“ Puis, dans le salon de nouveau, comme Sandoz désolé en arrivait à souhaiter ardemment de les voir partir, il remarqua Mathilde et Gagnière, assis côte à côte sur un canapé, parlant musique avec langueur, au milieu des autres exténués, sans salive, les mâchoires mortes. Gagnière, en extase, philosophait et poétisait. Mathilde, cette vieille gaupe engraissée, exhalant sa senteur louche de pharmacie, faisait les yeux blancs, se pâmait sous le chatouillement d’une aile invisible. ”
Gagnière
Définition et enjeux
Citations sur “Gagnière”
“ Un éclat de voix l'interrompit, et Jory parut, enchanté de l'existence, racontant qu'il venait de retaper une vieille chronique pour avoir sa soirée libre. Presque aussitôt, Gagnière et Mahoudeau, qui s'étaient rencontrés à la porte, arrivèrent en causant. ”
Société académique de l'Aube. Bulletins mensuels… (2005)
“ Adoption du compte rendu de la séance du 18 décembre 1998 le compte rendu est adopté à l'unanimité. Informations Le Carnet - Décès: Nous avons appris avec tristesse le décès du docteur Pierre Pâris, de M. Léon-Jean Boisseau, de Mme Renée Gagnière, membres associés et de Mme Le Nours, mère de M. Jean-Marie Le Nours, membre associé. Nous présentons à leurs familles nos sincères condoléances. Mme Renée Gagnière et M. Léon-Jean Boisseau travaillaient régulièrement pour la Société et contribuaient efficacement à son développement. Ils seront regrettés de tous. ”
“ Non, non, c’en était assez ! qu’on se déchirât, passe encore ! mais quelle fin de soirée, cette farceuse sur le retour, roucoulant et se chatouillant avec du Beethoven et du Schumann ! Gagnière, heureusement, se leva tout d’un coup. Il savait l’heure au fond de son extase, il n’avait que juste le temps de reprendre son train de nuit. Et, après des poignées de main molles et silencieuses, il s’en alla coucher à Melun. — Quel raté ! murmura Mahoudeau. La musique a tué la peinture, jamais il ne fichera rien. ”
Alfred Bonnardot,
Études archéologiques sur les anciens plans de Paris des XVIe…
(1851)
“ COPIE DE LA TAPISSERIE, DONNÉE PAR GAGNIÈRES.—Le chevalier Roger de Gagnières (ou Gaignières) , écuyer d'une princesse de la maison de Guise, selon Mauperché, fut, sous Louis XIV, un célèbre amateur de nos antiquités nationales. On lui doit de nombreux dessins de costumes, portraits, etc., exécutés d'après des monuments en nature, tels que, anciennes tombes, miniatures gothiques et vitraux. Ces recueils sont bien connus des archéologues. ”
Max Campserveux, Trois bramanais hors du commun (1994)
“ Ils s'imposent pour s'y reconnaître dans une paroisse où nombre de personnes (bonheur des généalogistes !) portent à la fois, et en même temps, le même patronyme et le même prénom. En 1858, parmi les 884 habitants recensés (2) , il n'y a pas moins de (1) C'est le nom d'un ancien outil de menuisier. Les Gagnière en question sont toujours menuisiers. (2) On ne peut deviner comment le chanoine J. Favre, Bramanais, a trouvé pour cette date le nombre de 937, que présente le tableau de la page 186, dans son ouvrage « Bramans autrefois métropole ». ”
Edmond de Goncourt,
Journal des Goncourt
“ C'est étonnant, c'est particulier comme cette génération de 1830, comme cette société de Gavarni, qui n'était pas une exception, s'amusait de peu, et quelle ingénuité de la première jeunesse restait à ces hommes qui avaient très peu besoin du fouet et du charme irritant de l'orgie, et qui semblent avoir passé beaucoup de leur vie avec des bourgeoises très adultes ou mariées, nourrissant des tendresses secrètes pour eux.Il nous conte une journée chez Mme Waldor, qui les avait invités, Gavarni, Chandellier, Mlle Aimée, à visiter sa maison de campagne à Saint-Ouen. ”
Jean Adhémar, Gavarni : [exposition, 21 décembre 1954-31 janvier 1955… (1954)
“ A son retour à Paris, Gavarni approche de la cinquantaine, riche d'une expérience accrue à l'étranger dans une atmosphère nouvelle, moins enclin à jouir de la vie qu'à en dégager la philosophie. Ses compagnons de jeunesse ont vieilli. Des amis ont disparu; Balzac est mort. Une nouvelle génération monte. Les Goncourt, dont il fait la connaissance à cette époque, commencent leur carrière. Le Paris du début du Second Empire n'est plus celui de Louis-Philippe. Les mœurs ont évolué. Les bals n'ont plus le même entrain. ”
