“ Or, quand nous agissons en vue de notre estomac ou des plaisirs de la chair, sans réflexion et sans soins, de qui nous rapprochons-nous ? Des bestiaux. Qui détruisons-nous en nous-mêmes ? L’être raisonnable. Quand nous agissons avec entêtement, avec méchanceté, avec colère, avec violence, de qui nous rapprochons-nous ? ”
Citations sur “gastralgique”
Honoré Gabriel Riqueti de Mirabeau,
Erotika Biblion
(1783)
“ La bizarrerie, la satiété, le libertinage, l’habitude, des motifs particuliers, une philosophie affectée ou téméraire, la pauvreté, la cupidité, la jalousie, la superstition, concoururent à cette révolution singulière ; la superstition, dis-je, car les opérations les plus avilissantes, les plus ridicules, les plus cruelles, ont été imaginées par des fanatiques atrabilaires, qui dictent des lois tristes, sombres, injustes, où la privation fait la vertu, et la mutilation le mérite. ”
Sophie Gay,
Physiologie du ridicule
(1833)
“ La haine et l’envie, ces deux monstres acharnés au mérite, aux talents, s’apaisent à la seule vue d’un ridicule. Voulez-vous paraître étrange ? Faites le bien à votre goût, n’imitez personne. Quoi de plus heureux que deux amants qui s’admirent, qui s’adorent tout haut ! eh bien, que sont-ils ?... Le ridicule est l’enseigne du talent, le cachet du génie : Pascal avait peur du diable. ”
George Sand,
Correspondance 1812-1876
“ Vous verrez combien de mouvements de vanité misérable, d'orgueil rude et fou, d'injuste égoïsme, de lâche envie, de stupide présomption, sont inhérents à notre abjecte nature! combien les bonnes inspirations sont rares! comme les mauvaises sont rapides et habituelles! C'est cette habitude qui nous empêche de les apercevoir, et, pour ne pas nous y être livrés, nous croyons ne les avoir pas ressentis. Demandez-vous ensuite d'où vous vient le pouvoir de les réprimer; pouvoir qui vous est devenu une habitude et dont le combat n'est plus sensible que dans les grandes occasions. ”
“ Un complot contre notre amour, un complot contre notre bonheur. Ah! quel est l'infâme?...Il s'était levé de nouveau. Il allait et venait, dans la petite salle à manger de son ami, avec une agitation qui tenait de la folie. ”
Georges Docquois,
Le Poème sans nom
“ Te montrant de mon goût toute la violence, Tu pesas mon plaisir sur ta fausse balance, Et tu me dis : « On ne se lasse pas de moi ! » De la sorte, je sus ta magnifique foi Dans toi-même et comment dehors elle s’élance. ”
Sophie Gay,
Le Mari confident
(1849)
“ Ces différentes agitations, comme toutes celles des gens du monde, prétendaient au mystère, et chacune des personnes qui en étaient atteintes ne pensait qu’à les dissimuler en s’appliquant à remplir ses devoirs de société, et même à prendre sa part accoutumée des plaisirs dont elle s’était fait des habitudes. ”
Edmond Gazaly, Les solutions (1871)
“ Quand un ambitieux vulgaire, tourné en ridicule par ses concitoyens, conspué, affamé, impuissant, tend son long nez et ses crocs et flaire le vent de la fortune, de quel côté se dirigent son appétit famélique et son infaillible instinct? ”
Romain Rolland,
Clerambault
(1920)
“ Les gens de l’arrière le révoltaient par l’étalage de leurs petites préoccupations, de leurs affaires, de leurs plaisirs, des restrictions à leurs plaisirs, de leur égoïsme, de leur ignorance et de leur incompréhension. ”
Paul Chételat, Etude sur Du Guet, suivie d'une correspondance inédite avec la duchesse d'Epernon… (1877)
“ Il y a de fines remarques, des observations dues au goût le plus sûr et à la plus profonde expérience, sur l'ingratitude, et sur cette jalousie secrète qui nous fait voir d'un œil irrité les personnes plus parfaites que nous. ”
Herbert George Wells,
Pages choisies
(1896)
“ Des appétits, des instincts, des désirs qui nuisent à l’humanité, un étrange réservoir caché qui éclate soudain et inonde l’individualité tout entière de la créature : de colère, de haine ou de crainte. ”
Saint-Marc Girardin,
La Fontaine et les fabulistes. Tome 2
(1867)
“ De là tant de confessions ou de confidences faites au public, qui ne les demandait pas; de là tant d'humoristes qui n'en avaient pas l'étoffe. Qui sommes-nous, en effet, hommes médiocres et vulgaires presque tous, qui sommes-nous pour entretenir le public des accidents de notre vie, ou, ce qui est encore plus impertinent, des accidents de notre pensée? Qu'a votre moi de plus que le mien pour se dépeindre et pour se raconter devant le monde? ”
