Résumé

Portrait de André Theuriet André Theuriet L’Automne dans les bois

Je ne te nommerai que pour mémoire l’érable, à l’écorce rugueuse et aux feuilles tridentés, le frêne, aimé des cantharides, le sycomore, riverain des sources vives, le tremble, au feuillage argenté ; mais je ne veux pas quitter le sujet sans te dire tout le bien que je pense du tilleul, qui peuple nos taillis de son épaisse frondaison.
Le chêne est la force de la forêt, le bouleau en est la grâce ; le sapin, la musique berceuse ; le tilleul, lui, en est la poésie intime. L’arbre tout entier a je ne sais quoi de tendre et d’attirant
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Portrait de André Theuriet André Theuriet L’Automne dans les bois

C’est surtout pendant les nuits d’été que la magie du tilleul se révèle dans toute sa puissance. Au parfum des prés mûris, la forêt mêle la balsamique odeur des tilleuls. C’est une senteur moins pénétrante que celle des foins coupés, mais plus embaumée et faisant rêver à de lointaines féeries. Le promeneur anuité, qui traverse les longues avenues et à qui le vent apporte l’odeur des tilleuls, se forge, s’il est jeune, quelque idéale chimère, et s’il est vieux, repense avec attendrissement aux heures d’or de sa jeunesse.
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Portrait de André Theuriet André Theuriet L’Automne dans les bois

Le berceau d’osier qui a bercé les pères endormira les enfans. Le piéton y apporte à peine une lettre en deux ans, et les journaux n’y ont jamais pénétré. Quand d’aventure on y a des nouvelles du monde extérieur, c’est par un colporteur égaré ou un garde forestier en tournée, et encore, en traversant l’épaisse ceinture de la forêt, ces nouvelles prennent une teinte si légendaire qu’elles ressemblent à des récits merveilleux. La vie doit couler ici avec la lenteur d’une eau somnolente, dont les curiosités humaines n’ont jamais troublé la sérénité...
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