Edmond de Goncourt,
D'après nature
(1867)
“ Et la comédie de Gavarni passe-t-elle la barrière, comme un Dimanche qui va aux champs? Ne croyez pas à la nature, aux grands arbres, aux prés feutrisés, aux ombres profondes, — elle côtoyera les grands murs des chemins de ronde, elle s'acheminera le long des lignes sèches des fortifications. Le génie parisien de Gavarni la fera vaguer dans la campagne de plâtre de Paris. ”
M.-L. Gagneur, Le Calvaire des Femmes
“ Mes petites chattes, vous voyez que je suis bon prince et pas cruel. Ne vous gênez pas; que celles qui ont envie de m'embrasser se présentent, je ne les repousserai pas. —Est-il fat et pacha, ce M. Édouard! fit, en grignotant une madeleine, une fille très-brune, habituée de Mabille. Il est capable de croire que c'est lui qu'on embrasse. Amour de pâtissier, va! —Les pachas, hein! En voilà-t-il des hommes heureux! exclama le bon Édouard. Supposons que je sois, un pacha. Je m'assieds sur un divan, là, au beau milieu de vous, à la façon d'un tailleur. Je fume une grande pipe. ”
Edmond de Goncourt,
Journal des Goncourt
“ Sa compagnie ordinaire, est un homme toujours à l’air, et toujours sorti de chez lui comme l’autre, un vieillard maigre et long, à cheveux blancs en désordre et comme fouettés par des vents de malheur, cravaté d’une corde de soie noire où ne passe jamais le blanc d’une chemise, et habillé éternellement d’un paletot lie de vin et d’un pantalon chocolat qui traîne et fait sur ses galoches ces bourrelets de plis, que Gavarni tirebouchonne au bas de ses pantalons d’inventeurs, — et une canne sous le bras, et toujours une pipe éteinte à la bouche. ”
Edmond de Goncourt,
Journal des Goncourt
“ Nous revenions, mon oncle un peu gris, et moitié riant de la drôlerie de la chose, et moitié alarmé de la perspective d’un duel avec son ami le bandagiste : mon oncle n’était pas du tout héroïque. Tout cela coupé de recommandations et d’exhortations de ne pas abîmer une précieuse chemise en batiste au petit jabot de dentelle, restant de son vieux luxe anglais, et qu’il m’avait prêtée ce jour-là. — Gavarni, l’homme qui avait le moins de netteté dans l’écriture d’une idée, a donné les formules les plus concrètes, mais à la condition d’être enfermées dans la matrice d’une légende. ”
Edmond de Goncourt,
D'après nature
(1867)
“ Ce qu'il aime le mieux au monde après lui, c'est encore lui. Aussi est-il fier, indépendant, sans préjugés, et peut-il dire quand il s'est planté un morceau de vitre dans l'arcade sourcilière : « Si mon lorgnon m'empêche de voir, ça ne regarde personne.» Quand je pense que ce beau jeune homme là est l'avenir de la France! Voici maintenant un drame populaire, un de ces drames profonds, que Gavarni sait charpenter en deux coups de crayon. Phémie cause avec sa voisine : — Il n'y a pas de pain à la maison. — C'est comme chez nous, répond l'autre. —Tous nos effets sont en plan. ”
Edmond de Goncourt,
D'après nature
(1867)
“ C'est sur elle qu'il compose ces poëmes de toilette et de parure qui font de lui « l'arbitre des élégances» de la vie moderne. Car Gavarni n'est pas seulement un artiste du plus vif et du plus incisif esprit, il est encore un costumier de génie. Posé par lui, le cachemire pourrait draper la taille de la Polymnie ; avec quelle grâce il niche une jolie figure au fond du chapeau de soie festonné de roses! quelle volupté il donne aux plis flottants du peignoir ! Le corset même devient charmant, quand il se mêle d'en lacer les cordons et d'en nouer la rosette. ”
Edmond de Goncourt,
Journal des Goncourt
“ La Débardeuse encadrée a été tirée de l’album des dessins de Gavarni du journal La Mode (soixante-quinze dessins) offert par Girardin à la princesse Mathilde, et à moi donné par la princesse, un jour, qu’elle me faisait l’honneur de déjeuner chez moi, et donné si gentiment, ainsi que je l’ai déjà raconté dans mon Journal. Une fois la princesse m’avait dit, connaissant toute mon admiration pour Gavarni : « Vous savez, Goncourt, les dessins de La Mode, je vous les laisse dans mon testament. » Eh bien ! ”
