Joseph Méry

Joseph Méry

Résumé

Portrait de Joseph Méry Joseph Méry Nouvelles nouvelles (1858)

Hummer descendit dé cheval et regarda autour de lui pour chercher le mirage de Strabon il ne vit qu'une zone de cailloux d'un cercle parfait, dont il était le centre; le ciel ressemblait à une coupole d'azur jetée sur le désert, comme pour garder sous cloche cet antique arsenal d'Hercule. Le soleil regardait d'aplomb Hummer et les cailloux, comme l'oeil d'un antiquaire co'là au globe de cristal. Hummer était fier d'être le seul homme que le soleil prît la peine de regarder en ce moment. Il crut devoir lui faire-la politesse de s'incliner par respect.
Source : Gallica

Portrait de Joseph Méry Joseph Méry Nouvelles nouvelles (1858)

De Marseille à Toulon, la nature a déroulé un album qui attend encore un peintre c'est la plus belle insurrection volcanique de montagnes et de collines qu'on puisse voir; par intervalles la rive s'échancre et laisse poindre au fond d'un golfe d'heureuses petites villes endormies. La couleur des terrains varie à chaque bond du paquebot; le soleil et les volcans y ont prodigué leurs teintes sombres ou éblouissantes avec une variété infinie de nuances c'est une frange merveilleuse que la terre a brodée au bas de sa robe, et qu'elle laisse flotter dans la mer.
Source : Gallica

Portrait de Joseph Méry Joseph Méry Nouvelles nouvelles (1858)

Le Borée noir, endormi depuis Strabon, et faible comme tous les vieux fléaux, se leva vers midi sous le nom moderne de mistral, et siffla dans les cheveux d'Hummer. Les cailloux restèrent à leur place, et le cavalier sur son cheval. Hummer fit tous ses efforts pour se laisser emporter; il ouvrit au Borée noir les deux battants de sa vaste redingote; il ne put perdre que son chapeau, lequel ricocha de cailloux en cailloux, s'éleva cent fois comme un aérostat, retomba cent fois comme un aérolithe, et s'évanouit comme une planète éteinte dans les profondeurs du désert.
Source : Gallica

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