M. Alfred Erny

Résumé

M. Alfred Erny Le Tour du monde

On se pousse, on s’embrasse, on se parle avec volubilité. Une confusion bruyante règne sur le pont, et près d’une heure s’écoule avant que l’on puisse quitter le navire. Pendant ce temps on a le loisir de regarder tout à son aise devant soi, dans une vallée encadrée par le Pouce, Pieter-Boot et la montagne des Signaux, la ville du Port-Louis s’étageant en amphithéâtre sur un espace de trois quarts de lieue, tout émaillé de jolies maisons entourées de cocotiers et de bananiers, et d’élégantes villas au milieu de tapis d’une verdure dont la nuance ne ressemble point à celle d’Europe.
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M. Alfred Erny Le Tour du monde

L’aspect de la rivière est ce que j’ai vu de plus sauvage à Maurice, et le long de son cours s’étalent dans toute leur vigueur les productions indigènes de l’île. Des arbres aux troncs énormes croisent leurs branches d’une rive à l’autre, tandis que de belles lianes, s’enlaçant et s’étreignant dans tous les sens, se ramifient au hasard et produisent des groupes d’un effet charmant ; tantôt elles partent de la base des arbres et circulent en spirale autour du tronc comme d’énormes serpents, tantôt elles tombent des branches en courbes gracieuses, s’insinuent en terre et prennent racine.
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M. Alfred Erny Le Tour du monde

Au centre de champs de cannes plus ou moins étendus s’élève l’usine, grand bâtiment à arcades, recouvert d’un toit en fer-blanc peint, et tout auprès, la jolie maison de bois entourée de verdure, où le planteur vit indépendant avec sa femme et ses enfants. Plus loin, deux ou trois rangées de cases en terre, recouvertes de paille, forment ce qu’on appelle le Camp : c’est là que réside la nombreuse population d’Indiens au service du planteur. L’Indien est sale et paresseux ; il cherche tous les prétextes possibles pour ne pas aller aux champs et se dit souvent malade pour rester dans sa case.
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