Edmond de Goncourt,
Journal des Goncourt
“ Alors Gavarni nous entretient de son dégoût et de son détachement des choses réalisées : « Je ne fais une chose qu’à cause de ses difficultés, et que parce qu’elle n’est pas facile à faire : ainsi mon jardin, quand il sera fini, j’en ferai volontiers cadeau à quelqu’un. Il y en a qui peignent des paysages, moi je m’amuse à faire des paysages en relief. Eh bien, qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse d’un dessin une fois fait : il n’y a qu’à le donner. » ”
Edmond de Goncourt,
Journal des Goncourt
“ Un individu étrange avec lequel Gavarni se fait une fête de dîner un de ces jours. C’est un Italien, au passé inconnu, vivant autrefois à Londres où il tirait de connaissances, à peu près tous les jours, de quoi risquer quelques schellings dans les maisons de jeu de la populace. Habitué d’un tripot où il était défendu de dormir, et où il n’y avait rien pour s’asseoir, on l’appelait la mouche, par l’habitude qu’il avait prise de dormir, appuyé contre les murs. Un soir, le jeu s’avive, et un souverain tombe de la table et roule jusqu’à lui. ”
Gavarni,
Masques et visages
(1886)
“ Après La Fontaine, après nos vieux conteurs, après les fabliaux, Gavarni a fait, sans réminiscence aucune, sa série toute moderne, saisie sur le vif, d'après nature. Prenez la plus innocente de ces fourberies, celle de la jeune fille au bras de son papa qui la devine. — « Comment saviez-vous, papa, que j'aimais mosieu Léon? — Parce que tu me parlais toujours de mosieu Paul. » Allez à la plus calme, à la mieux établie et la mieux réglée de ces fourberies conjugales : un jeune homme dans un salon est assis bien à l'aise, installé dans un fauteuil, lisant comme chez lui, le c hapeau sur la tète ”
Ernest Gagnon, Le fort et le château Saint-Louis
“ Il avait, dit M. Léon Guérin, « l’âme aussi belle que son extérieur était contrefait. Petit de taille et bossu de corps, il était droit de cœur et grand d’esprit. » M. de la Galissonnière mourut à Nemours le 26 octobre 1756, peu de temps après le combat naval de l’île Minorque. Le marquis de la Jonquière, qui le remplaça dans le gouvernement de la Nouvelle-France, s’occupa, lui aussi, de la question des frontières, tant du côte de l’Acadie que du côté de l’Ouest. ”
Edmond de Goncourt,
Journal des Goncourt
“ En sortant de là, je vais dîner chez Pierre Gavarni. C'est gentil un jeune ménage, dans un appartement qui n'est pas complètement meublé, dans un intérieur où le tapissier n'a pas posé le dernier clou, et où le premier enfant apparaît à l'état de ronde bosse. Ce petit ménage a le débraillé et la grâce d'un ménage d'étudiant.Pierre Gavarni me raconte qu'il a vendu mille francs ses aquarelles du salon, me montre des croquis de la vie élégante parisienne, qu'il est en train d'exécuter pour un journal, qui doit de se fonder, me parle avec une certaine fièvre de son désir de faire de l'eau-forte. ”
Edmond de Goncourt,
D'après nature
(1867)
“ Il a voulu que son peuple parisien s'agitât dans tous les centres qui lui sont propres. Il a placé ses personnages comme au coeur de leurs habitudes, entourés des accessoires de leur bonheur ou des meubles de leur misère, dans des lieux et sur des fonds qui fussent le milieu nu ou doré de leur vie. La borne, le trottoir, le mur, le lambris, la chaise, les rideaux parlent au second plan des lithographies de Gavarni aussi éloquemment que parlent au premier l'habit de l'homme et la robe de la femme. ”
Marie-Louise Gagneur,
Les Forçats du mariage
(1869)
“ Le magistrat appela Étienne qui attendait dans la chambre voisine, et qui reçut Juliette dans ses bras. Les yeux hagards, la prunelle fixe, elle était effrayante à voir. — Cela n’est pas, cela n’est pas ! disait-elle. Elle paraissait n’avoir plus conscience de ses paroles. — Qu’y a-t-il donc ? demanda Étienne au magistrat. Le juge ne répondit pas. — Non, non, reprenait-elle, M. de Luz n’est pas l’amant de Lucette. Une femme de chambre, c’est impossible, impossible ! Étienne comprit que la jalousie causait cet égarement. — Elle l’aime encore, pensa-t-il. ”
Edmond de Goncourt,
D'après nature
