“ Ce Jory, il l’entendait encore parler d’elle en termes abominables, il se rappelait ses confidences, un matin, sur un trottoir, des orgies romantiques, des horreurs, au fond de l’herboristerie empestée par l’odeur forte des aromates. Toute la bande y avait passé, lui s’était montré plus insultant que les autres, et il l’épousait ! Vraiment, un homme était bête de mal parler d’une maîtresse, même de la plus basse, car il ne savait jamais s’il ne l’épouserait pas, un jour. ”
Citations sur “Jory”
Édouard Pailleron,
Juillet, chansons et poèmes
“ Moi, poète, j’ai consacré Cette ode ! Je vous salue, été vermeil, Pourpre du temps, saison élue, Éclat de rire du soleil, Je vous salue ! Juillet rit à cieux déployés, Le jour est pur, la nuit sans voiles. ”
Anna de Noailles,
Les Forces éternelles
“ Printemps, chant des oiseaux, calme de la prairie, Suaves matériaux qui formerez l’été ! Nature ! en vain vos cris stridents et volontaires, Votre panique joie explosent jusqu’aux cieux, Vous ne troublerez pas ces veilleurs de la terre : Il n’est pas de plaisir sans un cœur orgueilleux. ”
Albert Giraud,
Parnasse de la Jeune Belgique
“ Disperse au fond du ciel sa pensive âme d’or. Les rêves du passé tournent dans la lumière ; La campagne est muette et l’horizon s’endort. Loin, très loin, tout là-bas, dans la paix du dimanche, Comme un cœur solitaire effrayé par la nuit Et prêt à se briser d’amertume et d’ennui, Lentement, lentement un vieil orgue s’épanche, Comme un cœur solitaire effrayé par la nuit, Loin, très loin, tout là-bas, dans la paix du dimanche. Ô cruelle douceur des baisers défendus ! Ô douce cruauté des lèvres qui dédaignent ! Je vous entends vibrer dans ces rhythmes qui saignent ! ”
André Bellessort,
Revue des Deux Mondes
“ Et pourtant, en quelque saison que vous y arriviez, vous y arrivez toujours comme au lendemain d’une fête qui aurait duré pendant des siècles. Les murmures de la vie que vous y percevez ne sont pour vous que les échos mourans d’un plaisir millénaire. ”
Charles Des Guerrois, Depuis (1898)
“ Elle était mon clairon de réveil, Et dans son horizon la journée était belle. Elle était mon public, mon ombre et mon soleil. — Mon ombre, non jamais. Beau regard qui révèle, Voix, apaisante voix qui doucement appelle, Elle donnait la joie et le calme au sommeil. Les heures sonneront comme sonnaient les heures, Les saisons reviendront, plus froides ou meilleures, La joie et le comfort ont passé pour toujours ; Le printemps a perdu ses grâces et ses brises, L'été ses rayons chauds, le baume de ses jours : L'automne n'aura plus que des nuaisons grises. ”
Frédéric Ozanam,
Lettres de Frédéric Ozanam 1831-1853
“ Puis, quelle espèce de journée vous conterai-je ? Sera-ce quelque jour obscur de la semaine, un jour ouvrable, un jour de misère et de procédure civile ? ou bien sera-ce quelque radieux dimanche avec ses pieux offices et ses plaisirs tranquilles, ou enfin quelqu’une de ces rares journées de fêtes et de réjouissances, comme on en passe une ou deux seulement toutes les années, avec d’aimables compagnons, sous un ciel pur, au milieu de riantes campagnes. ”
Auguste de Vaucelle, Cîmes et vallons, poésies (1865)
“ Vous donnez un regret et l'adieu de vos pleurs. Pour vous l'hiver n'est pas la saison langoureuse Où les nuits ont l'éclat du jour oriental, Où la valse s'enlace à l'intrigue amoureuse, Et tournoie aux clartés des soleils de cristal. L'hiver pour vous, madame, est la saison austère, Où la vie est clouée aux ennuis du foyer, Où, l'aile embarrassée aux ronces de la terre, Votre rêve au ciel bleu ne peut se déployer. Et, renfermée eu soi comme la fleur craintive Qu'un tiède abri défend contre l'âpre saison ; Dans un morne repos votre âme attend, captive, Le retour du soleil et de la floraison. ”
Henry David Thoreau,
Walden ou la Vie dans les bois
“ Il se peut qu’hier vous ayez connu votre voisin pour un voleur, un ivrogne, ou un sensuel, l’ayez simplement pris en pitié ou méprisé, désespérant du monde ; mais le soleil luit, brillant et chaud, en ce premier matin de printemps, re-créant le monde, et vous trouvez l’homme livré à quelque travail serein, vous voyez comment ses veines épuisées et débauchées se gonflent de joie silencieuse et bénissent le jour nouveau, sentent l’influence du printemps avec l’innocence du premier âge, et voilà toutes ses fautes oubliées. ”
