fait et défait les cabinets, les élève ou les renverse. Elles sont, au point de vue pénal, le plus dangereux des juges pour des accusés dont elles ont souvent tout à craindre ou tout à espérer.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature