“ Ces douze rois s’unirent entre eux par des mariages, et s’engagèrent à ne se point détruire, à ne point rechercher d’avantage au préjudice les uns des autres, et à entretenir toujours entre eux une étroite amitié. Le but de ce traité était de se fortifier et de se prémunir contre tout danger, parce que, dès le commencement de leur règne, un oracle leur avait prédit que celui d’entre eux qui ferait des libations dans le temple de Vulcain avec une coupe d’airain aurait l’empire de l’Égypte entière. ”
Hérode Ier d'Égypte
Définition et enjeux
Citations sur “Hérode Ier d'Égypte”
Louis-Aimé Martin, Plan d’une bibliothèque universelle
“ C’était l’Orient qui de tout son poids se précipitait sur le berceau de la civilisation occidentale ; c’étaient les nations esclaves qui voulaient absorber les nations libres et progressives, c’était le passé qui se levait menaçant contre l’avenir. Or, cette guerre où se débattait le sort du monde, Hérodote voulut en proclamer la gloire. Dans ce but, il remonte plus haut et raconte les conquêtes des Perses, la chute de l’empire des Assyriens, celle du royaume de Lydie et l’expédition terrible de Cambyse en Égypte ! ”
Michaud, Revue des Deux Mondes
“ C’est au vieil Hérodote que nous faisons toutes nos questions sur les merveilles de l’ancienne Égypte ; il nous impatiente quelquefois par ses réticences, par ses scrupules ; il y a une foule de choses qu’il sait très bien, qu’il a vues de ses propres yeux, et qu’il n’ose pas nous dire ; il se fait surtout un scrupule de parler de la religion des Égyptiens, et par respect pour les dieux, il nous cache la vérité ”
Napoléon Ier,
Campagnes d'Italie, d'Égypte et de Syrie…
(1872)
“ Les Arabes-Bédouins sont la plaie la plus grande de l'Égypte. Il ne faut pas en conclure qu'on doive les détruire; ils sont au contraire nécessaires. Sans eux, ce beau pays ne pourrait entretenir aucune communication avec la Syrie, l'Arabie, les oasis, les royaumes de Sennaar, du Dârfour, d'Abyssinie, Tripoli et le royaume de Fezzân. Sans eux, les transports du Nil à la mer Rouge, de Qeneh à Qoseyr, du Caire à Suez, seraient impossibles. ”
Cornelis Petrus Tiele, Histoire comparée des anciennes religions de l'Égypte et des peuples sémitiques… (1882)
“ La cause assignée par Hérodote à cette impopularité posthume de deux des plus grands rois de l'Egypte ne peut être acceptée dans la forme où il l'a énoncée ; car ces deux princes ne furent rien moins qu'impies. On ne saurait non plus y voir une malédiction lancée à leur mémoire, à cause des charges dont ils' accablèrent le peuple pour satisfaire leur goût de bâtir. Les Égyptiens n'étaient pas des démocrates, mettant au-dessus de tout le bien être des masses ”
“ C’est après avoir exposé toutes ces circonstances, qu’Aristide reprend Hérodote pour avoir débité, sur la foi d’un prêtre, qu’entre Éléphantine et Syène étaient situées les sources du Nil, et qu’une partie des eaux coulait vers l’Éthiopie, l’autre vers l’Égypte. « Si Hérodote, dit-il, était jamais venu à Éléphantine, comme il le prétend, il n’eût rien vu que le fleuve entre ces deux villes, toutes deux situées sur ses bords ; il n’y a aucune montagne entre Éléphantine et Syène, mais plutôt ces villes sont situées entre les deux montagnes. » ”
“ Pour moi, je ne pense pas que les Égyptiens n’ont commencé d’exister qu’avec la contrée que les Ioniens appellent Delta, mais qu’ils ont toujours existé depuis qu’il y a des hommes sur terre ; et qu’à mesure que le pays s’est agrandi par les alluvions du Nil, une partie des habitants descendit vers la basse Égypte, tandis que l’autre resta dans son ancienne demeure : aussi donnait-on autrefois le nom d’Égypte à la Thébaïde, dont la circonférence est de six mille cent vingt stades. ”
“ Dans l’antiquité la plus reculée, en Inde, en Égypte, partout, le peuple n’a pas d’histoire, et cependant il est loin d’être heureux ! — L’éternel fellah bâtit les pyramides, et reçoit des oignons pour récompense. Hérodote nous apprend qu’une loi défend à l’homme du peuple égyptien de quitter son pays, parce qu’il doit toujours se tenir à la disposition de l’État, qui peut le réclamer à tout moment, soit dans la paix, soit dans la guerre. — L’Égypte était divisée en districts autour de chaque temple — Les prêtres réglaient non seulement la vie publique des rois ”