Charles Des Guerrois, Demi-tons à demi-voix (1891)
“ Et puis tout disparaît dans les saisons trompeuses, Sous les étés vaincus, sous les vagues houleuses. Toute l'année en moi, sous le soleil divin Dure la grande fête, et ton généreux vin Mûrit, ô poésie; à toute heure ta fête Dans la sérénité loin du peuple s'apprête. Toujours un doux rayon qui fait chanter la voix Court par toi, poésie, aux sommités des bois, C'est par toi que la vie est une âme chantante, Un rêve d'harmonie idéale et flottante. ”
Anna de Noailles,
Les Forces éternelles
“ Le Printemps appartient à ceux qui lui ressemblent, Aux corps adolescents animés par l’orgueil, À ceux dont le plaisir, le rire, le bel œil Ignorent qu’on vieillit, qu’on regrette et qu’on tremble. ”
Marie-Louise Néron,
Notes et impressions d’une parisienne
“ Journée de joie, journée de bonheur dont le rayonnement apaisant troue la nuit sombre d’un éclair lumineux, tel est, pour les malheureuses folles, le concert annuel dont on égaie leur lamentable misère. ”
Aloysius Bertrand, Gaspard de la nuit/Édition 1920
“ Mais l’hiver, quel plaisir ! quand le matin aurait secoué ses bouquets de givre sur mes vitres gelées, d’apercevoir bien loin, à la lisière de la forêt, un voyageur qui va toujours s’amoindrissant, lui et sa monture, dans la neige et la brume. Quel plaisir ! le soir, de feuilleter sous le manteau de la cheminée, flambante et parfumée d’une bourrée de genièvre, les preux et les moines des chroniques, si merveilleusement portraits qu’ils semblent, les uns joûter, les autres prier encore. ”
“ Aujourd'hui, tout s'est ranimé en nous et autour de nous; aujourd'hui, c'est fête, c'est l'été, c'est la vie! c'est le règne éternel de la beauté salué par toutes les créatures. Ah! oui, nous sommes heureux, et ce moment résume des siècles de repos et de délices; c'est un rêve du ciel qui rachète des années de douleur et de fatigue! ”
“ Jour heureux. Nowen (Noé) a achevé l’arche, et s’y est enfermé, y ayant fait entrer tous les animaux. Mariez le jeune homme, achetez l’esclave ; travaillez, mais ne jurez, et ne faites jurer. Ne vous mettez pas en route : c’est un mauvais jour. Le malade empirera, mais enfin il guérira ; chose perdue à grand’peine se trouvera ; de ton rêve tu ne parleras. Le vie. Jour de bonheur pour commercer, voyager, entrer dans une maison neuve. Qui naîtra aujourd’hui vivra long-temps, et sera un fier kourde (voleur) ; jour heureux pour marier les jeunes gens. ”
Henriette Dessaulles,
Lettres de Fadette
“ Et je dis pourtant que le printemps apporte la joie divine même à celles qui pleurent. Faites un grand silence en vous-mêmes, regardez au profond de votre cœur, vous l’y découvrirez, cette joie profonde d’avoir fait à vos fils une âme qui s’élève dans l’épreuve et qui l’accepte ; ils vous étonnent par leur fermeté, vous sentez qu’ils feront honnêtement et bravement le devoir dur mais grand et beau qui leur est imposé. ”
Eugénie de Guérin,
Journal et fragments
(1865)
“ Tout chantait ce matin pendant que je faisais la prière : les pinsons, les grives et mon petit linot. C'était comme au printemps, et ce soir voilà des nuages, du froid, du sombre, l'hiver encore, le triste hiver. Je ne l'aime guère; mais toute saison est bonne, puisque Dieu les a faites. Que le givre, le vent, la neige, le brouillard, le sombre, que tout temps soit donc le bienvenu ! N'y a-t-il pas du mal à se plaindre quand on est chaudement près de son. feu, tandis que tant de pauvres gens sont transis dehors? ”
Anna de Noailles,
Les Forces éternelles
“ Comme pour regagner de célestes alcôves. — Splendeur des soirs d’été, que vous brisez le cœur Par votre calme ardent, vos clartés, vos moiteurs, Vos conseils de plaisir, vos suspectes promesses, Qui coulent en eau d’or du soleil qui s’abaisse ! — C’est le soir, cet instant romantique du temps. Où tout espère et rêve, où le désir attend, Car l’âme des humains ne sachant pas que faire De la molle beauté qui pare l’atmosphère, Croit, en pressant sur soi un autre triste cœur, Savourer à la fois et tarir le bonheur... BUÉE Allègre humidité de la terre qui germe ! ”
