Henri d' Orléans

Résumé

Henri d' Orléans Revue des Deux Mondes

Du point où le duc d’Anguien s’était arrêté pour rallier derrière la ligne espagnole ses escadrons victorieux, il ne pouvait saisir les détails de ce tableau ; mais la direction de la fumée, la plaine couverte de fuyards, la marche de la cavalerie d’Alsace, l’attitude de l’infanterie ennemie, tout lui montrait en traits terribles la défaite d’une grande partie de son armée. Il n’eut pas un instant d’accablement, n’eut qu’une pensée : arracher à l’ennemi une victoire éphémère, dégager son aile battue, non en volant à son secours, mais en frappant ailleurs.
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Henri d' Orléans Revue des Deux Mondes

Les survivans tourbillonnent éperdus. Condé accourt, pousse son cheval à travers les clôtures, saute dans la rue avec quelques soldats de « Bourgogne, » reprend les corps des mourans et des morts, et, tandis qu’une partie des compagnies qui le suivent se dispersent dans les jardins et les cours, pénètrent dans les maisons par derrière, lui, seul à cheval, l’épée à la main, sous le feu croisé des mousquets qui ne visent plus que lui, conduit ses fantassins sur les barricades, qu’il emporte, et mène battant l’ennemi jusqu’au carrefour des rues de Reuilly et de Rambouillet.
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De là, Guébriant ramena nos troupes (une poignée d’hommes) et joignit le duc Bernard, qui ne voulut plus se séparer de lui. Il eut alors un double caractère et une situation difficile. Commandant un contingent français au milieu d’une armée étrangère, il était en quelque sorte accrédité comme représentant de son roi auprès de ce prince allemand, dont il était aussi le lieutenant ; il se montra propre aux deux rôles. L’égalité de son humeur s’alliait à une fermeté inébranlable ; conciliant et plein de tact, il savait résister aux prétentions, aux caprices, parler fièrement au nom de la France.
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