André Theuriet,
La Recherche d’un coléoptère, souvenirs du Bassigny
“ Pendant que je chemine, tout amusé de mes préoccupations d’artiste, Tristan, qui, en dépit de son sermon du cimetière, a plus soin de sa bête qu’il ne veut bien le dire, fait une ample récolte de cornouilles et de biossons (poires sauvages) , dont il savoure la chair âpre et aigrelette. Nous atteignons la lisière des bois de l’Herbue, d’où on aperçoit un paysage tranquille, vert, silencieux, et d’une mélancolie à la fois âpre et savoureuse comme les fruits des sauvageons. — Cette solitude me plaît, murmure Tristan, que son goûter sylvestre a tout à fait raccommodé avec la montagne. ”