“ Cloches de Noël Cloches qui, dans la nuit, sonnez éperdument, Carillons qui volez au-dessus des prairies, Mêlez aux flocons blancs vos claires sonneries ; Cloches qui, dans la nuit, sonnez éperdûment. Laissez tomber sur nous un peu de votre joie, Emportez jusqu’aux cieux les désirs de nos cœurs Sans jamais mettre fin à vos accents vainqueurs, Laissez tomber sur nous un peu de votre joie. Chantez pour le vieillard et riez pour l’enfant, À l’un donnez la force, à l’autre l’espérance ; Loin du pauvre qui pleure écartez la souffrance, Chantez pour le vieillard et riez pour l’enfant. ”
Émile Verhaeren,
Toute la Flandre
“ Le fulgurant visage Du grand soleil couchant. L’heure arrive des faux, l’heure arrive des proies ; Juillet torride, en ses brassins de flamme, noie Le sol, le bois, le ciel et les guérets d’été. ”
Théodore Weustenraad,
Poésies lyriques
“ Femmes, de ces jours d’or parez votre jeunesse. Mais hâtez-vous, allez, allez, le danger presse ; Le Pauvre ne peut pas attendre le printemps : Il n’en est pas pour lui dans son morne royaume ; Ainsi que dans son cœur, sous son abri de chaume, L’hiver, si court pour vous, l’hiver règne en tout temps. ”
Antoine Gérin-Lajoie,
Jean Rivard, le défricheur
“ C’est un beau et touchant spectacle que celui de deux jeunes personnes dans toute la fraîcheur de leur printemps, qui se jurent, comme vous l’avez fait, devant Dieu et devant les hommes, d’être l’une à l’autre pour la vie, dans la santé comme dans la maladie, dans la bonne fortune comme dans l’adversité. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Oeuvres de Goethe. Tome 8
“ Le jour, on entend de toutes parts les cris de joie et les détonations, et, la nuit, tantôt ici, tantôt là, des fusées et des feux d’artifice annoncent que, partout veillant et joyeux, on voudrait prolonger la fête aussi longtemps que possible. ”
Anatole-Henri-Philippe de Ségur,
Oeuvres poétiques : Sainte Cécile…
(1899)
“ Le ciel serait trop beau s'ils y brillaient ensemble. La nuit succède au jour, et l'hiver à l'été. Du soleil de nos ans quand l'âge éteint la flamme, L'astre plus doux du soir se lève dans notre âme, Et la splendeur fait place à la sérénité. ”
Gaston Deschamps,
Le rythme de la vie
(1906)
“ La lumineuse paix de la fête nocturne Berce et calme, un instant, nos regrets endormis. Dans les maisons, que baigne une lueur diffuse, L'humanité cherche un repos exempt d'émoi Et trouve, en un sommeil léger qu'un rêve amuse, Le bonheur d'oublier l'inéluctable Loi. ”
Henri Bachelin,
Sous d'humbles toits
(1913)
“ Car, pour ces vieux qui n’ont fait, toute leur vie, que travailler, que se courber, de l’aube au crépuscule, sur le sol qu’ils fouillent, il n’y a guère de repos que pour Noël, Pâques, et les jours d’hiver où l’on a de la neige jusqu’aux genoux. ”
“ Ce qui pour d’autres cœurs est inutile et vain, Le grand calme de l’ombre et le sommeil divin, Les jeux des papillons et le vol des cigales ; Les torrides midis de juillet étouffant La voix fraîche des eaux sous la verte ramure Et vous, chère langueur, tristesse douce et pure, Et vous ! et vous ! et vous ! rires de mon enfant ! ”
Mes chers amis, Déjà depuis plusieurs semaines… (1867)
“ Après une journée de lutte, de brisement et de pénible labeur, un regard affectueux et souriant de votre part, une main prête à serrer la sienne, une parole du cœur, des questions inspirées par une sollicitude discrète, un foyer où vous aurez mis la délicatesse et la poésie de votre amour, voilà de quoi éclairer son front et lui faire un beau soir après les journées les plus orageuses. ”
Marie-Anne de Bovet,
Veuvage blanc
(1930)
“ Les jours passèrent, apportant à chacun la joie ou la peine et le sourire succédant aux pleurs, revers à ceux-ci, à ceux-là triomphe, à la plupart de menus événements sans relief, sources de petits bonheurs ou de puérils chagrins, à tous la fuite inexorable du temps, chaque oscillation de l’éternel balancier arrachant un lambeau de vie. ”
Théodore de Banville,
Le Parnasse contemporain/1876
“ Tout est ravi quand vient le Jour Dans les cieux flamboyants d’aurore. La chaumière comme la tour Dans la lumière se colore, L’eau murmure, la fleur adore, Les oiseaux chantent, fous d’amour. Tout est ravi quand vient le Jour. ”
