André Bellessort,
En Extrême-Orient (1914)
“ Il y a plus de choses que les peuples n’en perçoivent eux-mêmes dans les mouvemens qui les rapprochent ou qui les séparent. Je m’égarai dans la ville, une des plus disparates et des plus brûlantes de l’Extrême-Orient. Elle avait grandi ; elle s’était embellie ; mais c’est toujours une bête tigrée dont une moitié du corps brille au soleil et dont l’autre s’enfonce sous la lourde verdure des Tropiques. Elle n’a point d’âme. Je ressentais, au milieu de cette foule d’Hindous, de Cynghalais, de Malais, d’Arabes, de Chinois, de Javanais, une nausée d’exotisme. ”