(1867)
“ « Parle, et je te baptise! » baptiserait ces mille personnages de Gavarni : ils parlent comme l'homme, comme la femme, comme l'enfant, comme le peuple, comme le plaisir, comme l'argent, comme la misère, comme l'amour. Et ce ne sera pas le moindre des étonnements de ta Postérité que tous ces tableaux soient des tableaux parlants, que toutes ces effigies aient une langue, toutes ces médailles de moeurs une voix, et que le miracle soit renouvelé, au bas de ces lithographies, des paroles gelées en l'air dont parle le curé de Meudon. ”
Edmond de Goncourt,
Journal des Goncourt
“ Gavarni nous disait que la première fois qu’il vit Balzac, c’était à la Mode, chez Girardin. Il vit un petit homme rondelet, aux jolis yeux noirs, au nez retroussé, un peu cassé, parlant beaucoup et très fort. ”
Maurice Tourneux,
La Bibliothèque des Goncourt
“ Celui du volume même porte simplement : Gavarni, l’homme et l’œuvre, par Edmond et Jules de Goncourt. Il a été tiré 50 ex. numérotés sur papier de Hollande. À la suite de l’avertissement on lit cette note : « Dans cette édition tout est inédit ; pour mieux le faire sentir et apprécier par le lecteur nous le donnons en italiques. » Edmond de Goncourt a reproduit de plus dans l’Appendice (pp. 435-464) la copie textuelle du journal intime de Gavarni durant l’année 1833 et, pp. 465-466, une note de l’artiste sur Balzac. Les pp. 467-481 renferment la « Table des paragraphes. » ”
Joseph Marmette,
La fiancée du rebelle: Épisode de la Guerre des Bostonnais…
“ C'est une bonne affaire pour Gagnier, car il saura se faire payer leur pension un bon prix. Il y en a une, la maîtresse, qui a bien de l'argent, à ce qu'il paraît.—Où demeure ce Gagnier?—Là-bas, voyez-vous, cette maison blanche à pignon rouge, avec une rangée de peupliers en avant. Mais si vous voulez voir ces deux demoiselles ou plutôt ces deux dames, puisqu'on dit que la servant avait déjà son mari en arrivant ici, et que la maîtresse a aussi le sien, à l'heure qu'il est, voici qu'elles vont bientôt sortir de l'église.—Comment! mariée, la maîtresse, dis-tu? ”
Edmond de Goncourt,
Journal des Goncourt
“ La nuit, pendant que les esquisses du jour sèchent, on dort comme si on revenait de la charrue, et un matin j’entends la maîtresse de Murger, au milieu d’un doux transport, lui demander ce que rapporte la feuille de la Revue des Deux Mondes. — Le travail et les femmes, voilà ma vie ! — C’est Gavarni qui parle. Août 1852. — Je trouve Janin toujours gai, toujours épanoui, en dépit de la goutte à un pied. ”
Jeanne Landre,
Gavarni : [Guillaume-Sulpice Chevallier…
(1912)
“ Voilà que Girardin, qui sait découvrir et se réserver les jeunes talents, fait de lui un arbitre de l'élégance. Il ne se sera pas trompé. Personne n'aura, mieux que Gavarni, enveloppé la fenime ni habillé l'homme et le célèbre tailleur Humann dira Plus tard : « Il n'y a qu'un homme qui sache faire un habit noir, c est Gavarni. Voilà un habit fait il y a vingt-cinq ans, il est toujours à la mode. Toutes les fois qu'un homme distingué me demande un habit, c'est toujours le même que je fais. » ”
Edmond de Goncourt,
D'après nature
(1867)
“ « Encore, si j'avais autant de ménages à faire que « j'en ai défaits! » — Quelquefois la lorette vieillie a une fille, et alors Gavarni, en deux traits de plume, en quatre coups de crayon, esquisse des scènes de famille qui valent les plus cruels romans de Balzac. — Une vieille femme nettoie des bottes dans une antichambre, et la légende dit : « Depuis que je suis au service de ma fille, j'en ai bien « fait des paires de bottes, mais je n'ai jamais rien vu de si mignon. » ”
Édouard Pernot, WL. Gagneur (1885)
“ M. Gagneur, un des chefs de la résistance dans le Jura, ut pris les armes à la main et condamné d'abord à dix ans de Cayenne, comme « apôtre ardent, continuel et très influent de la propagande socialiste, - on appelait alors socialisme ses écrits sur l'association, comme un des deux chefs principaux de la bande armée qui marchait sur le chef-lieu pour s'en emparer.» Ce fut cette courageuse protestation à main armée, qui pendant vingt ans valut à M. Gagneur une réputation d'homme terrible. ”
