Résumé

Portrait de Tristan Bernard Tristan Bernard Contes de Pantruche et d’ailleurs

À table, à mesure qu’approchait l’instant fatal où il allait arracher son faux nez et sa fausse barbe, Arabin se sentait de plus en plus ému. Son émotion augmenta encore quand Cerneaux lui raconta les détails de sa mort, au bar : une congestion rapide après une ingestion d’un certain nombre de cocktails.
Arabin reculait toujours l’instant du coup de théâtre. Cerneaux et Louffeuil avaient bu sec. Ils étaient complètement partis.
— Et, si on vous disait qu’Arabin n’est pas mort, qu’il était en léthargie et qu’il est sorti de sa tombe... dit-il tout à coup d’une voix étranglée.
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Notre oncle Guêpier, par un mot rapide, nous annonçait son arrivée et nous priait de venir le voir, au plus tôt, dans un appartement meublé qu’il occupait provisoirement rue d’Amsterdam.
Nous nous décidâmes à y aller tous les trois, et nous laissâmes fermé pour un jour le Comptoir de la navigation lacustre. « C’est justement parce que nous serons sortis qu’il viendra du monde aujourd’hui, » disait mon frère Adrien. Personne d’ailleurs ne vint non plus ce jour-là.
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Pierre Arabin n’avait pas sa clef. On ne pense pas à enterrer les morts avec leur clef.
Il manquait aussi d’argent. Il avait seulement au doigt une bague avec un petit brillant. Il résolut d’aller la vendre. Il remonta dans son vieux fiacre, grommelant, et se fit conduire rue de la Paix. Il eut peine à trouver une boutique ouverte. Un bijoutier le regarda avec de petits yeux et lui dit cette phrase textuelle : « Ce n’est pas dans mes habitudes de faire des affaires avec des personnes sans chapeau. »
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