“ Les têtes des Perses sont si tendres, qu’on peut les percer en les frappant seulement avec un caillou ; celles des Égyptiens sont au contraire si dures, qu’à peine peut-on les briser à coups de pierres. Ils m’en dirent la raison, et n’eurent pas de peine à me persuader. Les Égyptiens, me dirent-ils, commencent dès leur bas âge à se raser la tête ; leur crâne se durcit par ce moyen au soleil, et ils ne deviennent point chauves. On voit, en effet, beaucoup moins d’hommes chauves en Égypte que dans tous les autres pays. ”
“ CLXVIII. Chez les Égyptiens, les gens de guerre jouissent seuls, à l’exception des prêtres, de certaines marques de distinction. On donnait à chacun douze aroures, exemptes de toute charge et redevance. L’aroure est une pièce de terre qui contient cent coudées d’Égypte en tout sens ; et la coudée d’Égypte est égale à celle de Samos. ”
Camille Sourdille, La Durée et l'étendue du voyage d'Hérodote en Égypte… (1910)
“ Pourtant il faut considérer comme un fait que l'origine thébaine de la légende est vraisemblable. Ces femmes enlevées par des Phéniciens étaient consacrées au service d'Amon ; Hérodote savait en outre, « sur le témoignage des Égyptiens », qu'une femme, assurément une prêtresse, «couchait dans le temple de Zeus thébain », visitée parfois par le dieu (1) . Or, ailleurs, presque au début du livre II, l'historien affirme avec insistance qu'en Egypte « aucune femme n'est consacrée au service des dieux ou déesses; pour tous et toutes le sacerdoce est réservé aux hommes » (2) . ”
Alfred Maury,
L’Exposition égyptienne du Champ de Mars
“ Nous allons nous en convaincre en étudiant d’après les monumens récemment expliqués cette religion des pharaons, qui apparaissait aux Grecs entourée d’un cortège si imposant de mystères et avait chez eux un tel renom de sagesse. Hérodote, en visitant l’Égypte, fut frappé de l’excessive dévotion des habitans ; aussi nous les représente-t-il comme les plus religieux des hommes et surpassant tous les autres peuples par le culte qu’ils rendent aux dieux. ”
comte de Arthur Gobineau, Nouvelles Asiatiques
“ Hérodote raconte qu'en Égypte, autrefois, l'armée se trouvant mécontente des façons d'agir du souverain, les hommes de la caste guerrière prirent leurs armes, formèrent leurs bandes et s'en allèrent gagnant la frontière. ”
Jean-Baptiste Boyer d’Argens,
Lettres juives
“ Mais comment peut-on même ajouter foi aux contes & aux fables de ces prêtres qui assuroient & soutenoient avec opiniâtreté la vérité & la réalité de leurs dynasties, qu’ils faisoient remonter à plus de dix-sept mille ans, autre contrariété évidente à nos livres & à nos écritures ? Ce qu’il y a de certain, c’est que l’Egypte est un des pays que nous appercevons après le déluge le plutôt peuplé, & élevé à une grande puissance. Hérodote dit que dès le régne d’Amasis, un des premiers rois d’Égypte, il y avoit vingt mille villes bien peuplées, dont les habitans cultivoient les sciences. ”
Jean Antoine Letronne,
Revue des Deux Mondes
“ Y reconnaissons-nous une contrée en décadence où les arts, la religion et les institutions nationales s’éteignent étouffées par la violence et la tyrannie d’un vainqueur ? Il est clair que pendant les soixante ans qui se sont écoulés depuis le voyage d’Hérodote jusqu’en 404, époque de l’avènement des dynasties nationales, l’Égypte ne put éprouver aucun changement notable, et que les rois égyptiens la trouvèrent telle qu’Hérodote l’avait vue un demi-siècle auparavant. On doit même s’attendre à ce que le pays éprouva moins de changemens encore sous les dynasties indigènes. ”
Camille Sourdille, La Durée et l'étendue du voyage d'Hérodote en Égypte… (1910)
“ Or il était essentiel pour les Égyptiens que dans de telles circonstances la rive du fleuve ou à tout le moins le fleuve lui-même restassent libres : si les Perses y avaient atteint, ils eussent eu beau jeu à empêcher la jonction des rebelles et des Athéniens; c'est donc à l'orée du désert, en avant du Nil, au débouché de l'Egypte, c'est-à-dire tout près de Péluse, qu'Inaros s'était établi, c'est là que la bataille eut lieu,.et comme elle eut lieu, assure Hérodote, à Paprémis, la région de Paprémis c'est la région de Péluse. ”
