Marie-Louise de Wittelsbach

Définition et enjeux

Julien Rovère Revue des Deux Mondes

« Lieber bayrisch sterben als œsterreichisch verderben : Plutôt mourir Bavarois que de pourrir sous l’Autriche, » dit un proverbe que connaissent tous les sujets des Wittelsbach. On n’a pas oublié dans le peuple les souffrances endurées pendant le XVIIIe siècle. On sait que seule la crainte de Frédéric II a empêché Marie-Thérèse d’annexer la Bavière pour se dédommager d’avoir perdu la Silésie. Sous Napoléon, c’est contre l’Autriche qu’on s’est battu ; c’est elle que l’on a dépouillée sans le moindre remords, et même avec une joie que l’on n’a pas dissimulée.
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Princess of Belgium Louise Autour des trônes que j'ai vu tomber

Les Bavarois se souvenaient de Louis II, à la fois bon et magnifique.
Le peuple est flatté quand un roi qui est un roi vient à lui; mais, s'il a l'air d'un charretier, il n'éprouve nulle fierté de le voir s'avancer sur le char de l'Etat changé en charrette.
La cour de Bavière, qui s'était un peu relevée avant 1914, tomba de Charybde en Scylla avec le Kronprinz de Munich jouant, ainsi que celui de Berlin, au foudre de guerre. Les Wittelsbach ont dû s'évanouir comme une fumée dans la défaite des ambitions prussiennes.
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Portrait de Emmanuel de Las Cases Emmanuel de Las Cases Mémorial de Sainte-Hélène

L’impératrice d’Autriche cherchait beaucoup à faire courir Marie-Louise : elle lui peignait son assiduité comme ridicule. Elle eût volontiers pris des tons de belle-mère avec Marie-Louise, qui n’était pas disposée à le souffrir, leur âge étant à peu près le même. Elle venait souvent le matin à la toilette de Marie-Louise fureter dans son luxe et sa magnificence : elle n’en sortait jamais les mains vides. « Le règne de Marie-Louise a été fort court, disait l’Empereur, mais elle a dû bien en jouir ; elle avait la terre à ses pieds. »
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