Joseph Méry

Joseph Méry

Résumé

Portrait de Joseph Méry Joseph Méry Le paradis terrestre (1860)

Ici, l'or n'est rien, l'échange est tout. La vue, la convoitise, la possession éclatent au même instant ; l'obstacle produit une irritation folle, et le retard d'une heure est la miniature de l'éternité. Toute minute qui n'amène pas sa joie est un siècle perdu ; tout lingot enfoui est un caillou brut ; toute veille qui attend un lendemain est une fièvre de langueur.
Le jeune Liétor Adriacen appartient à l'espèce de ces violentes natures créoles, idoines au bien comme au mal, selon les chances heureuses ou fatales de l'éducation.
Source : Gallica

Portrait de Joseph Méry Joseph Méry Le paradis terrestre (1860)

Bernardin resta immobile et regarda toujours le navire à l'horizon.
Elora prit le bras de son mari, en disant avec vivacité:
—Rentrons!
— Restez-vous? demanda Maurice à Bernardin, qui ne bougeait pas.
—Mais je rentre aussi, dit le faux colporteur; dans un quart d'heure le rivage ne sera pas tenable.
— Oui, mettons-nous à l'abri, dit Elora.
— Bien pensé, madame! ajouta Bernardin.
Le crépuscule ne fut pas long; la nuit tomba. Des nuages profonds voilèrent les splendides constellations de l'Inde et couvrirent d'éclairs la solitude de l'Océan.
Source : Gallica

Portrait de Joseph Méry Joseph Méry Le paradis terrestre (1860)

De plus habiles, de plus méfiants que Maurice et Elora auraient été trompés. Car Bernardin, doué d'un sens profond d'observation, avait tout arrangé pour que le succès ne pût être un instant douteux, et dans les répétitions qu'il avait fait subir à l'impatience ardente de Liétor, il s'était montré lui-même plus difficile que tout un public. Au reste, après les premières révoltes passées, Liétor était devenu le plus docile des écoliers-, et désormais il ne prenait même plus la peine de discuter : l'obéissance passive lui paraissait le plus sûr moyen d'arriver au but si ardemment convoité.
Source : Gallica

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