Alexis de Tocqueville

Résumé

Alexis de Tocqueville Souvenirs

Vive l’Assemblée nationale ; les représentants : Vive la garde nationale et vive la république !
À peine la salle était-elle reprise que le général Courtais, premier auteur de nos périls, eut l’incomparable impudence de s’y présenter ; les gardes nationaux l’accueillent avec des cris de fureur ; on le saisit, on le traîne au pied de la tribune, je le vis passer devant moi, pâle comme un mourant au milieu d’épées flamboyantes : je crus qu’on allait l’égorger et je m’écriai de toutes mes forces : « Arrachez-lui ses épaulettes, mais ne le tuez pas ! »
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Alexis de Tocqueville Souvenirs

Cet incident effrayant suspendit un instant le tumulte et j’entendis pour la première fois alors, dans le lointain, le bruit des tambours qui battaient le rappel dans Paris. La foule l’entendit comme moi et elle poussa un long cri de colère et de terreur. « Pourquoi bat-on le rappel ? s’écrie Barbès hors de lui et se faisant de nouveau jour à la tribune, qui bat le rappel ? Que ceux qui font battre le rappel soient mis hors la loi ! » Des cris : « On nous trahit, aux armes ! À l’Hôtel de Ville ! » s’élèvent du peuple.
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Alexis de Tocqueville Souvenirs

Leur gouvernement avait été plutôt exclusif qu’oppresseur, corrupteur, mais non pas violent, il était plus méprisé que haï ; la classe moyenne d’ailleurs ne forme jamais, au sein de la nation, un corps compact et une partie bien distincte dans le tout ; elle participe toujours un peu de toutes les autres, et se confond en quelques endroits avec celles-ci. Ce manque d’homogénéité et de limites précises rend le gouvernement de la bourgeoisie faible et incertain, mais il la rend elle-même insaisissable et comme invisible à ceux qui veulent la frapper quand elle ne gouverne plus.
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