Résumé

Alfred Bourgeois Les Gens d'Épinal, 1423-1444, par Richard Auvray… (1891)

Mais Thuillières s'était avancé.
— Assez, — fit-il ; — Godart, c'est à toi que j'en ai. Et il entraîna Hugues en un coin de la salle où il lui parla à voix basse. Le visage contracté de l'aventurier s'éclaira d'une joie subite.
— Est-ce bien sûr? — s'écria-t-il.
Le clerc, un homme aux lèvres minces, au teint jaune, aux yeux enfoncés et soupçonneux, semblait sonder Hugues jusqu'aux moelles. Il tira de son sein un sachet et, dépliant un parchemin, il le tendit à Hugues.
— Voulez-vous voir l'ordre du duc ? — demanda-t-il. Hugues s'en saisit avidement et lut.
Source : Gallica

Alfred Bourgeois Les Gens d'Épinal, 1423-1444, par Richard Auvray… (1891)

La porte qui, à travers le mur, donnait accès par un petit souterrain à la poterne concédée par faveur à Colin, s'était ouverte; et devant elle un grand vieillard, aux cheveux et à la barbe d'argent, le visage hâve et amaigri, le corps émacié, les vêtements déchirés, et pour comble d'horreur, se soutenant sur deux béquilles, regardait, immobile, les deux amants.
Hugues frissonna à l'aspect de cet inconnu qu'il hésitait à prendre pour un vivant. Mais Isabelle n'hésita point et, se jetant aux pieds de l'apparition, elle s'écria :
— Mon père !
C'était Ëtienne.
Source : Gallica

Alfred Bourgeois Les Gens d'Épinal, 1423-1444, par Richard Auvray… (1891)

Conrad se détourna avec une affectation de dédain.
— Va, — fit-il, — traître à ton seigneur! Hugues se redressa.
— Je n'ai, — dit-il, — qu'un seigneur, c'est le roi notre sire. Je n'ai qu'une bannière, celle qu'on a brisée entre mes mains. Je n'ai aimé qu'un homme, celui qui m'a fait chevalier et qui est tombé ici. Rien ne m'attache ici-bas que la haine et la soif de la vengeance.
Source : Gallica

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