Delphine de Girardin,
Œuvres complètes de Delphine de Girardin
“ Le monde ne me vaut rien à moi, j’ai la tête trop faible ; le monde me grise... Ce bruit de commérage, ces flatteries, cet empressement dont on est l’objet, ces femmes qui vous regardent, qui vous dévisagent... ”
Arnould Frémy, Journal d'une jeune fille (1853)
“ A présent je sens que je suis du nombre de ces lâches... Oui, je me plains et j'accuse à mon tour et tout haut, et la destinée, et les hommes, et le monde tout entier. Oui, il y a dans la vie des maux trop grands, de trop longues injustices, qui sont comme un défi jeté à toutes les facultés de notre être. ”
Delphine de Girardin,
Œuvres complètes de Delphine de Girardin
“ Le faux bon sens, cette idole des cœurs égoïstes, des natures froides et pauvres, cette raison de convention qui refait, pour l’agrément de la société, des caractères négatifs à son image, qui supprime l’enthousiasme de la pensée, le feu du cœur, le sang des veines ; qui se vante de ne point connaître les passions et qui se mêle de les conduire ! ”
Ernest Bottard, Le Gâchis parlementaire en l'an de grâce 1874… (1874)
“ Ils argumentent, ils ergotent, ils cabalent, ils vous préparent un gâchis le mieux conditionné du monde, et quand ce gâchis est à point, et que personne ne s'y reconnaît plus, ils s'y plongent avec délice, ils y nagent avec volupté, et toute la foule imbécile d'applaudir et d'admirer. ”
Antoine Louis Fonteret, Hygiène physique et morale de l'ouvrier dans les grandes villes en général et dans la ville de Lyon en particulier… (1858)
“ Et nous ne songeons point qu'en applaudissant de la voix et du geste à l'étranglement absurde et désordonné de la taille, nous nous rendons coupables , à notre tour, d'une folie semblable à celle que nous blâmons dans les autres ! ”
Hippolyte Parigot, Le Théâtre d’hier
“ D’autres, qui n’ont ni le loisir ni la fortune nécessaires au plaisir ou au dilettantisme, sont en proie à la fièvre de la lutte, aux impatients désirs, aux soudaines obsessions, et devant le tourbillon qui les fascine leurs yeux se noient, leurs consciences se troublent. Le spectacle du vice en belle posture leur donne un vertige. ”
Théophile Gautier,
Fusains et eaux-fortes
“ À quel ressort secret faut-il attribuer l’aveu tout à fait gratuit d’une chose honteuse et criminelle, la paresse inéluctable au moment de l’action suprême, la continuation d’une habitude souvent désagréable et qu’on sait mortelle, la recherche des hauts lieux et des abîmes pour leur vertige et leur attirance, la fureur destructrice qui vous fait vous acharner contre votre fortune ou votre bonheur, les goûts ridicules et les dépravations maniaques en dehors de toute excitation sensuelle qui les expliqueraient sans les justifier ? ”
“ Il ne déforme pas la nature, il la caricaturise à peine ; cauteleusement il la guette, patiemment il l’attend, et il lui saute à la gorge au moment précis où, dans un éclair de défaillance, elle se montre grotesque. ”
“ Si tu écoutes non-seulement sans aversion, mais avec des éclats de gaîté, soit au théâtre, soit dans les conversations, des bouffonneries que tu rougirais toi-même de dire, il t’arrivera la même chose que pour les émotions pathétiques. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Œuvres de Goethe
“ Qu’on se représente ces figures exécutées par centaines, dépourvues de sens et d’esprit, rassemblées sans choix et sans dessein ; qu’on se figure ces socles, ces piédestaux et ces monstres alignés à perte de vue, on partagera l’impression pénible dont chacun doit être saisi, lorsqu’il est poussé à travers ces verges de la folie. ”
Gustave Flaubert,
Correspondance de Gustave Flaubert
“ Tu n’imagines pas quel fardeau c’est à porter que toute cette masse de charogneries et d’horreurs ; j’en ai des fatigues réelles dans les muscles. Tu me parais toujours jeune, toi, et furieux, puisque tu t’indignes contre la bêtise des hommes. ”
Philarète Chasles,
Revue des Deux Mondes
