Résumé

Paul Albert La prose : études sur les chefs-d'oeuvre des prosateurs de tous les temps et de tous les pays… (1874)

Tant que les hommes seront sensibles à l'éloquence, cette noble puissance du génie qui tient en respect les brutalités de la force, on lira, on admirera les oeuvres de Cicéron. Il n'est guère possible à l'art d'aller plus loin ; peut-être même est-il trop sensible; peut-être l'orateur, ayant à son service tant d'idées, une telle abondance de mots, s'est-il souvent laissé comme enivrer par cette opulence : c'est un prodigue qui jette sans souci de l'avenir les richesses qu'il tient en sa main. C'est par là qu'il peut paraître inférieur à Démosthène.
Source : Gallica

Paul Albert La prose : études sur les chefs-d'oeuvre des prosateurs de tous les temps et de tous les pays… (1874)

Là, elle trouve un théâtre digne d'elle, un grand rôle à jouer, des récompenses glorieuses, des triomphes enivrants, de nobles périls, tout ce qui stimule et passionne une âme généreuse. Aussi eut-elle autrefois sa véritable patrie à Athènes et à Rome; et de nos jours elle n'existe que chez les peuples qui sont eux-mêmes les arbitres de leur destinée. Par une conséquence toute naturelle, nous verrons l'éloquence languir, dépérir, se transformer en vague déclamation, du jour où la liberté politique, se retirant, ne laisse après elle que le vide, le silence et l'immobilité.
Source : Gallica

Paul Albert La prose : études sur les chefs-d'oeuvre des prosateurs de tous les temps et de tous les pays… (1874)

Parmi les docteurs de l'Église, celui qui le premier s'éleva contre le théâtre tel qu'il était alors, c'est-à-dire la chose la plus abominable du monde, c'est Tertullien. Homme d'ardente imagination, Africain que le soleil de son pays échauffait, qui ne sentait et ne concevait rien de calme et de mesuré, que les subtilités captieuses des doctrines nouvelles séduisaient, et qu'à la fin elles entraînèrent dans l'erreur, Tertullien, quand il saisit une question morale d'une clarté évidente, s'abandonne à toute la fougue d'une éloquence étrange parfois, mais d'une force souveraine.
Source : Gallica

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