Résumé

Portrait de Évariste Huc Évariste Huc Annales de la propagation de la foi

« Nous avons brûlé le bois odorant aux pieds du divin Timour. Le front courbé vers la terre, nous lui avons offert les vertes feuilles du thé et le laitage de nos troupeaux. Nous sommes prêts, les Mongols sont debout, ô Timour !.... et toi, Lama, fais descendre le bonheur sur nos flèches et sur nos lances.
« O divin Timour ! ta grande âme renaitra-t-elle bientôt ? reviens, reviens, nous t'attendons, ô Timour ! »
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Dès ce moment, la mort commença à planer sur la grande caravane. Tous les jours on était forcé d'abandonner sur la route des chameaux, des bœufs, des chevaux, qui ne pouvaient plus se traîner. Le tour des hommes vint un peu plus tard. Nous cheminions, du reste, comme dans un vaste cimetière. Les ossements humains et les carcasses d'animaux qu'on rencontrait à chaque pas semblaient nous dire sans cesse que sur cette terre meurtrière et au milieu de cette nature sauvage, les caravanes qui nous avaient précédés n'avaient pas trouvé un sort meilleur que le nôtre.
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C'est une véritable Babel où se trouvent réunis des gens de toute langue ; des thibétains orientaux, des Houng-mao-eul ou longues chevelures, des tartares de la mer bleue, des chinois de toutes les provinces, et des Hounydze-turcs, descendants d'anciennes migrations indiennes. Tout porte, dans cette ville, le caractère de la violence. Chacun marche dans les rues, armé d'un grand sabre et affectant dans sa démarche une féroce indépendance. Il est impossible de sortir, sans être témoin de querelles qui ordinairement s'éteignent dans le sang.
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