Résumé

M. Ilʹin Noir sur blanc : histoire des livres (1935)

Un grand livre, bien écrit et finement relié n'était pas l'œuvre d'un seul homme, mais de six ou de sept artisans. L'un taillait le cuir à l'état brut, l'autre le polissait avec la pierre ponce, un troisième écrivait le texte, un quatrième faisait les lettres enluminées, un cinquième dessinait les miniatures, un sixième parcourait le livre pour corriger les erreurs et un septième le reliait.
Mais il arrivait parfois qu'un seul moine prenait la peau d'un veau et sans l'aide d'aucune autre personne la changeait en un beau volume splendidement écrit et enluminé.
Source : Gallica

M. Ilʹin Noir sur blanc : histoire des livres (1935)

Elles passaient de la pierre au papyrus, du papyrus aux tablettes de cire, de la cire au parchemin et du parchemin au papier.
De même qu'un arbre qui pousse dans un terrain sablonneux se développe d'une façon différente que s'il poussait dans un terrain marécageux ou argileux, de même les lettres en passant d'une matière à l'autre, changèrent d'aspect. Sur la pierre elles étaient rigides et droites, sur le papyrus elles s'arrondissaient, sur la cire elles se penchaient comme des virgules, sur l'argile elles prenaient la forme de coins, de petites étoiles et d'angles.
Source : Gallica

M. Ilʹin Noir sur blanc : histoire des livres (1935)

Il fallait au moins un an pour copier un livre de cinq cents pages.
Le moine a le dos courbaturé à force de se pencher sur son travail, ses yeux pleurent de fatigue. Mais le brave homme ne s'épargne pas, car lorsqu'il écrit, saint Sébastien le regarde du haut des cieux et compte le nombre de lettres que le moine a décorées de sa plume de jonc et combien de lignes et de sillons il a tracés sur la page. Chaque nouvelle lettre représente un péché en plus de pardonné. Et l'humble moine Undoginus a beaucoup de péchés à son compte!
Source : Gallica

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