Gustave Ramon

Résumé

Gustave Ramon L'invasion en Picardie (1871-1873)

A quatre heures du soir, les Français avaient à peu près évacué Albert : sur les hauteurs de la route d'Amiens, le soleil se couchait alors derrière une longue bande sombre, d'où jaillissaient des reflets de cuivre et d'acier : c'étaient les Prussiens. Sur la place, les uhlans, qui précédaient le gros de l'armée, avaient déjà mis pied-à-terre et déposé en lieu sûr un officier de mobilisés qui s'était laissé, de fort bonne grâce, emmener par eux.
L'ennemi entrait en ville dans les plus farouches dispositions : presque partout les habitants sont malmenés, insultés et battus.
Source : Gallica

Gustave Ramon L'invasion en Picardie (1871-1873)

Le 28 novembre, veille du combat de Champigny, le bataillon tout entier, debout à deux heures du matin, se dirige silencieusement vers l'ouest du village. On fait halte dans la boue au milieu d'une plaine, près d'une maison isolée, sur la route du Port-à-PAnglais. Les hommes grelottent, et cherchent en vain à s'orienter. Vers quatre heures, un long éclair brille sur nos derrières : c'est le fort d'Ivry qui vomit sur Choisy-le-Roi ses premiers obus, et va livrer aux flammes cette charmante bourgade. De temps à autre, une immense lueur vient inonder la campagne d'alentour.
Source : Gallica

Gustave Ramon L'invasion en Picardie (1871-1873)

En passant sous la porte de Bretagne, les moins exténués jettent un regard furtif sur les fortifications, où nulle trace de boulet ne se découvre. Dans l'intérieur de la ville, un tableau navrant s'offre à nos yeux : la grand'place n'est plus qu'un monceau de ruines. Les Prussiens, selon leur système plein d'humanité, ont, contrairement aux lois de la guerre, brûlé la ville impitoyablement, sans effleurer les fortifications. L'hospice même, malgré les drapeaux d'ambulance, n'a pu trouver grâce : il n'en reste plus que quelques ruines encore fumantes.
Source : Gallica

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