Résumé

Portrait de Arthur de Boissieu Arthur de Boissieu Les vivants et les morts : IIIe série des Lettres d'un passant… (1870)

On touche à cette question de la souveraineté du peuple que M. Gambetta nous révélait jadis comme le dogme sans contradicteurs de la société moderne. Là serait la source unique dont émanent, où se retrempent et où retournent tous les pouvoirs. Le suffrage universel a ce point de commun avec l'esprit, qu'il souffle où il veut. Il fonde ou détruit, élève ou renverse. Il n'y a ni maître au-dessus de lui, ni droit contre lui, puisqu'il est le maître unique et le droit absolu. Il admet ou acclame tous les régimes, même l'empire
Source : Gallica

Portrait de Arthur de Boissieu Arthur de Boissieu Les vivants et les morts : IIIe série des Lettres d'un passant… (1870)

Sainte-Beuve, appelé au Sénat par la vertu d'un décret, vint siéger dans une assemblée trop en disette de gens d'esprit. Il prononça deux ou trois discours étudiés, dans l'un desquels il goûta la joie d'exaspérer un cardinal. Il garda, même au Sénat, son indépendance d'allures, et paraissait se trouver trop payé pour ne rien dire et pas assez pour se taire. Il vantait les finances de l'empire, en émargeant comme sénateur, mais il en blâmait l'emploi alors qu'il jugeait en critique; c'était un observateur délicat, qui devinai
dans les Napoléons plus d'impatience que d'éternité.
Source : Gallica

Portrait de Arthur de Boissieu Arthur de Boissieu Les vivants et les morts : IIIe série des Lettres d'un passant… (1870)

La voix n'est qu'un des dons de l'orateur, mais M. Gambetta en possède d'autres : la spontanéité, l'élan, le geste et l'attitude. Aucun sujet ne lui étant étranger, il peut improviser sur tous. Sa parole, colorée et chaude, respecte la langue, trouve l'image, accentue l'ironie et frappe aussi nettement la pensée que le balancier la médaille. M. Gambetta, s'il arrive à la Chambre, sera le plus redoutable porte-voix de l'opposition sans merci. Nul n'articulera plus haut que lui ces superbes défis qu'Ajax, fils d'Oïlée, ne craignit pas de lancer jadis aux immortels qui devaient mourir.
Source : Gallica

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