Tristan Bernard,
Contes de Pantruche et d’ailleurs
“ À table, à mesure qu’approchait l’instant fatal où il allait arracher son faux nez et sa fausse barbe, Arabin se sentait de plus en plus ému. Son émotion augmenta encore quand Cerneaux lui raconta les détails de sa mort, au bar : une congestion rapide après une ingestion d’un certain nombre de cocktails. Arabin reculait toujours l’instant du coup de théâtre. Cerneaux et Louffeuil avaient bu sec. Ils étaient complètement partis. — Et, si on vous disait qu’Arabin n’est pas mort, qu’il était en léthargie et qu’il est sorti de sa tombe... dit-il tout à coup d’une voix étranglée. ”
