André Theuriet,
Les enchantements de la forêt
(1889)
“ Toutefois, ému de compassion pour notre camarade du cerisier, je lui criai de toutes mes forces : - Césarin, voici le garde ! Et, levant le pied, je rejoignis Bigeard, qui filait comme un dératé à travers la plaine. Pendant un bon quart d'heure, nous trottâmes droit devant nous. Les champs de blé ou d'avoine, les longs carrés de trèfle incarnat, les jachères enchevêtrées de ronces, les hautes fougères qui nous montaient jusqu'à mi-corps, rien ne nous arrêtait. Enfin, haletants, tout en nage et n'ayant plus de jambes, nous nous rasâmes derrière un buisson pour reprendre haleine. ”
