Anatole France,
Le Crime de Sylvestre Bonnard
“ Et le nez seul de Sylvestre Bonnard mettrait en fuite tout l’essaim des grandes amoureuses. J’ai pourtant, comme un autre, senti la beauté ; j’ai pourtant éprouvé le charme mystérieux que l’incompréhensible nature a répandu sur des formes animées ; une vivante argile m’a donné le frisson qui fait les amants et les poètes. Mais je n’ai su ni aimer ni chanter. Dans mon âme, encombrée d’un fatras de vieux textes et de vieilles formules, je retrouve, comme une miniature dans un grenier, un clair visage avec deux yeux de pervenche... Bonnard, mon ami, vous êtes un vieux fou. ”
