Résumé

Portrait de Cucheval-Clarigny Cucheval-Clarigny La Crise présidentielle aux États-Unis

On ne pouvait se dispenser d’établir un contraste entre l’administration fédérale, où chaque jour était marqué par un scandale, et l’administration de New-York, où chaque jour amenait une réforme. Qui pouvait détruire les abus, faire justice des concussionnaires, ramener la probité et l’économie dans les services publics, mieux que l’homme qui avait donné des preuves si éclatantes de sa droiture et de son énergie ? Le mot de réforme était dans toutes les bouches, et il semblait que ce mot fût inséparable du nom de Tilden.
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C’est ainsi qu’aux États-Unis tout est perverti dans un dessein électoral : les discours des orateurs, les votes des chambres, les actes du gouvernement, quelquefois même les arrêts de la justice ne sont inspirés que par l’esprit de parti, et n’ont qu’un seul objet : favoriser ou prévenir le triomphe d’une candidature. Cela est surtout manifeste lorsqu’il s’agit de la première magistrature ; rien ne retient plus les intérêts que menace ou que surexcite la perspective d’un changement d’administration.
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Les assemblées, toujours jalouses d’étendre leur autorité, ont la prétention, sous prétexte de régler l’emploi des deniers publics, d’entrer dans le détail de l’administration ; le gouvernement, qui a la responsabilité, qui voit les choses de plus près et qui est aux prises avec les difficultés de la pratique, défend de son mieux la liberté de son action. Le président des États-Unis a été jusqu’ici plus maître de l’administration qu’aucun monarque constitutionnel, et le général Grant n’est pas homme à laisser amoindrir son autorité.
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