Eugène Gaillet

Résumé

Eugène Gaillet La vie de Marie Pigeonnier (1884)

Marie Pigeonnier est une ratée et une impuissante ; elle en a conscience, c’est ce qui fait sa force et explique la haine dont elle poursuit les arrivés et les applaudis.
Elle a tant de fiel que le jour où elle ne pourrait plus le cracher, elle en crèverait.
N’est-il pas naturel qu’elle tienne à la vie ; il ne faut donc pas s’étonner que pour la conserver, elle vomisse le poison qui la tuerait.
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Eugène Gaillet La vie de Marie Pigeonnier (1884)

La fin d’un chameau Le chameau vieilli, sans souffle, traîne péniblement ses misérables jours sur le sable dévorant du désert ; il y meurt, et bientôt sa carcasse paraît dans le lointain comme un buisson desséché.
Marie Pigeonnier a déjà un pied dans le sable.
Nous la retrouverons quelque soir de carnaval, offrant au coin d’une rue bien noire des baisers puants aux avinés de barrières ; elle mourra sous un banc, la tête sur un tas d’ordures, dans ses guenilles affreuses ; on ramassera son corps infect, on le jettera dans un tombereau pour le porter à la Morgue.
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Eugène Gaillet La vie de Marie Pigeonnier (1884)

Gustave était le point de mire de tous les assistants, et son nom courait sur toutes les lèvres.
Son allure fière, sans morgue, lui conciliait toutes les sympathies.
Il gagna plus d’un cœur à la cause française.
Aussi quand on sut qu’il irait après le concert chez la Pigeonnier, toutes les dames décidèrent, puisque ce devait être une soirée ouverte, qu’elles y danseraient.
La seule chose qui gâtât un peu la joie de Marie Pigeonnier, c’était de n’avoir pas là ses bonnes camarades ; quel aplatissement pour elles que ce triomphe.
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