“ Mahoudeau et lui se joignirent à la bande ; et le premier demanda aux autres s’ils avaient vu le Semeur, de Chambouvard. C’était inouï, le seul morceau de sculpture du Salon. Tous le suivirent dans le jardin, que la foule envahissait maintenant. — Tiens ! reprit Mahoudeau, en s’arrêtant au milieu de l’allée centrale, il est justement devant son Semeur, Chambouvard. En effet, un homme obèse était là, campé fortement sur ses grosses jambes, et s’admirant. La tête dans les épaules, il avait une face épaisse et belle d’idole hindoue. On le disait fils d’un vétérinaire des environs d’Amiens. ”
Citations sur “Mahoudeau”
“ Claude et Sandoz firent le tour du jardin, et ils découvrirent une figure de Mahoudeau, très mal placée, dans un coin, près du vestibule de l'Est. C'était enfin la Baigneuse debout, mais rapetissée encore, à peine grande comme une fillette de dix ans, et d'une élégance charmante, les cuisses fines, la gorge toute petite, une hésitation exquise de bouton naissant. ”
“ «Oh! l'homme, je vous abandonne l'homme, disait Jory en parlant de Fagerolles. Il ne vaut pas cher... Et il vous a roulés, c'est vrai, ah! ce qu'il vous a foulés, en rompant avec vous et en se faisant un succès sur votre dos! Aussi vous n'avez guère été malins.» Mahoudeau, furieux, répondit:«Pardi! il suffisait d'être avec Claude pour être flanqué à la porte de partout.—C'est Claude qui nous a tués», affirma carrément Gagnière. ”
“ Gêné et bégayant, Jory s’emporta à son tour. — Eh ! c’est la faute de ce bougre de Claude !... Je n’ai pas envie de perdre mes abonnés, pour vous être agréable. Vous êtes impossibles, là, comprenez-vous ! Toi, Mahoudeau, tu peux te décarcasser à faire des petites choses gentilles ; toi, Gagnière, tu auras beau même ne plus rien faire du tout : vous avez une étiquette dans le dos, il vous faudra dix ans d’efforts avant de la décoller ; et encore, on en a vu qui ne se décollaient jamais... Le public s’amuse, vous savez ! ”
“ «Tiens! tu viens me prendre? dit Mahoudeau surpris.Je n'ai que mon chapeau à mettre... Mais, attends, j'étais à me demander si je ne devrais pas faire un peu de feu.J'ai peur pour ma bonne femme.» L'eau d'un baquet était prise, il gelait dans l'atelier aussi fort que dehors; car, depuis huit jours, sans un sou, il économisait un petit reste de charbon, en n'allumant le poêle qu'une heure ou deux le matin. ”
“ Non, dit Mahoudeau, ça va se faire... Moi, je n’aurai rien, je ne connais personne... Fagerolles lui-même est très inquiet. S’il n’est point ici ce soir, c’est que ça ne marche pas tout seul... Ah ! il a mangé son pain blanc, ça se gâte, ça craque, leur peinture à millions ! Il eut un rire de rancune enfin satisfaite, et Gagnière, à l’autre bout de la table, laissa entendre le même ricanement. Alors, ils se soulagèrent en paroles mauvaises, ils se réjouirent de la débâcle qui consternait le monde des jeunes maîtres. ”
Eugène Sue,
Les Mystères du peuple
“ Je l’aime comme j’aimais ma fille ! Nous parlerons d’elle... et nous combattrons en hommes qui ne tiennent plus à la vie ! Mahiet, après ses adieux à son frère, se dirige en toute hâte vers Paris, prenant en croupe Rufin-Brise-Pot ; les Jacques, dont le nombre grossit à chaque instant, se préparent à marcher sur Clermont, où se trouvait alors Charles-le-Mauvais, roi de Navarre. Charles-le-Mauvais, roi de Navarre, occupait, à Clermont en Beauvoisis, le château des comtés de ce pays, vaste édifice, dont l’une des tours dominait la place dite « du Faubourg. » ”
Eugène Sue,
Les Mystères du peuple
“ Mahiet écoutait Marcel avec un muet respect ; il vit cet homme illustre, le front pensif, s’absorber de plus en plus dans ses réflexions. Au bout de quelques instants, Marcel se dirigea vers un bahut de chêne noirci par les années ; il l’ouvrit, tira divers parchemins de ce coffre, les apporta sur la table, prit un escabeau, s’assit et commença d’écrire... Sa figure mâle et caractérisée révéla bientôt un attendrissement croissant ; Mahiet, à sa grande surprise, aperçut quelques larmes tombant des yeux du prévôt des marchands sur les lignes qu’il venait de tracer... ”
