Résumé

Pierre Canteloube Faculté de droit de Bordeaux. De la "manus"… (1884)

Le mariage est à la fois une société de personnes et une société de biens ; or, toute société a besoin d'un bras qui la dirige ; c'est là un fait acquis, incontestable. Auquel des deux époux confier le souci de cette direction? Fallait-il pour chaque cas abandonner la chose au caprice des évènements et des caractères?
Sans doute, après quelques mois de vie commune, il arrive presque toujours que l'un des conjoints, ordinairement le mari, quelquefois la femme, acquiert sur l'autre un certain ascendant, et s'empare de la haute main dans la gestion des intérêts du ménage.
Source : Gallica

Pierre Canteloube Faculté de droit de Bordeaux. De la "manus"… (1884)

L'assimilation, peut-être exacte au point de vue économique, heurterait manifestement en notre matière l'esprit de la loi ; les gains que procure à la femme l'exercice d'une aptitude commerciale ou artistique, n'ont pas le caractère permanent, continu de véritables fruits. En vain dirait-on que la femme doit au ménage son travail, son industrie, que les produits de ce travail reviennent par suite au mari, chef du ménage. La femme doit au ménage ses soins de « ménagère », de mère et d'épouse, mais point du tout les labeurs et les fatigues d'une profession quelconque.
Source : Gallica

Pierre Canteloube Faculté de droit de Bordeaux. De la "manus"… (1884)

Pour ces divers motifs, il nous semble que les gains de la femme négociante méritent d'être considérés, non comme les fruits d'un capital ordinaire, mais comme de véritables capitaux, dont le mari a seulement la jouissance, et dont il doit la restitution à la femme ou à ses héritiers. Par là s'évanouit l'unique fondement du système que nous combattons. Ainsi donc, le créancier d'une femme non commune n'a jamais pour gage que les biens de sa débitrice ; et seulement leur nue propriété, jusqu'à la dissolution du mariage, ou du moins jusqu'à la séparation de biens.
Source : Gallica

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