Napoléon Ier,
Campagnes d'Italie, d'Égypte et de Syrie…
(1872)
“ On nous demande de l'argent, disaient-ils ; la somme, quoique forte, peut cependant être payée ; mais en même temps on détruit nos barrières, et l'on braque contre nous des canons. Quels sont donc les projets que nourrissent ces hommes de l'Occident ? Ils ont réuni les principaux de l'Egypte sous prétexte d'un divan, mais ne sont-ce pas des otages qu'ils ont voulu mettre sous leur main, pour pouvoir tout d'un coup détruire tout ce que l'Égypte a de grand et de capable de servir de ralliement au peuple? ”
“ Si quelqu’un en touche un, ne fût-ce qu’en passant, aussitôt il va se plonger dans la rivière avec ses habits : aussi ceux qui gardent les pourceaux, quoique Égyptiens de naissance, sont-ils les seuls qui ne puissent entrer dans aucun temple d’Égypte. Personne ne veut leur donner ses filles en mariage, ni épouser les leurs : ils se marient entre eux. ”
Louis Reybaud,
La Syrie, l'Égypte, la Palestine et la Judée…
(1839)
“ L'Égypte le comprit trop tard. Occupés d'arts et d'industrie, les pharaons laissèrent s'éteindre les instincts conquérans des siècles précédens, sans s'apercevoir qu'un monde nouveau, plus remuant et plus formidable que l'ancien, se formait de tous côtés autour d'eux. Quelques campagnes des pharaons Chekon Ier et Osortlon Ier, maintinrent bien encore dans le respect les provinces de l'Asie occidentale ; mais c'était là une dernière lueur d'un foyer qui allait mourir. Le temps était venu où tout le monde pouvait songer à la conquête de l'Égypte. ”
Jean Antoine Letronne,
Revue des Deux Mondes
“ Rien, dans le récit de l’historien, ne fait présumer qu’il y eût alors en Égypte le moindre changement. Les affaires civiles et religieuses y suivaient leur cours ordinaire ; l’agriculture, l’industrie, le commerce, y étaient encore florissans. On peut dire même que, dans le second livre d’Hérodote, l’antique Égypte se montre tout entière. Non-seulement soixante ans après la conquête des Perses, la religion était restée intacte, mais encore les institutions civiles qui paraissent le plus intimement liées à la nature de l’ancien gouvernement n’avaient souffert aucune altération sensible ”
Émile Dujon, Problèmes de mythologie & d'histoire (1887)
“ Nulle société, soit l'Inde, la Chine ou la Chaldée, ne présente, on le sait, des annales d'une antiquité aussi reculée que l'Egypte. Les archéologues dans leurs calculs les plus modérés ne peuvent lui attribuer moins de six mille ans avant notre ère. Or les prêtres égyptiens apprirent à Hérodote (1) et à Diodore (2) que le genre humain avait commencé par les Égyptiens et que la terre avait été peuplée par leurs colonies. ”
Dominique Mallet, Les premiers établissements des Grecs en Égypte… (1893)
“ On peut se rendre compte de ce qu'ils apprenaient ainsi, quand on voit ce qu'un homme aussi avisé et aussi instruit qu'Hérodote recueillait sur l histoire d' Égypte, près de deux siècles après la fondation de Naucratis. Toutefois, il faut le dire, Hérodote n'est point dupe de tous les mensonges qu'on lui prodigue ; c'est un esprit cultivé et plein de sens, et à chaque instant il exprime des doutes. « Que celui qui trouve croyables les récits des Égyptiens, en fasse, dit-il, son profit. Pour moi, dans tout le cours de mon ouvrage, je m'attache à rapporter ce que j'ai ouï dire de chacun 1. » ”
Legrand, La Terre des Pharaons, tableau de l'ancienne Égypte… (1888)
“ Aussi Strabon portait-il plus qu'au double du nombre donné par Hérodote, celui des soldats sous les rois dont on voit encore les tombeaux à Thèbes. L'Egypte, longtemps entourée de populations barbares, dut posséder sur toutes ses frontières des forces capables de les faire respecter. Elle faisait garder sa frontière d'Ethiopie par des troupes réunies à Eléphantine, celles d'Arabie par les garnisons de Daphné, qui défendaient l'Egypte contre les Arabes et les Syriens, et celles de la Libye des Grecs par les forces réunies à Maréa. ”
Camille Sourdille, La Durée et l'étendue du voyage d'Hérodote en Égypte… (1910)
