Résumé

Portrait de Joseph Decaisne Joseph Decaisne Histoire de la maladie des pommes de terre en 1845

Ils naissent de préférence sur les corps en décomposition. Leur forme nécessite l’espace pour se développer, et quand on en a observé quelques-uns, il est impossible de comprendre leur développement sur un tubercule enfoui dans la terre qui non-seulement le recouvre, mais l’enveloppe tellement encore qu’on a souvent de la peine à l’en séparer. L’espace manquant donc au botrytis, il ne peut se développer complètement, et s’il existe dans la pomme de terre enfouie, on ne doit le trouver qu’à l’état de filaments stériles, c’est-à-dire de mycélium.
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Depuis le mois d’août, la maladie des pommes de terre tient en éveil l’attention publique : on se croit menacé d’une disette, on s’alarme pour la santé des classes laborieuses auxquelles ce tubercule sert de principal aliment ; on craint pour les récoltes prochaines ; quelques esprits vont plus loin et présagent dans un avenir très rapproché la destruction d’un végétal sur lequel repose en partie la prospérité de notre agriculture.
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On a fait, à mon avis, jouer un rôle trop exclusif à l’humidité. Quoique les pluies aient été abondantes, la quantité d’eau tombée chez moi a été comparativement faible ; elle n’a pas suffi à détremper la terre à une profondeur suffisante. En effet, à l’époque de la plus grande violence du mal, la terre n’était humectée que jusqu’à 2 décimètres. Les premiers jours de mai avaient été si arides que la terre était desséchée à une profondeur considérable ; et, depuis cette époque, les alternatives d’un soleil brûlant et de pluie ont, pour ainsi dire, laissé au sol ce même état de sécheresse.
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