“ La confusion grotesque d’une situation politique sans exemple dans les annales du monde, tout en pénétrant de tristesse les ames élevées et les esprits vifs ou profonds, se mêle de cette bizarrerie comique dont toute décomposition est empreinte. ”
“ Malgré la confusion et le mauvais goût, les plates allégories et le bariolage, il est encore supérieur à tout ce qui est de notre triste époque, où la froideur, l’insignifiance et la mesquinerie ôtent toute espèce d’intérêt. ”
Fabien Filippi de Fabj, L'Opposition dans la Seine. Aux ouvriers de Paris… (1869)
“ Toutes les bizarres élucubrations, dont nous venons de parler, brillent par leur démence outrecuidante, par leur style haineux et passionné, et montrent clairement l'esprit de critique injuste, la malveillance envieuse et le blâme non raisonné qui les anime. ”
Eugène Brieux,
Au Japon par Java, la Chine, la Corée…
(1917)
“ Vous attachez de l'importance à une chose qui n'en a point. Et avec toutes vos précautions et vos réticences, et votre gêne, vous finissez par donner de vous l'impression que vous êtes un fat ou un monsieur très vilain dont l'esprit est incessamment obsédé de pensées dégoûtantes : une sorte de sadique, de maniaque, d'érotomane, de barbare. ”
Jacques-Antoine de Révéroni Saint-Cyr, Pauliska, ou la Perversité moderne (1798-1799)
“ Puissent les tableaux qu’ils présentent arrêter ces torrens de maximes perverses, de systêmes absurdes qui, en ridiculisant les plus nobles vertus, en outrageant sur-tout l’amour naïf et l’heureuse innocence, ébranlent aujourd’hui chez presque tous les peuples les fondemens de la morale et de la société ! ”
Raoul de La Grasserie, Les Pensées, poésies (1893)
“ Pour pouvoir penser comme on pense, Et pour rire comme ils ont ri, Pour avoir eu leur récompense, Leur front et leur coeur et leur panse, Je tairais enfin mon grand cri. La banalité c'est sublime ; Leur égoïsme en profondeur Dépassa la plus haute cime, Et les protégea mieux du crime, Que la plus naïve candeur. Ils sont tous faits sur un modèle, De leur tête à leur pantalon, Et le gardent toujours fidèle, Ils refuseraient d'avoir l'aile Qui leur ferait l'habit trop long. ”
Alphonse Gratry,
Lettres au T. R. P. Pététot : 1858-1860
(1887)
“ Vous n'observez que superficiellement et en courant. Les choses extérieures vous frappent démesurément. Une figure mal taillée et des mains sales vous choquent plus qu'un esprit vulgaire, ou un caractère grossier. ”
Honoré de Balzac,
Œuvres complètes de H. de Balzac…
“ On nous voit aujourd’hui souffrant ou nous amusant comme les autres ! On nous voit dans les salons, en famille, citoyens, ayant des passions, et nous pouvons être grotesques au lieu d’être terribles... ”
Émile Montégut, Littérature anglaise. — Un Roman de la vie mondaine
“ Les vices scandaleux emplissent leurs demeures du bruit de leurs orgies, et les vices bas et infimes eux-mêmes montent des écuries et des cuisines pour s’installer dans leurs boudoirs et leurs salons. Leurs haines ont l’énergie des haines des fous, leurs colères la brutalité des colères plébéiennes, leurs jalousies la ruse féroce des jalousies de courtisanes. Si vous n’apercevez pas par les yeux du corps le classique poignard, le romantique poison, l’oreiller d’Othello, c’est que les bienséances mondaines ne le permettent pas, mais vous pouvez les apercevoir par les yeux de l’esprit. ”
Jules Lemaître,
Les Contemporains, 7ème Série
“ Toutefois, le plaisir bas, mais réel, de rendre autrui ridicule, ou de l’épouvanter, ou simplement de le faire souffrir, expliquait en quelque manière la peine que prenaient ces bizarres spécialistes, et leurs feintes prolongées, et leurs attentes, et leur endurance de Peaux-Rouges. ”
Prosper Mérimée,
Lettres à une inconnue
(1873)
“ Je commence à m’accoutumer à la plus étrange des choses, et à me familiariser avec l’étrange figure des vainqueurs qui, ce qui est plus étrange encore, se conduisent en gentlemen. Il y a maintenant une violente tendance à l’ordre. ”
Jean-Antoine-François Massabiau, Du Rapport des diverses formes du gouvernement avec les progrès de la civilisation… (1805)
“ Ils créent des plaisirs inconnus à la barbarie, des plaisirs qui sont en même temps une source d'instruction, morale, et d'émotions généreuses. Ici, le vice est couvert de ridicule, et la raison se glisse sous les traits d'une aimable folie ; là, les passions fougueuses , échappées au frein de la sagesse , se montrent au spectateur gémissant avec le cortége d'infortunes qui les suit. ”
