Résumé

Jules Gaudry Revue des Deux Mondes

Que de fois nous les avons vus affronter le péril pour sauver leur train et rester à leur poste avec la perspective de la mort! Quel dur métier est le leur aux jours de pluie, de neige, de grand froid et même en été, quand, ruisselans de sueur, ils subissent le violent courant d’air qui résulte de la marche rapide ! Voyez-les, ces beaux hommes si gais et si robustes, après quinze ans de service! S’ils ne sont pas perclus de rhumatismes, leurs yeux, irrités par le vent et la poussière, souffrent de vives inflammations; leurs jambes tremblent affaiblies par les trépidations de la machine.
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Jules Gaudry Revue des Deux Mondes

Et nous ne parlons que de la vitesse obtenue jusqu’à présent sur les lignes à voie étroite; le Great-Western en Angleterre, les larges lignes de l’Espagne et de la Russie comportent une plus grande célérité; sur les petits railways mêmes, la science n’a pas dit son dernier mot. Cette conquête de l’homme sur l’espace est certainement digne d’admiration; mais que de luttes et de dangers représentent de pareilles victoires sur la nature!
Pour en juger, calculons l’effet mécanique d’un train en marche et la puissance développée par le remorqueur.
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La nature a mis en jeu une force mécanique immense qu’il faut absorber sur un parcours ou dans un temps donné, qu’aucun mécanisme ne peut diminuer, sous peine de causer un choc terrible. Nous la connaissons tous : c’est celle qui nous empêche de suspendre tout à coup notre course; c’est celle qui projette mortellement le malheureux lancé hors d’une voiture emportée, et qui est le principe du coup de tous mobiles qui s’abordent. Admettons, par la puissance du frein, le train cloué surplace en présence d’un obstacle. La conservation du matériel est sans doute assurée
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