“ Il est évident par là que les deux données ont des origines différentes. La première, la plus générale, appartient au premier de ces chapitres où Hérodote, déclarant qu'il va parler de l'Egypte avec une ampleur particulière, accumule les traits qui, d'après lui, distinguent les Égyptiens de la plupart des autres peuples (4) . On y sent l'étonnement du voyageur qui arrive en un pays nouveau : en notant ses premières impressions, il prête à tout ce qu'il découvre ou entend dire une généralité excessive (5) . ”
Olympe Audouard,
Les mystères de l'Égypte dévoilés…
(1866)
“ Oui, si la Providence envoyait enfin à ce pauvre peuple opprimé, martyrisé, un vice-roi intelligent, éclairé, juste et bon, et n'étant point rapace comme celui-ci, il faudrait que la Porte donnât à son fils la succession directe. Sans cela, cette province, passant de main en main, sera toujours dans une position précaire. Quel beau royaume pourrait faire de l'Egypte un prince éclairé et bon!. Son sol est si fertile, et si facilement on pourrait augmenter d'un tiers les terrains cultivés, prendre sur le désert, qui avec l'eau du Nil cesse de l'être!. ”
Henry de Vaujany, Histoire de l'Égypte, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours… (1885)
“ Thèbes florissait au détriment de Memphis ; de nouvelles dynasties de pharaons occupèrent les trônes de la Haute et de la Basse Egypte, et la nouvelle métropole devint bientôt la « reine du monde » suivant l'expression des textes antiques. Tous les peuples d'alors regardèrent justement l'Egypte comme le centre de la civilisation et tremblèrent devant ses forces redoutables. ”
Jules Soury,
Luther, Histoire de sa préparation exégétique
(1877)
“ Ce n'est pas le lieu de rechercher quelle a pu être l'action directe de l'Egypte sur les peuples de la vallée du Tigre et de l'Euphrate, et partant, d'une manière indirecte, sur la civilisation de l'Asie Mineure, pendant les cinq siècles, du dixseptième au douzième, qu'a duré la domination des Pharaons en Mésopotamie. Si, dès la XXe dynastie, l'autorité des rois d'Egypte n'y fut plus guère que nominale, surtout à Babylone, il n'en fut pas ainsi de ceux de la XVIIIe et de la XIXe dynastie. ”
Dominique Mallet, Les premiers établissements des Grecs en Égypte… (1893)
“ La nécessité de se défendre contre les Asiatiques (Assyriens, Babyloniens, Perses) obligea l'Egypte à concentrer peu à peu ses forces vers le Nord, d'autant plus que l'Ethiopie, définitivement séparée, se renfermait désormais dans son isolement. Ainsi s'expliquent et l'espèce d'illusion qui a pu tromper les Grecs et l'exagération manifeste des chiffres que fournit Hérodote : 160,000 hommes pour les Hermotybies, 250,000 pour les Calasiries. ”
Charles Rollin,
Histoire des Carthaginois
“ PSAMMITIQUE. Ce prince, qui devait son salut aux Ioniens et aux Cariens, les établit dans l'Égypte, fermée jusqu'alors aux étrangers, et leur y assigna des bons fonds de terre et des revenus assurés, qui leur firent oublier leur patrie. Il leur donna de jeunes enfants 122 égyptiens à élever, à qui ils apprirent leur langue. A cette occasion et par ce moyen, les Égyptiens entrèrent en commerce avec les Grecs; et depuis ce temps aussi l'histoire d'Égypte, jusque-là mêlée de fables pompeuses par l'artifice des prêtres, commence, selon Hérodote, à avoir plus de certitude. ”
C.-F. Volney,
Recherches nouvelles sur l'histoire ancienne…
“ L’on voit que dans cette anecdote des rois pasteurs, l’Égypte nous est représentée dans l’état de faiblesse et d’inexpérience dont Hérodote parle, comme ayant précédé les temps où des rois égyptiens se rendirent célèbres par de grands ouvrages et par des guerres étrangères.—Par conséquent Mœris n’avait point encore creusé son immense lac ”
Dominique Mallet, Les premiers établissements des Grecs en Égypte… (1893)
“ Les Grecs ont tracé de l'histoire d'Egypte pendant cette période un tableau qui s'accorde assez mal avec la réalité des faits. Selon Hérodote, « les Égyptiens, devenus libres après le règne du prêtre d'Héphaistos (Séthon) , divisèrent le royaume en douze parts et instituèrent douze rois ». Ceux-ci « s'allièrent entre eux par des mariages et régnèrent en observant ces conditions : ne se rien prendre les uns aux autres ; ne point chercher à posséder l'un plus que l'autre ; rester, autant que possible, unis. » ”
