Résumé

Portrait de Albert Réville Albert Réville Le Peuple juif sous les Asmonéens et les Hérodes d'après les historiens juifs de nos jours

Les Asmonéens, couronnés au nom de la foi, se brouillèrent avec leur peuple sur le terrain politique ; les Hérodes, élevés sur le trône par la nécessité politique, ceux du moins d’entre eux qui furent intelligens, tâchèrent de se rattacher les intérêts religieux et ne purent rien fonder. Si Hérode Agrippa Ier eût vécu plus longtemps, il eût à son tour échoué devant l’impossibilité de concilier les exigences absolues de la foi religieuse avec les conseils toujours relatifs de la saine politique. C’est la contradiction inévitable qui, à la fin, mine toutes les théocraties.
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Eh bien ! quand on applique ce principe expérimental à l’histoire de la dynastie des Hérodes, on est très tenté d’admettre que leur ambition fut de fonder un empire oriental dont le noyau eût été ce solide petit peuple qui persistait si bien à rester lui-même au milieu de la décomposition des nationalités. Hérode avait vu assez de révolutions romaines pour douter de la stabilité indéfinie du pouvoir impérial, et il n’est pas probable qu’il eût pénétré les raisons supérieures qui assuraient au contraire une très longue durée à l’œuvre de César et d’Auguste.
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Le peuple juif regrettait maintenant les Asmonéens, qui du moins étaient de sang pur et de souche glorieuse. Hérode, impatienté des difficultés qu’il rencontrait dans sa recherche de la popularité, vit un ennemi personnel dans quiconque était populaire. Quand, vers la fin de son règne, les deux fils que lui avait donnés Marianne, Alexandre et Aristobule, sur qui le peuple avait reporté l’amour qu’il portait à leur mère, furent revenus de Rome, où il avait voulu qu’ils fussent élevés, ils ne tardèrent pas à être l’objet de sa jalousie soupçonneuse.
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