Antoine de Saporta

Résumé

Antoine de Saporta Laits et Beurres

En effet, la partie la plus légère du lait, c’est-à-dire le beurre, ayant disparu, l’influence de la caséine, matière assez lourde par elle-même, n’est plus contrariée comme auparavant, et le liquide pèse davantage.
La fraude n’est pas cependant difficile à reconnaître, même en l’absence d’un bon dégustateur. On peut se fonder sur la couleur : la nuance propre à la crème est si connue qu’elle a servi à désigner une teinte jaunâtre, fort à la mode, il y a quelque temps. Privé de sa crème, le lait présente un reflet bleuâtre.
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Antoine de Saporta Laits et Beurres

C’est en effet le « sucre de lait » ou « lactose, » incorporé dans le liquide à l’état de solution parfaite ; il communique au lait cette saveur doucereuse qui le caractérise.
La proportion de lactose des différens laits n’est point constante ; elle est au contraire sujette à varier, comme celles de la caséine et du beurre, mais elle n’oscille qu’entre des limites assez resserrées autour de la moyenne de 5 pour 100 caractéristique de la vache. Les traites du matin, du soir, les premières ou les dernières portions de ces traites, ne diffèrent pas beaucoup entre elles au point de vue du sucre.
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Antoine de Saporta Laits et Beurres

Une véritable fermentation s’est produite : le principe sucré du lait, la lactose, s’est transformé, non pas en alcool, comme lait la glucose du jus de raisin, mais en acide lactique, liquide acre, miscible à l’eau, dont la saveur rappelle un peu celle du vinaigre ordinaire. Ce corps, comme tous les acides, provoque la solidification de la caséine. Rien n’est plus facile, au reste, que d’empêcher le lait de tourner : il suffit d’y mêler une très faible quantité de bicarbonate de soude (sel de Vichy) , matière parfaitement inoffensive à faible dose.
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