Mme Gérard d’Houville, Revue des Deux Mondes
“ Partageons-la, cette joie dénuée et divine ; laissons notre esprit, vide comme ce ciel, goûter cette sorte de néant, pareil à l’allégresse, pendant que le corps soumis se contracte, abolit ses sens, accepte l’hiver. ”
Francis Duteau, Premières et dernières lettres (1928)
“ J'espère que tu as forgé pour ces vacances une volonté au service d'un plan précis. Elles ne seront sans nuages, agréables à ton cœur, à ton esprit qu'en étant à la fois utiles. Ces vacances font partie de ta vie. Ne crois pas que ce soit du temps à gâcher : délassement, variété, mais pas de gâchis ; ça demande l'effort, mais tout bonheur veut un effort. Chère petite soeur, notre Monette, je t'embrasse de tout mon cœur. Forme-toi une âme saine. ”
Richard Wagner,
Richard Wagner - À Mathilde Wesendonk…
“ Ce que vous perdez, en manquant de telles matinées, ne peut être compensé par la journée toute entière, même en y comprenant la soirée ! c’est la belle floraison du jour, l’essence de la joie estivale. ”
Léon Pamphile LeMay, Fêtes et corvées
“ Ce jour est un événement heureux dans sa jeune existence, et, le soir, quand le charme se dissipe avec la nuit qui vient, sa naïve imagination cherche déjà, dans les brumes de l’avenir, l’autre jour de l’an. ”
Hippolyte Violeau, Mes loisirs : poésies (1840)
“ En vain la terre en fête encensait l'espérance, En vain l'été joyeux se couronnait de fleurs , Sans regard, ses seize ans n'étaient qu'une ignorance, Ses yeux ne lui servaient qu'à répandre des pleurs. ”
Juste Olivier,
Poèmes suisses . Par J. Olivier
(1830)
“ Elle espère ; et pourtant, ô Julia ! tu pleures, Quand le sable odieux accumule les heures. Le temps mystérieux, prêt à se dévoiler, Va-t-il sécher tes pleurs ou les renouveler? Heures, envolez-vous ! passez, fuyez sans cesse ! Le Jour chasse la Nuit, et bientôt le Jour baisse Pour faire de nouveau place à l'antique Nuit, Qui devant l'Aube encor se dissipe et s'enfuit. Autour d'Aventicum, voyez les vastes plaines Se recouvrir au loin des légions romaines ; Les chevaux, les soldats , les tentes, les drapeaux Se mêler aux débris tout fumans des hameaux. ”
Francis Clerc, Les heures perdues : poésies (1924)
“ Par les couchants d'automne ou par les soirs d'été, Quand la jeunesse a fui dans sa saison si brève, Jette un regard ému vers ce qu'il a quitté. Comme des flots pressés que pousserait la houle, Ou des fleurs au printemps quand mai tarde à venir, Dans le coeur alangui vous revenez en foule, Échos du passé mort, doux et chers souvenirs. Temps passé ! temps, heureux ! éblouissant mirage ! Soleil étincelant aux sommets d'alentour ! C'est par toi que l'on vit quand on avance en âge, Lors même que tes biens sont perdus sans retour ! ”
Charles Augustin Sainte-Beuve,
Poésies
“ Et s’oublie un seul jour à rêver sans vieillir, Jouissons, jouissons de la douce journée, Et ne la troublons pas, cette heure fortunée ; Car l’hiver pour les champs n’est qu’un bien court sommeil : Chaque matin au ciel reparaît le soleil ”
Gilbert Sore, Mon vieux pays : poèmes de la Lande (1926)
“ Dans le coeur de chacun, même sans qu'il s'en doute, Le passé ressuscite, et filtre, goutte à goutte, Un avenir réconfortant. C'est dimanche ! Partout, la voix dit : « C'est dimanche ! » Comme un ruisseau jaseur, comme une eau qui s'épanche Et court joyeuse en s'étalant, La voix court dans les bois, la voix court sur la lande, Et le bel oiseau bleu de la douce légende Avait un vol plus nonchalant. La plus humble chaumière a frémi de cette onde ”
Jean Féron,
Le Capitaine Aramèle
“ Et ce soir-là était précisément une de ces superbes soirées de printemps, brillamment illuminée d’étoiles, tiède et parfumée, et elle invitait à quitter la maison pour aller dans la nuit sereine respirer le calme et les parfums de la nature. ”
George Sand,
François le Champi
“ Cette nuit d’octobre, ce ciel incolore, cette musique sans mélodie marquée ou suivie, ce calme de la nature, ce paysan qui se trouve plus près de nous, par sa simplicité, pour en jouir et la comprendre sans la décrire, mettons tout cela ensemble, et appelons-le la vie primitive, relativement à notre vie développée et compliquée, que j’appellerai la vie factice. ”
