André Bellessort

André Bellessort

Résumé

Portrait de André Bellessort André Bellessort,  En Extrême-Orient (1914)

“ Il y a plus de choses que les peuples n’en perçoivent eux-mêmes dans les mouvemens qui les rapprochent ou qui les séparent.
Je m’égarai dans la ville, une des plus disparates et des plus brûlantes de l’Extrême-Orient. Elle avait grandi ; elle s’était embellie ; mais c’est toujours une bête tigrée dont une moitié du corps brille au soleil et dont l’autre s’enfonce sous la lourde verdure des Tropiques. Elle n’a point d’âme. Je ressentais, au milieu de cette foule d’Hindous, de Cynghalais, de Malais, d’Arabes, de Chinois, de Javanais, une nausée d’exotisme.
”
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Portrait de André Bellessort André Bellessort,  En Extrême-Orient (1914)

“ Ah ! comme nous sentons les Japonais plus près de nous ! Jadis, je n’étais arrivé au Japon qu’après avoir visité quelques coins de la Chine, et le monde japonais ne m’avait d’abord frappé que par son manque de couleur et un rapetissement des êtres et des choses. Aujourd’hui que je revoyais les Chinois en quittant les Japonais, il me semblait que l’atmosphère s’était épaissie et que nous avions laissé derrière nous, avec la politesse et les manières aimables, tout l’idéalisme de l’Extrême-Orient.
⁂ Nous avions quitté Shanghaï le 21 août.
”
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Portrait de André Bellessort André Bellessort,  En Extrême-Orient (1914)

“ Le chemin de fer courait au milieu des bois et des plantations de caoutchouc qui s’étendent au nord de la petite île de Singapore. Puis nous traversâmes le bras de mer, comme un fleuve entre deux forêts, jusqu’aux États du Sultan de Djohore. Peu de voyageurs anglais remontèrent dans le train ; mais le wagon-restaurant était si parfumé par la présence de quelques dames chinoises que le pain même avait goût de rose et d’encens. Nous fûmes à Malacca avant la pointe du jour. La ville ne possède pas d’hôtel. ”
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