Résumé

Portrait de Albert Duruy Albert Duruy La Liberté d’enseignement

De ce qu’il entretient, rétribue, nomme et révoque un corps de professeurs, s’ensuit-il qu’il professe ? De ce qu’il délivre des diplômes et confère des grades, faut-il conclure qu’il soit fabricant de bacheliers, de licenciés et de docteurs ? Assurément non : l’état n’enseigne pas ; il n’a pour cela ni qualité ni compétence. Tout ce qu’il peut, c’est d’avoir des écoles où l’enseignement soit donné suivant de certains principes qui importent à sa conservation et qu’il a le droit et le devoir de surveiller.
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Portrait de Albert Duruy Albert Duruy La Liberté d’enseignement

Quand un gouvernement, quel qu’il soit, grève le trésor et trouble l’ordre établi, la seule excuse qu’il puisse invoquer, c’est la grandeur du résultat qu’il poursuit. Il n’y a que le succès pour excuser l’oppression. Or le résultat que poursuit le gouvernement, quel est-il ? et l’obtiendra-t-il ? Il y a là deux questions bien distinctes et d’une inégale importance : une question purement universitaire et une question de politique générale. Les projets de M. le ministre de l’instruction publique peuvent et doivent être envisagés de ces deux points de vue.
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Portrait de Albert Duruy Albert Duruy La Liberté d’enseignement

Six sièges aux professeurs de l’enseignement secondaire, quand les facultés des sciences, des lettres, de droit, de médecine et l’école supérieure de pharmacie n’en auront que cinq ! Six sièges aux membres de l’enseignement primaire (et, qu’on le remarque bien, cette désignation n’exclut nullement les instituteurs) quand le Collège de France n’en possédera qu’un, quand l’Institut lui-même n’a pas trouvé grâce. En vérité M. le ministre de l’instruction publique n’a pas le sentiment des proportions nécessaires ; on peut aimer les maîtres d’école, mais il y faut un peu de mesure.
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