Judith Gautier,
Le Second Rang du Collier
“ Malgré le charme de leur causerie, leur aisance et leur désintéressement apparent, on sent en eux une préoccupation, une tension d’esprit. Ils ne causent pas, comme moi, par exemple, simplement pour le plaisir de causer : ils étudient et ils observent ”
C. Martha, Marc-Aurèle et l’Examen de conscience d’un empereur romain
“ Sa pensée, d’ordinaire si calme, rencontre parfois des paroles d’impatience pour peindre le rôle qu’il joue lui-même sur la scène du monde : « assez de vie misérable, de lamentations, de grimaces ridicules! » ”
Paul Féval, La Rue de Jérusalem
“ Ce pataud en guenilles l’avait appelée « Ma m’man » devant tous ses domestiques, les comtesses, le vicomte, les dames de Paris, etc. Nous sommes dans la folie jusqu’au cou, ne l’oublions pas : folie grotesque et triste à la fois, mais surtout folie vraie : d’une vérité absolue. ”
Théophile Gautier,
Le Roman de la momie
“ Il semblait qu’on eût pris plaisir à contrarier autant que possible les attitudes humaines, en garrottant ces malheureux qui s’avançaient devant leur vainqueur d’un pas gauche et contraint, roulant de gros yeux et se livrant à des contorsions arrachées par la douleur. ”
Alain,
Quatre-vingt-un Chapitres sur l’esprit et les passions
“ Disons enfin que ces vains ornements, qui sont comme le signe de la richesse, sont plus souvent enviés que méprisés, ce qui, en aggravant la misère par les passions, cache presque à tous les yeux la véritable source de l’injustice. ”
Augustine Bulteau,
Un voyage. Belgique, Hollande, Allemagne…
“ Son agitation et sa certitude se communiquent. Féroce, tendre, sentimental, violent, il montre les forces contradictoires et si grandes, si vivaces que, loin de les affaiblir, leur lutte éternelle les exalte. ”
Pierre-Joseph Proudhon,
Système des contradictions économiques ou Philosophie de la misère
(1846)
“ Et lorsque, vers le soir, nous fûmes peu à peu rendus à notre personnalité grossière, à cette vie de ténèbres où toute pensée est effort, toute liberté scission, tout amour sensualisme, toute société un ignoble contact ; nous crûmes que la vie et l’intelligence s’échappaient de notre sein par un douloureux écoulement. ”
Eugène Woestyn, Le livre de la broderie, du crochet et du filet (1852)
“ Ne donner point de louanges excessives, elles aiguillonnent l'envie, et tournent en ridicule le flatteur et le flatté. L'exagération choque la prudence et blesse la vérité, elle découvre la faiblesse du jugement, la dépravation du goût, la malignité ou la bassesse du cœur de celui qui exagère. ”
Pierre Alexandre Gratet-Duplessis, Un million d’énigmes, charades et logogriphes
“ Énigme. Je suis un joli corps, d’un très-léger volume, Qui va, revient dans l’air, et sans pied porte plume. 231. Logogriphe. Je produis en tous lieux le trouble et l’injustice, Et sans considérer vertu, ni probité, Du fourbe et du méchant j’entretiens la malice : Le vrai par moi n’est jamais respecté, Abusant les mortels, j’ai servi plus d’un traître : Tu dois, ami lecteur, aisément me connaître, Par ce tableau sincère et non flatté. ”
Rosimond, Le Nouveau Festin de Pierre ou l’Athée foudroyé…
“ Que tous ces châtiments dont vous prêchez l'effet Ne sont bons à prôner qu'à des âmes timides, [745] Que l'on ne doit souffrir rien que ses sens pour guides, Qu'il les faut assouvir jusqu'aux moindres désirs, Et n'avoir point d'égard qu'à ses propres plaisirs.DON GASPARD. Je sais qu'il est des temps où l'âge nous convie De prendre avec honneur les plaisirs de la vie, [750] Mais passer à l'excès de la brutalité Et n'avoir que les sens pour toute déité, Est-il rien ici bas qui soit plus condamnable ? Ah ! craignez que du Ciel le courroux redoutable... ”
Friedrich Nietzsche,
Ainsi parlait Zarathoustra
“ Il y a ici beaucoup de misère cachée qui voudrait parler, beaucoup de soir, beaucoup de nuages, beaucoup d’air épais ! Tu nous as nourris de fortes nourritures humaines et de maximes fortifiantes : ne permets pas que, pour le dessert, les esprits de mollesse, les esprits efféminés nous surprennent de nouveau ! ”
