Résumé

Portrait de Maxime Du Camp Maxime Du Camp Paris, ses organes, ses fonctions et sa vie dans la seconde moitié du XIXe siècle

Les efforts ont été vains, les tentalives sont demeurées stériles ; entraîné par le poids de ses mœurs, Paris est toujours retombé à ce niveau d’insouciance où il se complaît.
Malgré cette faiblesse congénitale qui si souvent l’a fait osciller et a ralenti l’essor de sa fortune, Paris est orgueilleux ; il est fier de ses richesses, de ses élégances et de ce bruissement d’idées qui plane au-dessus de lui. Comment en serait-il autrement ? Nulle ville n’a été plus adulée, et il n’y a qu’à écouter ce que les étrangers en disent pour excuser ce qu’elle pense d’elle-même.
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Nous n’en sommes plus là : quoiqu’il y ait encore plus d’un malfaiteur à Paris, nous pouvons nous promener la nuit sans fusil sur l’épaule. Nos boulevards, nos quais, nos rues, nos ruelles, — encore trop nombreuses, — s’illuminent presque instantanément dès que le crépuscule s’assombrit. Les mille constellations qui brillent au sommet de nos candélabres ne valent pas la lumière du soleil, que Dubartas appelait « le grand-duc des chandelles », mais elles projettent du moins des lueurs rassurantes et donnent à la ville une sécurité que les temps anciens n’ont point connue.
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Mais, lorsqu’il n’a pas fait son œuvre, le cimetière apparaît dans sa laideur et dans son insupportable vanité. La partie nouvelle du Père-Lachaise, où les tombes emphatiques affectent toutes sortes de formes prétentieuses et stériles, ressemble à une ville improvisée dont les habitants ne sont point encore arrivés. C’est déplaisant à voir. Il n’y a là que des pierres blanches que des ouvriers sculptent en sifflotant ; tout est neuf, les monuments, les épitaphes, les grilles, les couronnes, les noms même que nul n’a entendu prononcer ; on dirait les petits palais d’un peuple de parvenus.
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