Alphonse Royer

Alphonse Royer

Résumé

Portrait de Alphonse Royer Alphonse Royer Revue des Deux Mondes

Qu’avez-vous, Hamdoun-Effendi ? interrompit Zahed. Il faut que vous soyez un homme bien vertueux, pour qu’un seul mot vous trouble ainsi et vous mette en émoi. Rassurez-vous, on n’a rien retiré de ce puits, car je l’ai fait combler de pierres sans permettre que mes esclaves portassent leurs regards indiscrets dans les entrailles de la terre. Ce que Dieu a caché doit rester caché. Quand ce serait le secret d’un crime, c’est à Dieu seul de le ramener à la surface de la terre, sous les yeux des hommes, et d’en faire jaillir la vengeance, si c’est l’arrêt de la destinée.
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Portrait de Alphonse Royer Alphonse Royer Revue des Deux Mondes

Tenez, je voudrais être un manœuvre, un laquais, je voudrais retourner dans mon grenier de Spa, et m’appeler encore le charbonnier Braunsberg. Vous me croyez fou, n’est-ce pas ? C’est que vous ne pouvez comprendre mon supplice. Savoir d’avance le jour et l’heure de sa mort, mon Dieu ! c’est mourir chaque jour et à toute heure. Vous ne me plaignez pas peut-être, et vous plaignez le malheureux qui marche à la potence ou à la guillotine ! Je suis bien plus misérable que lui, moi ; je fais chaque jour ce qu’il ne fait qu’une fois dans sa vie. Je marche à la mort par étapes.
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Portrait de Alphonse Royer Alphonse Royer Revue des Deux Mondes

Oui, dit Zahed, ma pauvreté est extrême. Je m’ennuie de voir des gens opulens comme toi traverser Baghdad avec des robes de soie brodées d’or, bâtir des sérails semés de jardins pleins de verdure et d’eau fraîche, acheter au bazar de belles esclaves blanches et vierges, moi qui ne trouve pas une compagne parce que je suis pauvre et nu, moi qui possède pour tout sérail, pour toute fraîcheur, pour toute verdure, les sables de mon Arabie, et qui n’ai pour vêtement qu’une chemise de laine et un mauvais bournous dont le temps me dépouillera bientôt.
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