Résumé

Figures de Paris : ceux qu'on rencontre et celles qu'on frôle (1901)

Au rythme lourd de ses pas sonnant dans l'escalier, des cœurs s'affolent; des souffles se précipitent; des convoitises halettent; un rêve se déprave en sensation, et vit.
Lui, pourtant, pauvre Espoir en uniforme, Espoir matriculé, suit son chemin de devoir et de misère. Le poids bénin des
lettres qu'il apporte le courbe chaque jour un peu plus vers la terre. C'est l'été : le soleil, oppressivement épanché, fait des sourires sur la boîte vernie du facteur et darde sur sa nuque en sueur les splendeurs d'une chaleur méchante.
Source : Gallica

Figures de Paris : ceux qu'on rencontre et celles qu'on frôle (1901)

Ah! ce n'est plus du linge d'ouvriers ici! Et ces fauxcols, ces chemises à plis, que portent les beaux jeunes gens, la laissent rêveuse. Il est bien loin maintenant le lavoir enfumé, sordide, où jamais le soleil ne pénétrait. La petite devient coquette, arrange ses cheveux avec recherche, porte un ruban au cou, arrondit le bras pour manier le fer qu'au préalable elle approcha de sa joue pour en mesurer la chaleur. A contempler tout le temps ces dessous d'hommes et de femmes mélangés, dans une promiscuité vicieuse, son œil s'éveille, cherche, devine.
Source : Gallica

Figures de Paris : ceux qu'on rencontre et celles qu'on frôle (1901)

Il règne en effet dans ce café de jeunes gens un vice ingénu qui répugne aux manoeuvres haineuses de ces michettes en puissance d'un maître. Si la dernière grisette n'est pas morte, soyez sûr qu'on la retrouvera au d'Harcourt. C'est le refuge des petites ouvrières que la misère, l'amour, le goût du plaisir ont enlevées à leur atelier ou à leurs parents, comme aussi la maison préférée des simples et franches paysannes qui sont venues à Paris cacher une faute ou tenter la fortune.
Source : Gallica

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