Quatrelles, A coups de fusil (2e édition) (1876)
“ M. Mauduyt se leva. Anselme voulut de nouveau interrompre sa mère; il ne le put pas. « Tu verrais que l'on a fait bien des folies, bien des fautes, et c'est dur, tu en conviendras, de se battre sans rime ni raison. Nous autres, ici, loin de Paris, nous ne savons pas les choses; on nous dit ce qu'on veut, et nous jugeons de travers. — Ma mère, je vous en prie. — Il paraît que si nous avions la république , tous les peuples feraient alliance avec nous. parce que. » M. Mauduyt, alors seulement, prit la parole. ”
Eugène Sue,
Les Mystères du peuple
“ Aussi Marcel, se félicitant de cet heureux changement, dit tout bas à Mahiet : — Fais retirer nos gens de la galerie ; qu’ils sortent du palais et aillent s’assembler avec le peuple sous la grande fenêtre du Louvre ; toi et Rufin, restez près de moi. Je vais emmener le régent hors de cette chambre : la vue de ces deux cadavres lui est trop pénible. Mahiet et l’écolier exécutèrent les ordres du prévôt des marchands. Le régent, affaissé sur lui-même, continuait de sangloter ”
Eugène Sue,
La Cour d'amour, ou Mylio le Trouvère…
(1869)
“ L'Avocat d'armes court au-devant de l'écolier que suivent à une assez grande distance plusieurs groupes d'insurgés, Rufin saute à bas de son cheval et dit à Mahiet : — J'ai appris par les paysans que je précède qu'il y avait ici un grand rassemblement de Jacques, j'espérais te trouver parmi eux et je suis venu, afin de te.remettre une lettre de maître Marcel... Mahiet prend la missive avec empressement, et pendant qu'il la lit, Rufin-Brise-Pot lui dit : - Par Jupiter ! la compagnie d'une honnête femme porte vraiment bonheur ! ”
“ Maheu, après l’avoir regardé, s’était remis en marche, pesamment, sans une parole. Ce fut la Maheude qui répondit. — À la messe, monsieur le curé, pourquoi faire ? Est-ce que le bon Dieu ne se moque pas de nous ?... Tenez ! qu’est-ce que lui a fait ma petite, qui est là, à trembler la fièvre ? ”
Magali-Boisnard, Mâadith (1921)
“ Les velléités de résistance de Mâadith se fondaient dans la tiédeur des bras de Louinissa. Son désespoir s'abolissait peu à peu dans l'amollissement de l'immobilité et la torpeur enivrée des parfums imprégnant leurs vêtements et s'exhalant des vases et des mortiers de cuivre. Interroger Kralouk et lui tenir tête, Mâadith n'y songeait plus. Depuis trop longtemps un sortilège était entre eux ; depuis trop longtemps l'Homme au djaouak était le plus fort. Incarnait-il le puissant génie de la race ou de la religion ? ”
“ Maheu fut d’avis qu’on devait tenir sa parole. Un pareil rendez-vous était sacré. Cependant, la nuit avait calmé leur fièvre à tous ; lui, maintenant, craignait un malheur ; et il expliquait que leur devoir était de se trouver là-bas, pour maintenir les camarades dans le bon droit. La Maheude approuva d’un signe. Étienne répétait avec complaisance qu’il fallait agir révolutionnairement, sans attenter à la vie des personnes. ”
Émile Zola,
Germinal
(1885)
“ La Maheude, arrivée la première, dépeignée sous un mouchoir noué à la hâte, ayant au bras Estelle endormie, répétait d’une voix fiévreuse : — Que personne n’entre et que personne ne sorte ! Faut les pincer tous là-dedans ! Maheu approuvait, lorsque le père Mouque, justement, arriva de Réquillart. On voulut l’empêcher de passer. Mais il se débattit, il dit que ses chevaux mangeaient tout de même leur avoine et se fichaient de la révolution. D’ailleurs, il y avait un cheval mort, on l’attendait pour le sortir. Étienne dégagea le vieux palefrenier, que les soldats laissèrent monter au puits. ”
Émile Zola,
Germinal
(1885)
“ La Maheude songeait aux quarante sous du vieux, qu’il ne lui rapporterait peut-être jamais plus, et elle eut un cri d’angoisse. — Mon Dieu ! nous serons bientôt tous morts, si ça continue. — Quand on est mort, dit Maheu, on n’a plus faim. ”
