Joseph Méry

Joseph Méry

Résumé

Portrait de Joseph Méry Joseph Méry [Le Château vert, par Méry.] (1867)

Il y a, au fond du jeu d'échecs, une philosophie pratique merveilleuse. Notre vie est un duel perpétuel entre nous et le sort. Le globe est un échiquier sur lequel nous poussons nos pièces, souvent au hasard, contre un destin plus intelligent que nous, qui nous mate à chaque pas. De là, tant de fautes, tant de gauches combinaisons, tant de coups faux! Celui qui, de bonne heure, a façonné son esprit aux calculs matériels de l'échiquier, a contracté, à son insu, les habitudes de prudence qui dépasseront l'horizon des cases.
Source : Gallica

Portrait de Joseph Méry Joseph Méry [Le Château vert, par Méry.] (1867)

Soyez parricide, faussaire, inventeur de feux grégeois, ami déloyal, amant parjure, empoisonneur adroit, et promenez-vous dans Paris avec une face sereine, des yeux limpides, un nez bien ciselé, deux lèvres roses et un gilet blanc de neige, Paris vous honorera d'un regard bienveillant; soyez Ephelge, n'ayez commis que le crime innocent d'une impardonnable laideur, et Paris vous prépare, à tous ses coins, des déplaisirs mortels et des tortures sans nom. Il est vrai, pour excuser Paris, qu'Ephelge abusait trop de la permission qu'ont les hommes d'être laids.
Source : Gallica

Portrait de Joseph Méry Joseph Méry [Le Château vert, par Méry.] (1867)

Le rêve de Donyse enfin se réalisait dans toute sa splendeur; son phare éclipsait celui de Mitylène.
Les bonnes ambitions réussissent quelquefois.
Une nuit, Irène fut réveillée en sursaut par des voix confuses qui montaient de la tour: elle se leva, sans faire le moindre bruit, pour ne pas réveiller sa fille, et s'approcha de la fenêtre pour voir quelle espèce de visiteurs nocturnes venaient de débarquer sur son petit domaine.
Grâce aux rayons du phare, le terrain était éclairé comme en plein jour, et ce que la pauvre Irène aperçut n'avait rien de fort rassurant.
Source : Gallica

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