Henri-René Lenormand,
L'enfant des sables : roman
(1950)
“ Un jour, — elle n'avait pas trois ans, — alors qu'elle pleurait de faim, oubliée toute seule sous la tente familiale, la grande dame était entrée, s'était penchée sur elle et lui avait placé dans la bouche l'orifice d'une outre gonflée de lait de chamelle. A deux ou trois reprises, elle avait soustrait Ourida aux sévérités maternelles. C'en était assez pour lui assurer, dans l'imagination de l'enfant, avec l'immortalité, le pouvoir de se manifester aux vivants. Chez ces primitifs adonnés à la magie et au diabolisme, la visitation des morts n'était pas un événement exceptionnel. ”