“ Maheu était le meilleur ouvrier de la fosse, le plus aimé, le plus respecté, celui qu’on citait pour son bon sens. Aussi les réclamations des mineurs prendraient-elles, dans sa bouche, un poids décisif. D’abord, lui, Étienne, devait parler ; mais il était à Montsou depuis trop peu de temps. On écouterait davantage un ancien du pays. Enfin, les camarades confiaient leurs intérêts au plus digne : il ne pouvait pas refuser, ce serait lâche. La Maheude eut un geste désespéré. — Va, va, mon homme, fais-toi crever pour les autres. Moi, je consens, après tout ! ”
“ Du coup, Levaque devint menaçant, le poing sous le nez de Maheu. — Tu sais, ça ne me va pas. Quand on a une femme comme ça, on lui casse les reins... C’est donc que tu crois ce qu’elle a dit ? — Mais, nom de Dieu ! s’écria Maheu, furieux d’être tiré de son accablement, qu’est-ce que c’est encore que tous ces potins ? Est-ce qu’on n’a pas assez de ses misères ? Fous-moi la paix ou je tape !... Et, d’abord, qui a dit que ma femme l’avait dit ? — Qui l’a dit ?... C’est la Pierronne qui l’a dit. La Maheude éclata d’un rire aigu ; et, revenant vers la Levaque : — Ah ! c’est la Pierronne... ”
Émile Zola,
Germinal
(1885)
“ Un vacarme accueillit les quatre lampes, et brusquement tout s’éclaira, les faces rouges, les cheveux dépeignés, collés à la peau, les jupes volantes, balayant l’odeur forte des couples en sueur. Maheu montra à Étienne la Mouquette, qui, ronde et grasse comme une vessie de saindoux, tournait violemment aux bras d’un grand moulineur maigre : elle avait dû se consoler et prendre un homme. Enfin, il était huit heures, lorsque la Maheude parut, ayant au sein Estelle et suivie de sa marmaille, Alzire, Henri et Lénore. Elle venait tout droit retrouver là son homme, sans craindre de se tromper. ”
Eugène Sue,
La Cour d'amour, ou Mylio le Trouvère…
(1869)
“ Mais les adversaires du prévôt des. marchands redoublent leurs sourdes menées, afin d'amener une partie de la bourgeoisie à repentance envers le régent; le peuple, plus habitué aux privations, se résigne; toujours plein de foi dans un avenir qui doit l'affranchir, il ne défaille ni dans son énergie ni dans son dévouement à Marcel, surtout depuis que la nouvelle du soulèvement des Jacques est parvenue à Paris. Les vassaux de toute la vallée de Montmorency sont insurgés... — Mais, s'interrompant, Mahiet ajoute : — Sire ! ”
Magali-Boisnard, Mâadith (1921)
“ A la cîme du djebel Ouach, sous des frênes et des bouleaux légers, des étangs étalent leurs eaux douces et mates. Dans la solitude du lieu, les femmes s'ébattent un moment. Maadith souhaiterait là le djaouak de Kralouk, être ensorcelée à la fois de son roucoulement et des parfums qui imprègnent la blanche ferachïa. Elle se sent un peu ivre, la tête pleine de fumée odorante. Elle rit, d'un rire aussi naïf, avec un esprit aussi enfantin que celui de ses compagnes. Elle jouit infiniment de cette idolâtrie féminine qui environne sa beauté. Elle songe à l'amour : seule préoccupation de ces femmes. ”
“ Bientôt, la bande entière se mit à cette besogne. Maheu fit sauter des coussinets de fonte, armé de sa barre de fer, dont il se servait comme d’un levier. Pendant ce temps, la Brûlé, entraînant les femmes, envahissait la lampisterie, où les bâtons, à la volée, couvrirent le sol d’un carnage de lampes. La Maheude, hors d’elle, tapait aussi fort que la Levaque. Toutes se trempèrent d’huile, la Mouquette s’essuyait les mains à son jupon, en riant d’être si sale. ”
Magali-Boisnard, Mâadith (1921)
“ Mâadith semblait avoir profité de cette nuit pour dépouiller sa chrysalide. Elle apparaissait telle une nouvelle créature n’ayant rien conservé des pensées ni des expressions de celle de la veille. Ses yeux s’emplissaient mystérieusement de réminiscences profondes, resurgies du fond des temps et de longues hérédités. Sur le front ambré bleuissait le tatouage de la croix sarrasine. En revêtant la robe de flamme et de soleil, Mâadith retrouvait l’âme et les traits de ses aïeules. ”
