Résumé

J.-H. Magne L’Hippophagie du siège et l’agriculture

On avait, vu, écrivait-il, dans l’emploi alimentaire de la viande de cheval un fait exceptionnel et anormal propre à un petit nombre de peuples. N’ai-je pas le droit de dire qu’il faut aujourd’hui renverser les termes de cette proposition ? L’exception, c’est tout au contraire ce qui a lieu parmi nous ; c’est le délaissement, l’abandon à des usages secondaires d’une chair que tous ceux qui en ont essayé déclarent saine et de bon goût. L’anomalie, c’est la condition, à ce point de vue, des nations les plus civilisées de l’Europe centrale et occidentale.
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J.-H. Magne L’Hippophagie du siège et l’agriculture

Pourquoi le cheval n’irait il pas prendre la graisse qui le rendrait propre à nous nourrir dans les herbages où il a pu acquérir la force qui l’a rendu capable de nous servir ? Mais passons à des conséquences moins hypothétiques. Avec le progrès de l’hippophagie, nous verrions augmenter le nombre de chevaux dans la plupart de nos provinces, au grand profit, non-seulement des éleveurs qui en produisent et qui ont de la peine à trouver des bœufs maigres pour consommer leurs herbages, mais aussi du commerce et de l’industrie, et, pouvons-nous dire, des amateurs.
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J.-H. Magne L’Hippophagie du siège et l’agriculture

Au point de vue de l’intérêt général, surtout quand on considère ce que l’on appelle avec tant de raison le premier des arts, l’agriculture, le cheval est inférieur au bœuf. Il n’a qu’une utilité, il n’est qu’auxiliaire, tandis que le bœuf est auxiliaire et alimentaire ; mais il lui deviendrait incontestablement supérieur, même pour les travaux des champs, s’il entrait dans le commerce de la boucherie.
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