Auguste Gilbert de Voisins,
Le Mirage
(1918)
“ Elle n’attendait pas moins de lui. Il ne faut pas que la croix de guerre soit simplement le prix du sang. Maurice Mahoudiaux (un de leurs intimes, sans doute) fut ravi de la nouvelle que Mme Maxence lui a communiquée. Il l’a priée d’embrasser de sa part Roger sur les deux joues et de lui dire qu’il était un brave, un poilu de bonne race. Maurice écrira lui-même, mais il lui faut dicter ses lettres et ce n’est pas toujours facile.Cigogne m’interrompt pour me dire que Maurice Mahoudiaux fut récemment blessé d’un shrapnell au bras droit et que ce bras s’ankylose. ”
Magali-Boisnard, Mâadith (1921)
“ Le dromadaire et l’âne tranquilles sont plus intelligents que l’homme agité et la femme soucieuse. Vois Mâadith ; elle travaille de son cœur et de sa tête comme elle travaillerait de ses pieds et de ses mains si elle devait porter les montagnes dans la mer. Elle est parfois semblable à un mauvais esprit qui prêcherait pour le compte du Lapidé : mais ceux qu’elle prêche ne l’écoutent pas. Il n’y a que trois choses à écouter : la parole du Koran, le djaouak de Kralouk et le cri du printemps. Si Mâadith comprend cela, elle deviendra heureuse. ”
Émile Zola,
Germinal
(1885)
“ D’abord, la Maheude refusait d’entendre, prise d’une sourde épouvante. Non, non, c’était trop beau, on ne devait pas s’embarquer dans ces idées, car elles rendaient la vie abominable ensuite, et l’on aurait tout massacré alors, pour être heureux. Quand elle voyait luire les yeux de Maheu, troublé, conquis, elle s’inquiétait, elle criait, en interrompant Étienne : — N’écoute pas, mon homme ! Tu vois bien qu’il nous fait des contes... Est-ce que les bourgeois consentiront jamais à travailler comme nous ? ”
Cornelius Mathews,
Légendes indiennes, recueillies chez les peuplades sauvages de l'Amérique…
(1861)
“ Maidwa pensait que le vieillard ne savait pas qu'il était derrière la porte; mais il se trompait, car sans regarder du côté de l'étranger, cet homme lui dit: LE CYGNE ROUGE. 145 «Entrez, mon petit-fils; asseyez-vous en face de moi ; ôtez vos vêtements mouillés et faites-les sécher, car vous devez être fatigué. Pendant ce temps, je vous préparerai un bon souper. » Maidwa accepta celte offre séduisante et entra dans la hutte. Le vieillard dit alors : « Que ma marmite se mette devant le feu! » et aussitôt un petit pot de terre qui avait des pieds tout courts se montra dans un coin du foyer. ”
Eugène Mestépès et Émile Chevalet – Musique de Jacques Offenbach, Le Violoneux
“ MATHIEU, à part. Justice du ciel !... REINETTE. Il serait donc à dire, mon parrain, que vous êtes un grand seigneur ? MATHIEU. Non, mes enfants, non, tout cela n’est qu’un rêve, (Tirant un portefeuille de son sein, et le regardant.) Grâce à ce portefeuille, le prix de ta liberté, qu’un ange de bonté t’envoie, Pierre. (Il le lui donne.) Le château de Kerdrel restera à ceux qui l’habitent. REINETTE. Et vous, mon parrain ? MATHIEU. Moi, mes enfants je serai ce que j’ai toujours été... un pauvre violoneux. ”
Victor Hugo,
Notre-Dame de Paris
(1831)
“ Elle a le même regard que vous sur ces vagabonds d'Égypte qui tambourinent et disent la bonne aventure au public. On ne sait pas d'où lui vient cette horreur des zingari et des égyptiens. Mais vous, Mahiette, pourquoi donc vous sauvez-vous ainsi, rien qu'à les voir ? — Oh ! dit Mahiette en saisissant entre ses deux mains la tête ronde de son enfant, je ne veux pas qu'il m'arrive ce qui est arrivé à Paquette-la-Chantefleurie. — Ah! voilà une histoire que vous allez nous conter, ma bonne Mahiette, dit Gervaise en lui prenant le bras. ”
Magali-Boisnard, Mâadith (1921)
“ Assise sur la terre, Mâadith pleure tout doucement. Elle ne pense à rien, elle n'a pas peur, mais son isolement et son immobilité la déconcertent. Elle n'ose pas se mouvoir dans ce lieu si différent du haut-plateau familier où broutaient les chèvres. La nuit vient et se prolonge comme l'absence de Ouali. Mâadith s'endort. ”
